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La justice britannique se prononce sur l'appel américain contre le refus d'extrader Assange

  • PubliĂ© le 10 dĂ©cembre 2021 Ă  09:21
  • ActualisĂ© le 10 dĂ©cembre 2021 Ă  09:27
Julian Assange s'adresse à la presse en montrant le rapport que lui consacre l'ONU, le 5 février 2016, à l'ambassade d'Equateur à Londres

La Haute-Cour de Londres rend vendredi matin sa dĂ©cision au sujet de l'appel des États-Unis contre le refus d'extrader le fondateur de Wikileaks Julian Assange, que Washington veut juger pour une fuite massive de documents.

Il y a prĂšs d'un an, la juge britannique Vanessa Baraitser s'Ă©tait opposĂ©e Ă  la remise de l'Australien de 50 ans aux autoritĂ©s amĂ©ricaines, invoquant le risque de suicide du fondateur de Wikileaks. Les États-Unis reprochent Ă  Julian Assange d'avoir diffusĂ©, Ă  partir de 2010, plus de 700.000 documents classifiĂ©s sur les activitĂ©s militaires et diplomatiques amĂ©ricaines, en particulier en Irak et en Afghanistan.

Poursuivi notamment pour espionnage, il risque jusqu'à 175 ans de prison, dans une affaire qui représente, selon ses soutiens, une attaque gravissime contre la liberté de la presse. Mais quelle que soit la décision qui sera rendue vendredi, elle ne marquera pas la fin de cette bataille judiciaire au long cours.

Si les États-Unis obtiennent gain de cause, la dĂ©cision de janvier sera annulĂ©e et la justice britannique de nouveau amenĂ©e Ă  trancher. Et quel que soit le perdant, il aura la possibilitĂ© de demander Ă  saisir la Cour suprĂȘme britannique.

IncarcĂ©rĂ© dans une prison de haute-sĂ©curitĂ© prĂšs de Londres, Julian Assange a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© par la police britannique en avril 2019 aprĂšs avoir passĂ© sept ans dans l'ambassade londonienne d'Equateur, oĂč il s'Ă©tait rĂ©fugiĂ© alors qu'il Ă©tait en libertĂ© sous caution. Il craignait alors une extradition vers les États-Unis ou la SuĂšde, oĂč il faisait l'objet de poursuites pour viol, depuis abandonnĂ©es.

- "Alcatraz des Rocheuses" -

Lors de l'audience en appel au sujet de son extradition, qui s'est tenue sur deux jours fin octobre, les États-Unis ont cherchĂ© Ă  rassurer sur le traitement qui serait rĂ©servĂ© au fondateur de Wikileaks. L'avocat reprĂ©sentant le gouvernement amĂ©ricain, James Lewis, avait assurĂ© qu'Assange ne serait pas incarcĂ©rĂ© au redoutĂ© centre pĂ©nitentiaire ADX Florence, dans le Colorado, surnommĂ© l'"Alcatraz des Rocheuses", oĂč sont dĂ©tenus Ă  l'isolement quasi-total des membres d'Al-QaĂŻda.

La justice américaine s'assurerait que le fondateur de Wikileaks reçoive les soins cliniques et psychologiques nécessaires et qu'il puisse demander à purger sa peine en Australie, avait-il affirmé, soulignant que ces assurances diplomatiques sont "une question solennelle", "on ne les distribue pas comme des Smarties".

L'avocat de Julian Assange, Edward Fitzgerald, avait quant à lui rétorqué que les assurances américaines ne changent rien, et que subsiste "un grand risque de suicide quelles que soient les mesures" qui seraient prises.

Le mois dernier, Stella Moris, la compagne de Julian Assange avec qui il a eu deux enfants lorsqu'il Ă©tait reclus Ă  l'ambassade d'Equateur, a annoncĂ© que le couple avait reçu l'autorisation de se marier Ă  la prison de Belmarsh oĂč l'Australien est dĂ©tenu. Il a Ă©galement reçu le soutien d'une quarantaine de dĂ©putĂ©s français de tous bords qui ont plaidĂ© pour que Julian Assange puisse bĂ©nĂ©ficier de l'asile politique en France.

Julian Assange se trouve sous le coup de poursuites lancées sous la présidence de Donald Trump. Sous son prédécesseur Barack Obama, qui avait Joe Biden pour vice-président, la justice américaine avait renoncé à poursuivre le fondateur de WikiLeaks.

Mais l'élection de Joe Biden à la Maison Blanche n'a pas apporté l'inflexion espérée par les soutiens de l'Australien. "Profondément inquiÚtes", plusieurs ONG, dont Amnesty International, Human Rights Watch et Reporters sans frontiÚres, ont demandé mi-octobre dans une lettre ouverte au ministre américain de la Justice Merrick Garland d'abandonner ces poursuites.

AFP

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