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La Fondation Clinton, l'arme anti-Hillary des républicains

  • PubliĂ© le 4 aoĂ»t 2016 Ă  17:50
Hillary Clinton en meeting à Commerce City, le 3 août 2016

Une organisation caritative dĂ©diĂ©e Ă  l'amĂ©lioration de "millions de vies": sur le papier, la Fondation Clinton n'a rien de sulfureux mais elle alimente pourtant de tenaces soupçons de conflits d'intĂ©rĂȘt contre la candidate dĂ©mocrate Ă  la Maison Blanche.


A trois mois de l'Ă©lection, les adversaires d'Hillary Clinton lĂąchent leurs coups et l'accusent quasi-quotidiennement d'avoir usĂ© de son influence quand elle Ă©tait Ă  la tĂȘte de la diplomatie amĂ©ricaine (2009-2013) pour en faire profiter la fondation créée en 2001 par son mari et ancien prĂ©sident, Bill.
"Quand est-ce que l'on verra des reportages sur CNN sur la corruption de la Fondation Clinton", a récemment tweeté son rival républicain pour la Maison Blanche, Donald Trump. Il avait déjà enjoint celle qu'il nomme "Hillary-la-crapule" à rembourser des millions de dollars de donations saoudiennes à la Fondation.
Mi-juillet, plus de 60 Ă©lus rĂ©publicains au CongrĂšs ont, eux, exhortĂ© le FBI et le fisc Ă  ouvrir une enquĂȘte pour faire la lumiĂšre sur une fondation jugĂ©e "sans foi ni loi" et au coeur "d'importantes questions de corruption publique", indiquent leur lettre obtenue par l'AFP.
Mme Clinton a, de son cÎté, toujours défendu son bon droit. "Il n'y a absolument aucune connexion entre mon action en tant que secrétaire d'Etat et la Fondation Clinton", a-t-elle redit fin juillet sur Fox News.
- Généreux donateurs -
Sans surprise, les attaques se concentrent sur le financement d'une organisation active dans l'éducation et la santé et dont les ressources ont flambé de prÚs de 475% en dix ans pour dépasser les 337 millions de dollars, selon ses audits internes.
Ce sont notamment les généreuses contributions des donateurs (217 millions de dollars en 2014) qui font scandale, particuliÚrement celles venant de gouvernements étrangers: l'Arabie saoudite (entre 10 et 25 millions de dollars), le Koweït (jusqu'à 10 millions), le Qatar et les Emirats Arabes Unis (jusqu'à 5 millions), selon les chiffres de la fondation.
Des multinationales (Coca-Cola, Barclays, General Electric...) ont également soutenu financiÚrement les projets de cette organisation qui se targue notamment d'avoir facilité l'accÚs de 11,5 millions de personnes aux traitements anti-VIH.
Ces dons - dont la date de versement n'est pas précisée - n'ont rien d'illégal mais certains soutiennent qu'ils ont été accordés en échange d'une oreille bienveillante des autorités américaines.
Dans un article paru en 2015, le New York Times avait ainsi laissé entendre que le département d'Etat, alors dirigé par Mme Clinton, avait approuvé aux cÎtés d'autres ministÚres le rachat par le russe Rosatom d'une entreprise canadienne, Uranium One, dont certains actionnaires étaient d'importants donateurs de la Fondation Clinton.
L'entourage de Mme Clinton avait dénoncé des accusations sans fondement.
- Opacité -
Mais cette affaire avais rĂ©vĂ©lĂ© un fait gĂȘnant: certaines donations n'ont pas Ă©tĂ© rendues publiques, contrairement aux engagements pris par Mme Clinton avant son arrivĂ©e au dĂ©partement d'Etat au dĂ©but 2009 et son dĂ©part concomitant de la fondation.
Un mĂ©morandum de dĂ©cembre 2008 obligeait ainsi la fondation Ă  rĂ©vĂ©ler le nom de nouveaux donateurs voire Ă  obtenir le feu vert du dĂ©partement d'Etat afin d'Ă©viter tout conflit d'intĂ©rĂȘt.
Ces rÚgles ont toutefois été ignorées s'agissant d'une contribution de 500.000 dollars faite par l'Algérie en 2010, avait révélé le Washington Post en février 2015.
Cette mĂȘme annĂ©e, la fondation avait dĂ» admettre des "erreurs" dans ses dĂ©clarations d'impĂŽts, alimentant une nouvelle fois une volĂ©e de soupçons parfois surrĂ©alistes.
Lundi, l'équipe de campagne de Trump a ainsi blùmé la Fondation Clinton pour avoir accepté une donation d'une entreprise "entretenant des liens avec l'EI", en l'occurrence le groupe français Lafarge qui serait, selon Le Monde, actif dans des territoires contrÎlés par le groupe Etat islamique.
"Les gens qui n'aiment pas les Clinton inventeront n'importe quoi pour attaquer la Fondation Clinton", affirme à l'AFP Daniel Borochoff, du Charity Watch, un groupe indépendant d'observation des organisations humanitaires, ajoutant que les donations de pays étrangers sont monnaie courante.
Si Mme Clinton est finalement Ă©lue Ă  la prĂ©sidence le 8 novembre, des changements s'imposeront toutefois Ă  la fondation pour couper court aux soupçons, a reconnu son mari en juin. "Il faut faire attention Ă  Ă©viter des conflits d'intĂ©rĂȘt actuels et potentiels."
La Fondation Clinton n'a pas répondu aux nombreuses sollicitations de l'AFP.

Par Elizabeth LAW - © 2016 AFP
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