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La Colombie signera la paix avec la guérilla des Farc le 26 septembre

  • PubliĂ© le 3 septembre 2016 Ă  04:13
Une femme passe devant une inscription "Cessez-le-feu bilatéral", le 28 août 2016 à El Palo en Colombie

La paix avec les Farc sera signée le 26 septembre, ce qui mettra fin à 52 ans d'un conflit armé meurtrier avec la plus importante guérilla de Colombie, a annoncé vendredi le président Juan Manuel Santos, visiblement trÚs ému.


"La paix sera signée le 26 septembre à CarthagÚne", a annoncé M. Santos, dont le gouvernement a conclu la semaine derniÚre un accord historique avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes), à l'issue de prÚs de quatre ans de pourparlers.
Sous le coup de l'émotion, le chef de l'Etat a d'abord dit "26 avril" avant de se reprendre et de répéter sa phrase de bout en bout, en appuyant bien sur la date du "26 septembre".
Intervenant devant un parterre de chefs d'entreprise, Ă  CarthagĂšne des Indes, station balnĂ©aire et important port de la cĂŽte caribĂ©enne, M. Santos a ajoutĂ© qu'il s'agissait "peut-ĂȘtre de l'annonce la plus importante" de sa vie.
La Colombie s'achemine ainsi vers la fin d'une guerre fratricide, le plus ancien conflit armĂ© des AmĂ©riques. Au fil des dĂ©cennies, il a impliquĂ© plusieurs guĂ©rillas d'extrĂȘme-gauche, dont l'ArmĂ©e de libĂ©ration nationale (ELN, encore active), des milices paramilitaires d'extrĂȘme-droite et l'armĂ©e, faisant au moins 260.000 morts, 45.000 disparus et 6,9 millions de dĂ©placĂ©s.
- Ratification préalable par les Farc -
L'accord de paix conclu avec les Farc le 24 aoĂ»t, aprĂšs d'Ăąpres nĂ©gociations dĂ©localisĂ©es Ă  La Havane depuis novembre 2012, doit ĂȘtre signĂ© par le chef de l'Etat et par le leader suprĂȘme de la guĂ©rilla, Rodrigo Londoño, plus connu sous ses noms de guerre Timoleon JimĂ©nez ou Timochenko.
Le 29 août à 00H00 (05H00 GMT) est entrée en vigueur le premier cessez-le-feu bilatéral et définitif jamais ordonné avec les Farc, la plus ancienne rébellion de Colombie née en 1964 d'une insurrection paysanne et qui compte encore quelque 7.500 combattants armés.
Avant sa signature, l'accord de paix doit ĂȘtre ratifiĂ© par la Xe confĂ©rence nationale des Farc, qui dĂ©butera le 17 septembre. Initialement prĂ©vue Ă  partir du 13, elle a Ă©tĂ© reportĂ©e vendredi "pour des raisons logistiques", selon un communiquĂ© de la guĂ©rilla. "Du 17 au 23 septembre, nous rĂ©aliserons la Xe ConfĂ©rence, terminant ainsi le cycle des discussions avec la base guĂ©rillera", a ensuite tweetĂ© Timochenko.
Cette "derniĂšre confĂ©rence de notre organisation en armes (...) ratifiera les accords de paix et entĂ©rinera la transformation des Farc en mouvement politique lĂ©gal", a indiquĂ© la guĂ©rilla. Fait exceptionnel, elle doit ĂȘtre ouverte Ă  50 invitĂ©s nationaux et internationaux, ainsi qu'Ă  la presse car, selon les Farc, "l'importance historique de cet Ă©vĂšnement justifie que les peuples de Colombie et du monde s'informent directement".
Une fois ratifié par les Farc puis signé, l'accord de paix de 297 pages, qui contient six points principaux (fin des combats, réparations aux victimes, trafic de drogue, réforme agraire et ratification de l'accord), sera soumis le 2 octobre à l'avis des Colombiens par référendum.
- Approbation par référendum -
Les électeurs vont devoir répondre par "oui" ou par "non" à la question: "Appuyez-vous l'accord final d'achÚvement du conflit et de construction d'une paix stable et durable?". Pour l'emporter, le "oui" devra recueillir au moins 4,4 millions de voix (13% de l'électorat) et le "non" un score plus faible. En cas de rejet, ce qui a été conclu à La Havane serait annulé.
Par ailleurs, les Farc et le gouvernement ont annoncé à Cuba que les mineurs combattants qui se trouvent encore dans les rangs de la guérilla commenceront à quitter les camps rebelles le 10 septembre "conformément à l'accord conclu le 15 mai 2016", en référence à l'un des agréments contenus dans le texte définitif.
Ces enfants et adolescents seront pris en charge par l'Unicef, logés dans des centres d'accueil temporaires, puis entreront dans "un processus de réintégration sociale", ont indiqué les parties, sans préciser le nombre de mineurs qui pourraient bénéficier de cette mesure.
Début février la guérilla avait annoncé qu'elle renonçait à enrÎler des mineurs de moins de 18 ans, un an aprÚs une annonce similaire concernant les moins de 17 ans.
Les Farc ont toujours nié recruter des enfants soldats, préférant arguer qu'elle prenait en charge des orphelins et des victimes de violences.

Par Céline AGNIEL - © 2016 AFP
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