Inde

La justice autorise la construction d'un temple hindou sur un site disputé, une victoire pour Modi

  • PubliĂ© le 9 novembre 2019 Ă  14:01
  • ActualisĂ© le 9 novembre 2019 Ă  15:06
Des prĂȘtres hindous se dirigent vers le siĂšge de la Cour suprĂȘme Ă  New Delhi, le 9 novembre 2019

La Cour suprĂȘme indienne a autorisĂ© samedi la construction d'un temple hindou Ă  Ayodhya (nord) sur un site disputĂ© oĂč une mosquĂ©e avait Ă©tĂ© dĂ©truite en 1992, une victoire Ă©clatante pour le gouvernement nationaliste du Premier ministre Narendra Modi.

Cette décision fait cependant craindre de nouvelles violences entre les deux communautés. La destruction de l'ancienne mosquée en 1992 par des nationalistes hindous avait provoqué de sanglantes émeutes intercommunautaires et fait quelque 2.000 morts.

Dans son arrĂȘt, la plus haute juridiction indienne a ordonnĂ© que le site soit confiĂ© Ă  un trust qui y construira, sous certaines conditions, un temple hindou, tandis qu'un autre terrain sera remis Ă  des groupes musulmans pour y bĂątir une nouvelle mosquĂ©e.

Selon la presse indienne, la Cour a estimé que des preuves archéologiques montraient qu'une structure "d'origine hindoue" avait été construite sur le site avant la mosquée.

Narendra Modi s'est immédiatement félicité de ce jugement, en affirmant qu'il réglait "à l'amiable" une querelle datant de plusieurs décennies entre la majorité hindoue et la minorité musulmane du pays.

"La justice a conclu à l'amiable une affaire qui durait depuis des décennies", a déclaré M. Modi sur Twitter. "Chacun des deux camps, chaque point de vue a eu l'occasion et le temps d'exprimer des opinions divergentes".

Pour le chef du gouvernement, "ce verdict va accroitre encore la confiance de la population dans les processus judiciaires".

- Des années de violences -

Avant l'annonce de la dĂ©cision de la Cour suprĂȘme, les autoritĂ©s avaient renforcĂ© la sĂ©curitĂ© dans tout le pays et le Premier ministre avait appelĂ© la population au calme et placĂ© la police en Ă©tat d'alerte.

Des milliers de membres des forces de sĂ©curitĂ© avaient Ă©tĂ© dĂ©ployĂ©s dans et autour d'Ayodhya et les Ă©coles avaient Ă©tĂ© fermĂ©es. Des barrages de police avaient Ă©galement Ă©tĂ© Ă©rigĂ©s aux abords de la Cour suprĂȘme Ă  New Delhi.

L'arrĂȘt de la Cour suprĂȘme devrait, selon les autoritĂ©s, mettre un terme Ă  des annĂ©es de polĂ©mique et de violences autour de la mosquĂ©e du XVIe siĂšcle dĂ©truite en 1992 par des nationalistes hindous.

Ceux-ci, parmi lesquels les partisans du Bharatiya Janata Party (BJP) du Premier ministre Narendra Modi, croient que Ram, leur dieu guerrier, est né à Ayodhya et que Babur, le premier souverain musulman de l'empire moghol, y avait fait construire la mosquée Babi sur le site d'un temple hindou.

Dans le cadre d'un mouvement lancé dans les années 80, quelque 200.000 nationalistes hindous s'étaient lancés en 1992 à l'assaut de la mosquée pour la détruire.

L'attaque avait déclenché les pires violences en Inde depuis l'indépendance en 1947: quelque 2.000 personnes, essentiellement des musulmans avaient été tuées. Dix ans plus tard, l'incendie d'un train en provenance d'Ayodhya avait tué 59 militants hindous, provoquant de nouvelles émeutes qui avaient fait un millier de tués.

En 2010, un jugement avait accordé un partage du site de 1,1 hectare entre les deux communautés, largement en faveur des Hindous, qui n'avait pas permis de mettre un terme au conflit.

Ces derniers jours, le Premier ministre Narendra Modi avait appelé la communauté hindoue à ne pas célébrer de maniÚre véhémente un éventuel verdict favorable, tandis que des représentants de la communauté musulmane avaient également appelé les fidÚles au calme.

"Quel que soit le verdict de la Cour suprĂȘme, il n'y aura ni gagnant ni perdant", avait tweetĂ© Modi vendredi soir. "J'appelle le peuple d'Inde Ă  garder pour prioritĂ© que ce verdict renforce les valeur de paix, d?Ă©galitĂ© et bonne volontĂ© de notre pays", avait-il ajoutĂ©.

AFP

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