Journées décisives et "heures difficiles" pour contrôler les incendies près de Madrid

  • Publié le 27 juillet 2026 à 18:30
  • Actualisé le 27 juillet 2026 à 18:55
Un avion Air Tractor AT-802F Fire Boss largue de l’eau sur un incendie de forêt près de San Martín de Valdeiglesias, à environ 70 km à l’ouest de Madrid, le 26 juillet 2026

Journées décisives en Espagne : le gouvernement espère maîtriser d'ici mardi soir les incendies qui sévissent près de Madrid, avant une nouvelle vague de chaleur prévue à partir de mercredi qui prépare "des heures difficiles", prévient le Premier ministre Pedro Sánchez.

"Il reste des heures complexes, nous allons avoir une augmentation des températures", a alerté M. Sanchez lors d'une visite au centre de coordination des secours de l'incendie dans la région de Valence.

Pour le Premier ministre, son pays est en première ligne de "l'urgence climatique".

L'incendie de la "Sierra de l'ouest", dans la région de Madrid, est en train de rejoindre le gigantesque brasier d'Ávila, dans la région voisine de Castille-et-Léon, le feu de forêt "le plus important" de l'histoire récente de l'Espagne, selon le gouvernement, avec au moins 60.000 évacuations.

A eux deux ces incendies ont ravagé en quelques jours environ 75.000 hectares, soit sept fois la superficie de Paris.

Et les journées de lundi et mardi sont "absolument déterminantes", a affirmé lundi le ministre de l'Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, qui espère "contrôler et maîtriser le feu", a-t-il ajouté lors d'un point-presse, malgré "des prévisions météorologiques vraiment défavorables" à partir de mercredi.

L'Agence météorologique nationale (Aemet) a alerté quant aux risques "extrêmes" d'incendies.

Face à cette "nouvelle vague de chaleur", Pedro Sánchez "demande de la compréhension et d'extrêmes précautions en matière de prévention et de prudence de la part de tous les citoyens (...) dans tout le pays."
Sur le terrain, près de Navaluenga dans la région de Castille-et-Léon, l'AFP a vu des hectares de terre entièrement calcinée, des pins brûlés, avec quelques maisons apparemment épargnées par les flammes.

- "Nous avons tout perdu" -

"Nous avons tout perdu, nous avions ce camping, nous en avions un autre et nous avons tout perdu. Nous n'avons plus rien. Nous ne pouvons rien faire de plus. Il faut attendre, c'est tout", a déclaré à l'AFP María Angeles Cañete, au bord des larmes.

Par endroits, une fumée grise s'élevait encore du sol, tandis qu'une forte odeur de fumée flottait dans l'air.

Plus loin, un faon mort gisait là où il était tombé, a constaté une équipe de l'AFP.

Si les incendies "ont ralenti leur progression" dans la nuit de dimanche à lundi, le feu n'est toutefois toujours "pas maîtrisé", a souligné la préfecture de la région de la capitale espagnole, selon qui "trois fronts" sont toujours actifs.

Les services de secours de la région de Madrid s'attendent dans la journée à "des rafales de vent pouvant atteindre 30 km/h (qui) compliqueront la tâche pour éteindre" le feu.

- "Urgence climatique" -

Premier signe prudent d'amélioration de la situation, quelques premiers évacués commencent à rentrer chez eux.

David Sanchez, 48 ans, peintre et décorateur, a pu retourner à Cebreros lundi, après deux nuits chez son frère.

L'air sentait encore la fumée, irritait la gorge et la poitrine, et le ciel était couvert de fumée blanche.

Des particules de cendre se déposaient sur les voitures. À la sortie de la ville, le long de la route en direction de San Martín de Valdeiglesias, une épaisse fumée grise couvrait la végétation.

Le feu a touché le demi-hectare que cultivait David Sanchez, "j'ai perdu beaucoup d'oliviers et de pistachiers dans l'incendie, maintenant il faut tout nettoyer, replanter, c'est vraiment la merde", peste-t-il.

Les autorités doivent communiquer "un horaire" pour "la réouverture du camping d'El Escorial qui avait entraîné l'évacuation de 4.500 personnes" et pour une maison de retraite à San Martín de Valdeiglesias, à une cinquantaine de kilomètres de Madrid.

Le service de bus entre Villamanta, près de la zone sinistrée, et Madrid doit également reprendre, tandis que les éleveurs pourront "nourrir leurs animaux", sauf en cas de nouvelle dégradation des conditions, selon le préfet de la région de Madrid Francisco Martín Aguirre.

Dans un discours consacré aux "refuges climatiques" censés protéger la population lors de vagues de chaleur, le Premier ministre a estimé que ces incendies majeurs, d'une ampleur inédite, étaient "l'expression la plus douloureuse d'une urgence climatique".

"Ce n'est plus une exception, c'est la règle", a-t-il alerté, le ton grave. Il a évoqué "plus de 170.000 ha calcinés" en Espagne depuis le début de l'année.

Des dizaines de milliers de personnes sont directement affectées par les incendies près de Valence (est) qui ont fait un mort et où plus de 7.000 hectares ont déjà brûlé, d'après les autorités.

 AFP

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