Plombé par un conflit opposant ses supporters à ses dirigeants, le club des Girondins de Bordeaux a subi une nouvelle secousse jeudi avec le départ annoncé de son entraßneur Paulo Sousa.
En poste depuis mars 2019 et sous contrat jusqu'en juin 2022, le technicien portugais, ùgé de 49 ans, a annoncé aux joueurs cadres de son vestiaire sa décision de quitter le club. L'information, révélée par RMC Sport, a été confirmée à l'AFP.
Lors du premier entraßnement de la saison ouvert à la presse, jeudi matin, le double lauréat de la Ligue des champions, en tant que joueur, n'a pourtant rien laissé paraßtre sous son masque de protection.
Il a observé la séance avec ses adjoints comme il en a pris l'habitude puis s'est éclipsé avant la fin pour s'entretenir avec son directeur sportif espagnol Eduardo Macia, venu en bord de terrain.
Dans le courant de la saison, Sousa avait toutefois déclaré se poser des questions sur la gouvernance du club, géré par le fonds d'investissements américain King Street. Ce fonds est l'actionnaire unique depuis l'éviction en décembre dernier de GACP qui l'avait fait venir et séduit avec un projet ambitieux.
Sa relation avec FrĂ©dĂ©ric LonguĂ©pĂ©e, homme fort du ChĂąteau du Haillan mais critiquĂ© par les Ultramarines, principal groupe de supporters des Girondins, qui jugent sa vision avant tout "mercantile", Ă©tait mĂȘme devenue inexistante.
Le passage sur le banc girondin de Sousa, rarement restĂ© plus de deux saisons dans un mĂȘme club, laissera en tout cas un goĂ»t d'inachevĂ©, avec une volontĂ© permanente de recherches tactiques mais souvent vaines.
En 42 matches dirigĂ©s, il n'a connu que 13 fois la victoire, pour 12 nuls et 17 dĂ©faites et son Ă©quipe n'occupait que le 12e rang dĂ©but mars Ă l'arrĂȘt de la compĂ©tition pour cause de pandĂ©mie.
- Un départ qui en dit long -
Son départ soudain, dix jours aprÚs la reprise de l'entraßnement, confirme en tout cas l'instabilité chronique qui rÚgne depuis plus d'un an dans toutes les strates du club au scapulaire: projet sportif illisible, crise de gouvernance, ambiance délétÚre en interne, communication a minima, image écornée, plaintes contre Macia, nouveau logo vilipendé...
Il renforce aussi le combat mené depuis des mois par les Ultramarines. TrÚs actifs et imaginatifs dans leur campagne anti King Street et Longuépée, ils ont reçu le soutien de fans non encartés samedi lors de leur manifestation "cri de colÚre" samedi devant l'hÎtel de ville, ainsi que celui du nouveau maire.
L'Ă©cologiste Pierre Hurmic, opposĂ© depuis toujours au foot business, a mĂȘme effectuĂ© une entrĂ©e remarquĂ©e dans le dĂ©bat le lendemain de son Ă©lection en demandant Ă King Street de se sĂ©parer de M. LonguĂ©pĂ©e.
"Un club ne peut pas se permettre le luxe de se mettre à dos le principal club de supporteurs et de les traiter avec un tel mépris et une telle arrogance, avec des menaces de peines pénales", avait déclaré cet avocat de formation, faisant fi de toute ingérence.
Et maintenant ? Sousa parti, que va faire son staff ? S'en aller aussi, faire la transition avec son successeur ? Comment vont réagir les cadres qui l'appréciaient unanimement ? Une drÎle d'épine dans le pied.
A cinq jours de son passage devant la DNCG, "un numĂ©ro de claquettes" selon l'expression de M. LonguĂ©pĂ©e tirĂ©e des +Girondins Leaks+ qui devra quand mĂȘme s'expliquer sur les 50 millions d'euros de dĂ©ficit annoncĂ© avant vente de joueurs, l'incertitude plane plus que jamais sur les bords de la Garonne.
 AFP

