L'ouragan Melissa se dirige vers les Bermudes, au moins 30 morts en HaĂŻti

  • PubliĂ© le 31 octobre 2025 Ă  02:58
  • ActualisĂ© le 31 octobre 2025 Ă  09:48
Un homme assis sur une partie du toit de sa maison, Ă  Santiago de Cuba, le 29 octobre 2025 ( AFP / YAMIL LAGE )

DopĂ© par le changement climatique mais dĂ©sormais affaibli, l’ouragan Melissa arrive jeudi soir aux Bermudes aprĂšs son passage destructeur en JamaĂŻque, Ă  Cuba et en HaĂŻti, oĂč il a tuĂ© au moins 30 personnes.

"Les conditions aux Bermudes vont se dĂ©tĂ©riorer rapidement ce soir", indique dans son dernier point le Centre national amĂ©ricain des ouragans (NHC), qui fait Ă©tat de vents mesurĂ©s Ă  165 kilomĂštres par heure. L’alerte a Ă©tĂ© levĂ©e aux Bahamas.

Le changement climatique causĂ© par les activitĂ©s humaines a rendu l’ouragan Melissa plus puissant et plus destructeur, selon une Ă©tude publiĂ©e mardi par des climatologues de l’Imperial College de Londres.

A HaĂŻti, pas directement touchĂ© par l’ouragan mais victime de fortes pluies, au moins 30 personnes, dont dix enfants, sont mortes, et 20 portĂ©es disparues, selon un nouveau bilan communiquĂ© jeudi par les autoritĂ©s locales. L’essentiel des dĂ©cĂšs, 23, ont Ă©tĂ© provoquĂ©s par la crue d’une riviĂšre dans le sud-ouest du pays.

Depuis mercredi, Cuba nettoie ses rues inondées et jonchées de débris.

A Santiago de Cuba, la deuxiĂšme ville du pays, des pans de maisons se sont effondrĂ©s et des toits de tĂŽle n’ont pas rĂ©sistĂ©. La ville est sans Ă©lectricitĂ©, de nombreux poteaux gisent au sol.

Le toit de la maison de Mariela Reyes a Ă©tĂ© emportĂ©. "Ce n’est pas facile de perdre tout ce qu’on a. Le peu qu’on possĂšde", a soupirĂ© cette femme de 55 ans, dĂ©couragĂ©e.

A El Cobre, Ă  une vingtaine de kilomĂštres de lĂ , le son des marteaux rĂ©sonne jeudi sous le soleil revenu: ceux dont le toit s’est envolĂ© s’efforcent de rĂ©parer avec l’aide d’amis et de voisins, a constatĂ© l’AFP. D’autres s’aventurent dehors en quĂȘte de nourriture, certaines boutiques commençant Ă  rouvrir.

- "Destruction immense" -

Le prĂ©sident cubain Miguel Diaz-Canel a indiquĂ© que l’ouragan avait causĂ© des "dĂ©gĂąts considĂ©rables", sans faire de victime selon les autoritĂ©s.

L’ouragan Melissa a Ă©tĂ© le plus puissant Ă  toucher terre en 90 ans lorsqu’il a frappĂ© la JamaĂŻque mardi en catĂ©gorie 5, la plus Ă©levĂ©e sur l’échelle Saffir-Simpson, avec des vents d’environ 300 km/h.

"Il y a eu une destruction immense, sans prĂ©cĂ©dent, des infrastructures, des propriĂ©tĂ©s, des routes, des rĂ©seaux de communication et d’énergie", a dĂ©clarĂ© depuis Kingston Dennis Zulu, coordinateur pour l’ONU dans plusieurs pays des CaraĂŻbes.

"Nos Ă©valuations prĂ©liminaires montrent que le pays a Ă©tĂ© dĂ©vastĂ© Ă  des niveaux jamais vus auparavant", a-t-il ajoutĂ©, Ă©voquant un million de personnes touchĂ©es, sur une Ăźle de 2,8 millions d’habitants.

"Il y a eu des victimes et nous nous attendons, au vu de nos informations, Ă  ce qu’il y en ait d’autres", s’est bornĂ© Ă  dire jeudi le ministre jamaĂŻcain des CollectivitĂ©s locales, Desmond McKenzie.

Nombreux habitants n’ont toujours pas pu contacter leurs proches, ont expliquĂ© les autoritĂ©s, pour montrer Ă  quel point les infrastructures ont Ă©tĂ© endommagĂ©es, dans l’ouest surtout. L’armĂ©e jamaĂŻcaine s’emploie Ă  dĂ©gager les routes bloquĂ©es, selon le gouvernement.

- "Rappel tragique" -

Progressivement, l’aide Ă©trangĂšre a commencĂ© Ă  affluer.

Les Etats-Unis ont "envoyĂ© des Ă©quipes de secours et d’intervention dans les zones touchĂ©es, ainsi que des fournitures vitales", a indiquĂ© sur X le secrĂ©taire d’Etat amĂ©ricain Marco Rubio.

Le Royaume-Uni va fournir une aide financiĂšre d’urgence de 2,5 millions de livres (2,8 millions d’euros) pour les pays touchĂ©s, et la France envoie Ă©galement une cargaison d’aide en JamaĂŻque.

Le secrĂ©taire exĂ©cutif de l’ONU chargĂ© du changement climatique a Ă©voquĂ© la grande confĂ©rence climatique des Nations unies COP30 qui s’ouvre dans quelques jours au BrĂ©sil.

"Chaque dĂ©sastre climatique est un rappel tragique de l’urgence de limiter chaque fraction de degrĂ© de rĂ©chauffement, principalement causĂ© par la combustion de quantitĂ©s excessives de charbon, de pĂ©trole et de gaz", a dĂ©clarĂ© Simon Stiell.

Avec le rĂ©chauffement de la surface des ocĂ©ans, la frĂ©quence des cyclones (ou ouragans ou typhons), les plus intenses augmente, mais pas leur nombre total, selon le groupe d’experts du climat mandatĂ©s par l’ONU, le Giec.

AFP

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