Rassemblement national

Jordan Bardella sort son premier livre: "Ce que je cherche"

  • PubliĂ© le 9 novembre 2024 Ă  06:58
  • ActualisĂ© le 9 novembre 2024 Ă  07:06
Le président du Rassemblement national Jordan Bardella visite le Mondial de l'auto, le 16 octobre 2024 à Paris

"Ce que je cherche", livre signĂ© par le prĂ©sident du Rassemblement national Jordan Bardella, paraĂźt samedi, mĂȘlant rĂ©cit de campagne, souvenirs d'enfance et considĂ©rations politiques, et doit faire l'objet d'une intense campagne de promotion, notamment par les mĂ©dias du groupe BollorĂ©, propriĂ©taire de l'Ă©diteur de l'ouvrage, Fayard.

"Ce livre n'est ni un essai, ni un programme: il est le reflet de mon existence": dĂšs l'entame des quelque 320 pages qui doivent ĂȘtre tirĂ©es Ă  plus de 150.000 exemplaires, le patron du Rassemblement national entend marquer un Ă©niĂšme jalon d'une ascension politique fulgurante.

Fait inĂ©dit, c'est le prestigieux Ă©diteur Fayard qui publie "Ce que je cherche", une premiĂšre pour l'extrĂȘme droite lepĂ©niste jusqu'alors cantonnĂ©e aux maisons confidentielles.

Mais le fleuron de l'édition est depuis passé sous pavillon du groupe Bolloré, dont les antennes médiatiques doivent soutenir dans les prochains jours la sortie du livre. Vendredi, Fayard a par ailleurs annoncé un recours contre la filiale de la SNCF et de la RATP qui a refusé la campagne de publicité prévue dans les gares.

La promotion doit commencer ce week-end dans le Lot-et-Garonne, avec un meeting suivi d'une sĂ©ance de dĂ©dicaces, prĂ©lude Ă  une tournĂ©e de signatures, Ă  l'heure oĂč le Rassemblement national est embourbĂ© dans son procĂšs dans l'affaire des assistants d'eurodĂ©putĂ©s, pour laquelle Jordan Bardella n'est pas visĂ©.

Au fil de "Ce que je cherche" - une citation de NapolĂ©on Bonaparte en Ă©pigraphe y rĂ©pond immĂ©diatement, "la grandeur" - , le leader d'extrĂȘme droite prend soin de tracer son sillon politique.

Avec, pour modĂšle, la campagne prĂ©sidentielle victorieuse de Nicolas Sarkozy de 2007 et "l'idĂ©e de rĂ©unir dans un mĂȘme Ă©lan les Français issus de la classe populaire et une partie de la bourgeoisie conservatrice".

DÚs lors, "les victoires futures passeront par l'unité du camp patriote, par une capacité à agréger les orphelins d'une droite plus orléaniste", estime le président du RN dans un discours proche de l"union des droites" prÎné par Eric Zemmour, dont il singe d'ailleurs le slogan de 2022, "Pour que la France reste la France": chez M. Bardella, cela devient "Notre désir ardent de demeurer la France".

- Culture française -

L'ouvrage s'attarde sur une jeunesse à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), "quelques années avant que les dealers ne remplacent les enfants" dans les parcs de jeux.

Jordan Bardella assure que, lors de l'arrivĂ©e de ses grands-parents immigrĂ©s d'Italie dans les annĂ©es 1960, cette banlieue nord de Paris Ă©tait un "paradis", guidĂ© par "l'entraide et la solidaritĂ©" de ses familles "europĂ©ennes, maghrĂ©bines, africaines", autour "d'une petite place au cƓur de la citĂ© (qui) abritait une grande fontaine, tel un halo de repos et de tranquillitĂ©".

Mais, lorsqu'il s'initie au bénévolat dans les années 2010 au sein d'une association d'alphabétisation des étrangers, notamment "Pakistanais, Afghans, Africains de l'ouest", Jordan Bardella en tire une conclusion: "J'ai réalisé à quel point il était difficile de concilier des univers culturels qui semblaient si éloignés. Si l'intégration (de ses grands-parents) a si bien fonctionné, c'est qu'elle était européenne".

De cette "culture française", Jordan Bardella dresse le panthéon. Charles de Gaulle, André Malraux, François Mitterrand, Victor Hugo: "Tous, avant de déclamer (leurs) grands discours, auront cherché la grandeur".

S'y croisent encore Raymond Aron, Pierre Soulages, mais aussi "Jeanne Moreau, Jean-Paul Belmondo, France Gall, Johnny Hallyday, Charles Aznavour".

- "J'en suis convaincue" -

Celui qui affirme, Ă  l'Ă©poque oĂč il rejoint le Front national Ă  l'Ăąge de 16 ans, ignorer "tout de son histoire, de ses fondateurs et mĂȘme de Jean-Marie Le Pen", consacre en outre un chapitre entier - le dernier - Ă  Marine Le Pen.

"Je lui dois une part importante de ce que je suis devenu", écrit-il, brocardant ceux qui "auront tenté de bousculer notre tandem, cherchant à nourrir des inimitiés, voire une rivalité, fantasmées".

A la faveur d'une balade en bateau au large du fort de Brégançon, résidence des présidents de la République, Jordan Bardella raconte qu'il a interrogé sa patronne: "Vous croyez que vous y serez un jour?"

"Le regard au loin, sa réponse, simple, déterminée, belle: +J'en suis convaincue+."

Elle lui avait tenu la mĂȘme rĂ©ponse quelques jours avant le second tour des lĂ©gislatives de juillet quant aux chances du jeune homme d'accĂ©der Ă  Matignon.

AFP

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2 Commentaires
GILSON
GILSON
1 an

Si son parcours l'honore il est encore bien trop jeune pour ĂȘtre le reprĂ©sentant suprĂȘme des françaises et des français. Allons-nous avoir une fois de plus l'intention de mettre la charrue avant le boeufs !? Le RN qui a Ă©tĂ© pendant longtemps mon parti m'a terriblement déçu (et le mot est faible). Devenu le bĂ©ni oui-oui de Macron et de l'Europe il plonge inexorablement dans les abĂźmes (N'est pas Jean-Marie LE PEN qui veut).

Arthur
Arthur
1 an

Ce qu'il cherche? Un boulot sympa, bien payé. En clair politicard professionnel. Ben, ça paye bien, bonne mutuelle, bonne retraite. La belle vie quoi!