Marseille, Lille, Montpellier

La gauche anti-Macron tente la "convergence" des luttes

  • PubliĂ© le 14 avril 2018 Ă  22:46
  • ActualisĂ© le 15 avril 2018 Ă  06:55
Manifestaton à Marseille le 14 avril 2018 contre la politique du président Emmanuel Macron

Mélenchon et la CGT ensemble à Marseille, Insoumis et étudiants réunis à Lille, un défilé sous haute tension à Montpellier : les opposants de gauche au président Emmanuel Macron ont testé, dans les rues, leur capacité à faire "converger les luttes".


C'est dans un défilé "Stop Macron" initié notamment par la CGT, dans la cité phocéenne qui l'a élu député, que Jean-Luc Mélenchon a déclamé samedi sa volonté de faire l'unité "dans tout le pays" contre le président de la République, élu il y a presque un an.
"Ce qui se dĂ©roule, ici Ă  Marseille, c'est une bonne rupture de la cloison entre le mouvement social et l'action politique", a saluĂ© M. MĂ©lenchon, en tĂȘte d'un cortĂšge rĂ©unissant cheminots, fonctionnaires ou encore Ă©tudiants.
Cette manifestation doit amorcer la pompe avant une série de dates-clés, espÚre-t-il : la journée interprofessionnelle organisée le 19 avril par la CGT, et la manifestation du 5 mai à l'appel du député France insoumise François Ruffin - à laquelle la centrale syndicale a annoncé qu'elle n'irait pas.
Pour cette démonstration de "convergence" des luttes et des partis, M. Mélenchon avait invité à le rejoindre les dirigeants du PCF Pierre Laurent, de Génération.s Benoßt Hamon et du NPA Olivier Besancenot. Principalement des responsables départementaux de la CGT, de la FSU, de Sud, de l'Unef ou du PCF et d'Attac, étaient finalement présents, ainsi que l'ancien candidat NPA à la présidentielle Philippe Poutou.
"Le problĂšme de l'unitĂ© et de la convergence est posĂ© depuis le dĂ©but. Pour faire reculer le gouvernement, il faut ĂȘtre des millions dans la rue, il faut combattre ce qui nous divise. Il faut arrĂȘter les conneries", a dĂ©clarĂ© M. Poutou.
OubliĂ©es les rivalitĂ©s entre communistes et Insoumis, "MĂ©lenchon est dĂ©putĂ© des Bouches-du-RhĂŽne, moi aussi, il n'y a rien de plus naturel que d'ĂȘtre lĂ ", renchĂ©rit le parlementaire PCF Pierre DharrĂ©ville.
Du cÎté de la CGT, on assure aussi que tout soutien est "bienvenu" : "On va continuer à mettre du monde dans les rues, on va continuer à développer les grÚves, les luttes, partout dans les entreprises", promet son secrétaire dans les Bouches-du-RhÎne, Olivier Mateu.

- "ÉlĂ©ment dĂ©clencheur" -

Au total, la manifestation marseillaise a rassemblé, dans le calme, 58.000 personnes selon la CGT, et 6.000 selon la police, soit légÚrement moins que les précédentes grandes manifestations interprofessionnelles.
Elle avait été organisée à dessein un samedi, pour élargir le cercle des participants, dont de nombreux Insoumis comme Jimmy Levacher, cadre dans le privé, venu de Valence. Bonnet phrygien sur le crùne, il espÚre que ce rassemblement "sera un élément déclencheur partout".
"Il faut que cette impulsion se généralise, ça monte partout, à la SNCF, chez les étudiants, dans d'autres professions... On est dans l'obligation de gagner, sinon on va se faire laminer", ajoute dans le cortÚge Gérard Cazorla, président de la coopérative ouvriÚre Scop-Ti.
Outre Nantes, oĂč des milliers de personnes ont manifestĂ© leur soutien aux zadistes de Notre-Dame-des-Landes face au gouvernement, un dĂ©filĂ© pour faire "la fĂȘte Ă  Macron" a Ă©galement Ă©tĂ© organisĂ© Ă  Lille, rĂ©unissant prĂšs d'un millier de personnes, selon la prĂ©fecture.
Dans le cortĂšge, incluant les dĂ©putĂ©s France insoumise du Nord Ugo Bernalicis et Adrien Quatennens, des manifestants brandissaient des pancartes telles que "SĂ©lection piĂšge Ă  cons" ou "Macron arrĂȘte de draguer les cathos et Ă©coute les cheminots".
"Tout le monde est attaqué par Macron, mais tout le monde résiste. Ce n'est qu'un début !", a déclaré Jarod, étudiant en sociologie de 19 ans, membre de l'Unef.
La mobilisation a dégénéré à Montpellier, avec des heurts lors d'une manifestation de "convergence des luttes" qui a réuni 1.000 à 2.000 personnes. Le défilé fédérait notamment de jeunes anarchistes, des opposants à la loi sur l'accÚs à l'université, des militants défendant les droits des migrants ou des soutiens des zadistes.

2018 AFP

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