Objectif : le sport au coeur de la capitale

JO-2024 : le CIO visite Paris, sur fond de transition politique

  • PubliĂ© le 13 mai 2017 Ă  18:59
Les inspecteurs du CIO en France pour Paris-2024, dans un contexte de transition politique

AprÚs trois jours chez les rivaux de Los Angeles, la commission d'évaluation du CIO vient auditer, de dimanche à mardi, la candidature parisienne aux JO-2024, dans un contexte de transition politique que ses partisans jugent de bon augure pour le dossier français.

Les onze membres de la commission -deux sont excusés pour raisons de santé - présidée par le Suisse Patrick Baumann sont arrivés sur les coups de 15h à Paris, et débuteront en effet leurs travaux quelques heures avant la passation de pouvoir entre François Hollande et Emmanuel Macron.

Ce choc des agendas ne devrait pas empĂȘcher une rencontre formelle entre les Ă©missaires du CIO et le prĂ©sident Ă©lu, mais ce dernier a pris les devants, tĂ©lĂ©phonant dĂšs jeudi Ă  Thomas Bach, patron de l'institution olympique, pour l'assurer de son "soutien plein et entier Ă  la candidature de Paris".

Sur le terrain, les promoteurs de la candidature devront se débrouiller sans le chef de l'Etat pour montrer aux visiteurs la capitale sous son meilleur jour. Lors de l'oral dominical, ils insisteront sur les vertus annoncées d'un projet qui, dÚs sa gestation, a mis l'accent sur l'héritage.
Avec seulement une piscine et un Village olympique à construire, la rénovation de son systÚme de transport planifiée pour 2022, Paris se dit équipée à 95%. Ce n'est donc pas dans le dur que résiderait l'essentiel des retombées des JO-2024 mais dans l'immatériel; les progrÚs environnementaux et sociaux, notamment en profitant de l'élan olympique pour étendre la pratique sportive vers des publics aujourd'hui moins concernés comme les femmes, les seniors ou les handicapés.

- Jeux du renouveau pour la banlieue nord -

La candidature française se présente également comme celle du développement durable avec les cautions du WWF et du prix Nobel de la Paix Mohamed Yunus, chantre de l'économie sociale et solidaire, et la promesse de réduire son empreinte carbone de 55% par rapport aux JO-2012 de Londres.

Enfin, avec Paris pour centre, les Jeux bĂ©nĂ©ficieraient essentiellement, en terme de richesse et d'emploi, Ă  la Seine-Saint-Denis, dĂ©partement le plus jeune et le plus pauvre de France mĂ©tropolitaine, oĂč seraient disputĂ©es la plupart des Ă©preuves et oĂč serait construit le Village, transformĂ© ensuite en logements sociaux. "On veut montrer comment on va dĂ©velopper la pratique du sport dans ce pays, comment les Jeux vont servir d'effet de levier pour montrer le pouvoir qu'a le sport de jouer un rĂŽle social, Ă©cologique, fĂ©dĂ©rateur. Montrer Ă  quel point tout ce pan-lĂ  du sport n'a pas Ă©tĂ© jusqu'Ă  prĂ©sent optimisĂ© grĂące aux Jeux", s'enflamme Tony Estanguet, co-prĂ©sident du comitĂ© de candidature.

Le lendemain, lundi, la commission d'Ă©valuation parcourra, en bus, tous les sites de la rĂ©gion parisienne, de la base nautique de Vaires-sur-Marne au vĂ©lodrome de Saint-Quentin-en-Yvelines, en s'attardant bien entendu sur le noyau dur, cet Ă©picentre de 10 km maximum autour du Village olympique oĂč seront disputĂ©s 22 sports.

- Le sport au coeur de Paris -

"C'est un projet incroyable, avec des sites sportifs qui vont au-delĂ  des stades, des lieux iconiques comme les Champs ÉlysĂ©es, la Tour Eiffel, les Invalides, le Champ de Mars, le Grand Palais. Le meilleur de Paris qui s'offre aux jeux Olympiques", s'enthousiasme Tony Estanguet dont les Ă©quipes ont chiffrĂ© Ă  6,2 milliards d'euros le coĂ»t des Jeux (3 mds pour les infrastructures, 3,2 milliards d'euros pour l'organisation des Jeux - dont 1,8 versĂ©s par le CIO). Los Angeles table de son cĂŽtĂ© sur 5,3 mds de dollars (4,8 mds EUR).

GrĂące Ă  ces symboles du c?ur de Paris transformĂ©s en sites olympiques et Ă  la proximitĂ© de stades plus conventionnels comme Bercy, Roland-Garros ou le stade de France, Paris offrirait des jeux compacts et se transformerait en parc olympique gĂ©ant, "avec des zones de cĂ©lĂ©brations du Champ de Mars Ă  la Villette, en passant par la Bastille", reprend Bernard Lapasset, alter ego d'Estanguet Ă  la tĂȘte de Paris-2024. Une rupture avec les traditionnels "clusters" concentrant un maximum d'Ă©vĂ©nements trĂšs loin des centre-villes.

Il y a douze ans, Paris, alors candidate Ă  l'organisation des JO-2012 avait brillamment rĂ©ussi l'oral devant la commission d'Ă©valuation prĂ©sidĂ©e alors par la Marocaine Nawal El Moutawakel, encore membre de la commission de cette annĂ©e que dirige le Suisse Patrick Baumann. Paris-2012 avait obtenu une apprĂ©ciation technique brillante, meilleure que celle de Londres qui l'avait finalement devancĂ©e lors du vote du CIO. "On sait que ce ne sera pas suffisant. DerriĂšre, la route va ĂȘtre longue, avec l'oral de Lausanne (en juillet) et (le vote) de Lima (le 13 septembre)", estime Estanguet. "Mais on se rapproche du but. On est Ă  quelques mois de l'Ă©chĂ©ance ultime, et l'Ă©tape de ce week-end, il ne faut pas la rater." Tout, jusqu'au nouveau prĂ©sident de la RĂ©publique, est prĂȘt Ă  Paris pour la rĂ©ussir.

AFP

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