Tuerie de 2012 en NorvĂšge

La CEDH met un point final aux plaintes du tueur norvégien Breivik

  • PubliĂ© le 21 juin 2018 Ă  17:09
  • ActualisĂ© le 21 juin 2018 Ă  19:24
Anders Behring Breivik au dernier jour de son appel sur ses conditions de détention à la prison de Skien le 18 janvier 2017.

La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a mis jeudi un point final aux recours du tueur de masse norvégien Anders Breivik qui considérait ses conditions de détention "inhumaines", au grand soulagement des victimes.

Condamné par la justice norvégienne en 2012 pour le meurtre de 77 personnes, Anders Behring Breivik, aujourd'hui ùgé de 39 ans, espérait faire reconnaßtre par les juges que ses conditions de détention à la prison de Skien (sud) étaient contraires à la Convention européenne des droits de l'homme.

Le nĂ©o-nazi estimait notamment que son isolement constituait un traitement "inhumain" et "dĂ©gradant". Tous ses recours avaient Ă©tĂ© Ă©puisĂ©s dans son pays, depuis que la Cour suprĂȘme a refusĂ© d'examiner son appel en juin 2017. Dans une "dĂ©cision dĂ©finitive", trois juges de la CEDH ont considĂ©rĂ© que la requĂȘte de Breivik ne relevait pas d'une "violation de la Convention" et dĂ©clarĂ© sa plainte "irrecevable pour dĂ©faut manifeste de fondement". "L'affaire Breivik a Ă©tĂ© rejetĂ©e Ă  Strasbourg. Ravi. Puissent-ils, lui et ceux qui partagent son message de merde, pourrir en enfer", a lancĂ© sur twitter, Tore Remi Christensen, un rescapĂ© de la tuerie de l'Ăźle d'UtĂžya, oĂč Breivik a abattu froidement 69 personnes, pour la plupart des adolescents.


"C'est un soulagement. Maintenant, on espĂšre qu'on ne parlera plus de lui pendant de trĂšs nombreuses annĂ©es", a dĂ©clarĂ© Ă  l'AFP Lisbeth KristinLe RĂžyneland, prĂ©sidente du groupe de soutien aux victimes, qui a elle-mĂȘme perdu sa fille ĂągĂ©e de 18 ans sur l'Ăźle d'UtĂžya.
"La NorvĂšge obtient une fois pour toutes la confirmation que les droits de l'homme d'Anders Behring Breivik ne sont pas enfreints dans les conditions carcĂ©rales qui sont les siennes", a dĂ©clarĂ© pour sa part le reprĂ©sentant de l'État norvĂ©gien, Marius Emberland, citĂ© par l'agence NTB.


- "Prisonnier VIP" -


La dĂ©cision de la CEDH efface dĂ©finitivement un jugement rendu en NorvĂšge 2016 par un juge de premiĂšre instance qui avait estimĂ© que son isolement prolongĂ© constituait une violation de ses droits. ConsidĂ©rĂ©e comme une gifle cinglante pour un État qui se targue de conduire une politique carcĂ©rale humaine, cette dĂ©cision avait semĂ© consternation et Ă©moi au sein des familles des victimes et au-delĂ . Elle avait cependant Ă©tĂ© infirmĂ©e en appel.
A l'époque, le procureur général, Fredrik Sejersted, avait décrit un "prisonnier VIP", en bonne santé physique et psychologique, supportant trÚs bien son régime carcéral. Anders Breivik dispose de trois cellules de plus de 10 m2 chacune équipées d'un téléviseur avec jeux vidéo et lecteur DVD, d'un ordinateur (sans connexion internet) et d'appareils de musculation.
Le tueur d'extrĂȘme droite, qui a changĂ© son nom en Fjotolf Hansen, purge une peine de 21 ans de prison susceptible d'ĂȘtre prolongĂ©e indĂ©finiment.


Le 22 juillet 2011, déguisé en policier, il avait traqué pendant plus d'une heure les participants à un camp d'été de la Jeunesse travailliste piégés sur l'ßle d'UtÞya et tué 69 d'entre eux. Un peu plus tÎt, il avait tué huit autres personnes en faisant exploser une bombe prÚs du siÚge du gouvernement à Oslo. N'ayant jamais exprimé de remords, il avait justifié ses crimes, les plus graves de l'histoire d'aprÚs-guerre en NorvÚge, par le fait que ses victimes embrassaient le multiculturalisme. Chaque procÚs lié au drame a été vécu douloureusement en NorvÚge, d'autant que l'extrémiste de droite tentait souvent d'en faire une tribune politique et y multipliait les provocations.
À l'instar du groupe de soutien aux familles des victimes, nombreux sont ceux qui taisent son nom et prĂ©fĂšrent le dĂ©signer comme "le terroriste", "le tueur de masse" ou encore "le tueur d'enfants".

 © 2018 AFP

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