L'UE ordonne Ă  Meta de changer les "interfaces addictives" d'Instagram et Facebook

  • PubliĂ© le 10 juillet 2026 Ă  14:05
  • ActualisĂ© le 10 juillet 2026 Ă  15:07
L'Union européenne a ordonné vendredi à Meta de modifier les interfaces de Facebook et Instagram qu'elle juge trop "addictives"

L'étau se resserre sur Meta en Europe : Bruxelles a ordonné vendredi au géant technologique américain de modifier les interfaces de Facebook et Instagram jugées beaucoup trop "addictives", sous peine d'une trÚs lourde amende.

Bruxelles reproche au groupe de Mark Zuckerberg de ne pas avoir évalué correctement et limité les risques que les utilisateurs des deux plateformes développent des addictions, en particulier les mineurs et les adultes vulnérables, en raison de fonctions visant à retenir leur attention le plus longtemps possible.

Il s'agit notamment des flux illimités de contenus, des recommandations hautement personnalisées, ou encore du lancement automatique des vidéos. Autant de fonctions qui visent à gonfler les recettes publicitaires des deux plateformes, en incitant les utilisateurs à "scroller" sans limite.

"Ces fonctionnalités alimentent le besoin des utilisateurs de continuer à faire défiler les contenus, et bascule leur cerveau en mode +pilotage automatique+, contribuant à des comportements mauvais pour la santé et à des usages compulsifs", a expliqué la Commission européenne.

En outre, l'exécutif européen n'est pas satisfait des contrÎles parentaux intégrés à Facebook et Instagram, qui seraient trop compliqués à gérer, ni des réglages pour limiter le temps d'écran des ados.

"Nous contestons ces conclusions préliminaires, qui ne prennent pas en compte les mesures importantes que nous avons prises pour protéger les ados", a réagi un porte-parole de Meta, contacté par l'AFP.

"Nous partageons la volonté de la Commission européenne d'offrir un environnement en ligne sûr et positif", a ajouté le groupe, qui rappelle que ses comptes dédiés aux ados, lancés il y a deux ans, permettent aux parents "de bloquer Instagram durant la nuit et limiter le temps d'écran en journée à seulement 15 minutes".

La Commission europĂ©enne a Ă©mis ces injonctions prĂ©liminaires dans le cadre d'une enquĂȘte lancĂ©e en mai 2024 contre le groupe de Mark Zuckerberg, soupçonnĂ© de ne pas en faire assez pour protĂ©ger les mineurs en ligne.

- "Une priorité" -

Cette procédure est menée au titre du rÚglement européen sur les services numériques (le DSA), au nom duquel Bruxelles a adressé en début d'année une demande similaire à TikTok.

"ProtĂ©ger la santĂ© physique et mentale des EuropĂ©ens doit ĂȘtre une prioritĂ© pour les rĂ©seaux sociaux. Le DSA nous donne un cadre pour les mettre face Ă  leurs responsabilitĂ©s", a affirmĂ© la vice-prĂ©sidente de la Commission chargĂ©e du NumĂ©rique, Henna Virkkunen.

Meta aura maintenant la possibilité de se défendre et de proposer des mesures pour remédier aux manquements qui lui sont reprochés.

Mais si la Commission européenne n'est pas satisfaite, le géant technologique américain pourrait se voir infliger une lourde amende, pesant jusqu'à 6% de son chiffre d'affaires annuel mondial.

Cependant "ce que nous voulons, c'est obtenir des changements", a assurĂ© une autre responsable de la Commission, reconnaissant qu'"il y a une diffĂ©rence entre TikTok et Meta, dans le sens oĂč Meta a toujours essayĂ© d'agir en matiĂšre de protection des mineurs", notamment via les comptes dĂ©diĂ©s aux ados.

Dans le cadre de cette mĂȘme enquĂȘte europĂ©enne, le groupe basĂ© Ă  Menlo Park en Californie avait Ă©galement Ă©tĂ© accusĂ© il y a quelques mois de laisser de nombreux enfants de moins de 13 ans accĂ©der Ă  Facebook et Instagram, les exposant ainsi Ă  de multiples risques pour leur bien ĂȘtre et leur dĂ©veloppement physique et mental.

Le groupe fait face à des accusations similaires aux Etats-Unis. En mars, un jury de Los Angeles a condamné Meta et Google à verser six millions de dollars à une jeune femme, les jugeant responsables du caractÚre addictif de leurs plateformes respectives Instagram et YouTube, une premiÚre historique.

Ces procédures européennes visant Meta s'inscrivent dans une plus large offensive de Bruxelles pour renforcer la protection des enfants et adolescents en ligne.

Bruxelles réfléchit à des mesures harmonisées au niveau européen pour limiter l'accÚs des enfants et adolescents aux réseaux sociaux.

La présidente de la Commission Ursula von der Leyen doit recevoir lundi les conclusions d'un comité d'experts à ce sujet, et devrait annoncer des décisions à la rentrée.

AFP

guest
0 Commentaires