Grand Prix moto

Johann Zarco en quĂȘte de reconnaissance dans l'Hexagone

  • PubliĂ© le 21 mai 2018 Ă  13:53
  • ActualisĂ© le 21 mai 2018 Ă  15:17
Le pilote français Johann Zarco (Monster Yamaha Tech 3/g) avant le départ du GP de France, catégorie MotoGP, sur le circuit Bugatti au Mans, le 20 mai 2018

Pour son deuxiÚme Grand Prix de France parmi l'élite de la vitesse moto, Johann Zarco évoluait ce week-end devant des spectateurs majoritairement acquis à sa cause. Désormais, le tricolore doit jouer de l'accélérateur pour se faire connaßtre du grand public dans l'Hexagone.

Drapeaux flanqués du N.5 de Zarco au moins aussi nombreux que ceux marqués du N.46 de l'idole Valentino Rossi, stands de souvenirs trÚs sollicités, "Marseillaise" entonnée par des tribunes combles pour saluer sa pole position samedi... "La notoriété monte, les gens me reconnaissent beaucoup plus, me demandent beaucoup plus d'autographes et de photos. Comme je n'ai pas connu ça au début, c'est agréable", confiait jeudi le Français, dont le doublé inédit en Moto2, en 2015 et 2016, était passé largement inaperçu.

Depuis son arrivĂ©e tonitruante en MotoGP en 2017 (il a menĂ© six tours lors du GP inaugural, avant de monter sur le podium dĂšs sa cinquiĂšme course, en France qui plus est), le pilote Yamaha Tech3 a changĂ© de statut. Et suscitĂ© un regain d'intĂ©rĂȘt pour le Grand Prix moto de France, qui avec 105.203 spectateurs dimanche (206.617 sur l'ensemble des trois jours) a battu le record d'affluence Ă©tabli l'an dernier, selon les organisateurs.

"Avoir un Français aux avant-postes en MotoGP, ça fait venir du public qui ne serait pas forcément venu sinon: des gens qui aiment les sports mécaniques mais ne sont pas forcément des passionnés de moto", estime le président de la Fédération française de motocyclisme (FFM), Jacques Bolle.

- "Un plateau sur TF1" -

"Il est difficile d'estimer exactement l'apport de Johann Zarco car il arrive dans un contexte porteur pour le MotoGP, mais c'est indĂ©niablement un +push+ (une impulsion, ndlr) en dehors de notre communautĂ©", abonde le promoteur du GP de France, Claude Michy. "Ma notoriĂ©tĂ© ne change pas encore au niveau national", tempĂšre tout de mĂȘme le pilote de 27 ans, qui souhaite ĂȘtre le "porte-drapeau" de son sport en France. "Mais on est peut-ĂȘtre en voie de le devenir."

"C'est un peu comme ces chanteurs qui remplissent les salles sans jamais passer à la télévision, ose Michy. "Mais le balancier est en train de passer de l'autre cÎté." Preuve que le discret mais ambitieux Zarco creuse timidement son sillon, si la presse généraliste hexagonale ne s'est pas déplacée massivement pour le GP de France, le promoteur a reçu cette année des sollicitations de médias qui ne couvraient auparavant pas ou peu l'événement.

Pour transformer l'essai, il faut maintenant accĂ©lĂ©rer le mouvement en direction du grand public. Cela passe d'abord par les rĂ©sultats en piste. "C'est un peu notre challenge aujourd'hui, ne cache pas Jacques Bolle. La presse grand public s'est pendant longtemps intĂ©ressĂ©e au sport moto (notamment dans les annĂ©es 1980, quand lui-mĂȘme courait aux cĂŽtĂ©s de Christian Sarron, ndlr), mais aujourd'hui, avoir un plateau sur TF1, ça ne sera possible que si Zarco gagne. Et encore, peut-ĂȘtre..."

"Il faut se servir de cette attention pour dĂ©velopper une belle image de la moto, renchĂ©rit le principal intĂ©ressĂ©. Le grand public ne connaĂźt pas assez ça et critique beaucoup. Je pense ĂȘtre dans une bonne position pour montrer que c'est un super sport et qu'on n'est pas des brutes ! En gagnant, ça sera beaucoup plus facile de transmettre ce message."

- Réseaux sociaux -

Signe de cette volonté, le pilote et son entourage soignent de plus en plus sa communication sur les réseaux sociaux. Au cours du week-end, il a vu son nombre d'abonnés passer de 185.000 à 189.000 sur Facebook, de 189.000 à 196.000 sur Instagram et de 24.000 à 25.500 sur Twitter Il faudrait encore cravacher longtemps pour rattraper Rossi, qui revendique 13 millions d'abonnés sur Facebook, 5,2 sur Instagram et 5,65 sur Twitter, mais là n'est pas l'objectif. "On ne fait pas une tribu comme Valentino", sourit Zarco.

Alors qu'il rejoindra l'an prochain, comme il le souhaitait pour maximiser ses chances de titre mondial, les rangs de l'écurie officielle du constructeur autrichien KTM, le Français est à un carrefour. Peut-il connaßtre une trajectoire semblable à celle de Sébastien Loeb, qui a propulsé le rallye dans une autre dimension en France dans les années 2000 ? L'investissement publicitaire de Citroën avait beaucoup contribué à populariser l'Alsacien. Ca tombe bien, Red Bull, sponsor titre de KTM, n'est pas mauvais en la matiÚre...

AFP

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