Ce lundi 16 février 2026 c'est ouvert devant la Cour d'assises le procès d'Abraham Bomela, mis en examen pour l'assassinat de trois personnes, sa mère, sa petite cousine de 5 ans et un homme d'entretien dans une agence du Crédit Agricole de la Possession. Il est aussi poursuivi pour tentative d'assassinat sur huit autres personnes. Lors de sa garde à vue et durant toute l'instruction, le trentenaire a assumé ses actes et les a même revendiqué. Le véritable enjeu de ce procès est sa responsabilité pénale au moment des faits. Les experts ont déclaré que son discernement était altéré. Si les jurés confirment cette altération, l'homme encourt 30 ans de réclusion au lieu de la perpétuité (Photo sly/www.imazpress.com)
Jusqu'au vendredi 20 février, les jurés de la Cour d'assises se pencheront sur le périple meurtrier d'Abraham Bomela.
Les jurés tenteront de comprendre comment et pourquoi, un homme, qui jusque là n'avait que peu fait parler de lui (deux affaires anciennes suivies par la Justice), a pu basculer dans ce déchainement meurtrier
Les faits s'étaient produits tôt le matin du samedi 28 octobre 2023 à la Possession. Entre 6h50 et 9h, du matin, horaire de son placement en garde à vue, le Possessionnais alors âgé de 38 ans a tué trois personnes et a tenté d'en tuer huit autres.
- La mère et la petite cousine poignardées à plusieurs reprises -
Il est 6h le matin des faits lorsque le père de la petite Lorane, 5 ans, amène sa fille chez sa tante Edith, 69 ans.
Depuis quelques mois, elle garde la petite fille chez elle dans sa maison du chemin Bœuf Mort.
Abraham Bomela, le fils d'Edith, un homme solitaire, vit reclus dans une kaz du terrain familial. Sa famille le décrit comme "pas normal, pas sociable". Il n'apprécie pas la venue de sa petite cousine. Encore une fois, il exprime son désaccord à sa mère.
Devant le refus de sa mère de renvoyer la fillette, il se saisit d’un couteau à cran d’arrêt et frappe l'enfant à une dizaine de reprises.
Il s'acharne aussi sur sa mère qui tentait de s'interposer. Elle aussi succombe sous l'avalanche de coups de couteau.
Surpris par un membre de sa famille vivant à proximité, Abraham Bomela prend les clés de sa Twingo blanche et s'enfuit en direction de La Possession.
- Il attaque tous ceux qui sont sur son chemin -
Son parcours est marqué par sept tentatives d'assassinats.
Abraham Bomela attaque tous ceux qu’il croise. Il percute un joggeur et un scootériste sur le chemin Bœuf Mort, deux hommes en train d’échanger des plantes sur le parking d'un supermarché en centre-ville, un témoin qui essaye de porter secours aux victimes, un motard sur le rond-point voisin...
Abandonnant son véhicule endommagé par les chocs successifs, il court alors se retrancher dans une agence du Crédit Agricole située en face du supermaché.
- L'agent d'entretien mortellement poignardé -
Il agresse immédiatement l'agent d'entretien qui se trouve sur place et le poignarde à de multiples reprises. L'employé âgé de 54 ans succombe à ses blessures.
Abraham Bomela s'enferme dans l'agence alors que les militaires de l'antenne locale du groupement d'intervention de la gendarmerie nationale (GIGN) prennent position.
Lors de l'assaut des forces de l'ordre il oppose une vive résistance. Il blesse grièvement l’un des gendarmes du GIGN.
Blessé à son tour, il est finalement maitrisé.
- Abraham Bomela affirme avoir eu la volonté de tuer -
Placé en garde à vue, Abraham Bomela avait été entendu en présence de son avocat, il avait reconnu "la matérialité de tous les faits qui lui sont reprochés" avait indiqué la procureure Véronique Denizot dans un communiqué publié le lendemain des faits.
L'homme a expliqué "qu’il ne voulait pas que sa mère garde sa cousine et qu’il n’a pas supporté samedi que l’enfant soit de nouveau présente au domicile familial" relatait le communiqué de la magistrate.
Se disant alors toujours en colère, le mis en cause indique avoir récupéré dans sa chambre deux couteaux "et porté des coups aux deux victimes pour les tuer".
"Ensuite, envahi par sa colère, il a menacé son cousin avec son couteau, manqué de le percuter avec son véhicule et pris la fuite, avec la volonté de tuer toutes les personnes rencontrées sur son chemin" souligne le parquet.
Abraham Bomela avait précisé "avoir, dès son entrée dans l’agence bancaire, immédiatement porté des coups de couteau à l’agent d’entretien présent" détaillait la magistrate.
- Le verdict rendu vendredi soir -
L'homme a aussi déclaré "s’être ensuite protégé de l'intervention à venir des militaires de la gendarmerie, avoir résisté à leur entrée dans les lieux et avoir porté à nouveau des coups de couteau à l’un des gendarmes, avec la volonté de le tuer, avant d’être maîtrisé" avait poursuivi Véronique Denizot.
Il avait ainsi déclaré avoir placé le corps de sa dernière victime, qu'il savait décédée, près de la porte, pour perturber l'avance des militaires.
Il ajoute s'être emparé d'un extincteur et avoir vidé la poudre par terre "pour qu'ils glissent" et enfin, il se met accroupi et attend.
Lors de l'assaut des militaires, il opposera donc une vive résistance, il sera tasé, sans effet.
Cet assaut a été expliqué, lundi après-midi à la Cour, par l'officier commandant, à l'époque, l'antenne du GIGN à La Réunion.
Ce mardi la cour entendra les témoins mais aussi les victimes des deux premières scènes. Puis, l'accusé prendra la parole en début d'après-midi.
La question de son discernement au moment des faits sera au centre des débats tout au long de son procès.
Lire aussi - Du carnage de La Possession au box des assises : Abraham Bomela jugé en février 2026
Le verdict en attendu vendredi soir.
www.imazpress.com/[email protected]
