Brexit

La période de transition n'est "pas acquise", selon l'UE

  • PubliĂ© le 9 fĂ©vrier 2018 Ă  20:28
  • ActualisĂ© le 10 fĂ©vrier 2018 Ă  06:05
Le négociateur en chef de l'UE  Michel Barnier, lors d'une conférence de presse à Bruxelles le 9 février 2018

Plusieurs désaccords "substantiels" entre l'Union européenne et le Royaume-Uni pourraient remettre en cause la phase de transition réclamée par Londres aprÚs le Brexit, a mis en garde vendredi le négociateur en chef de l'UE Michel Barnier.


"Compte tenu de ces dĂ©saccords, la transition n'est pas acquise", a averti M. Barnier lors d'une confĂ©rence de presse Ă  Bruxelles qui a conclu un nouveau round de discussions, Ă  un niveau technique, entre les deux camps. Le Français, qui Ă©tait lundi Ă  Londres pour rencontrer son homologue britannique David Davis et la PremiĂšre ministre Theresa May, a affirmĂ© avoir "des difficultĂ©s Ă  comprendre" les divergences de positions "puisque c'est le Royaume-Uni lui-mĂȘme qui a demandĂ© une pĂ©riode de transition".

"Le Royaume-Uni a insistĂ© pour trouver sur cette pĂ©riode de transition un accord en mars, mais dans le mĂȘme temps nos interlocuteurs nous ont fait part d'un certain nombre de dĂ©saccords que je considĂšre comme substantiels", a expliquĂ© M. Barnier. L'UE demande que pendant la pĂ©riode de transition, qu'elle souhaite voir s'Ă©taler de la date du Brexit fin mars 2019 Ă  la fin de l'annĂ©e 2020, la lĂ©gislation europĂ©enne continue de s'appliquer pour le Royaume-Uni. Lequel ne serait plus associĂ© aux dĂ©cisions prises dĂ©sormais Ă  27.

Le négociateur de l'UE a rejeté toute "mauvaise foi" dans les discussions, une accusation portée jeudi par le ministre du Brexit David Davis, lors d'une déclaration d'une virulence inhabituelle. "Il n'y a pas de désir de punition du Royaume-Uni, pas de volonté de punir", a assuré M. Barnier. David Davis avait jugé "de mauvaise foi et peu judicieux" un document dévoilé mercredi par l'UE, qui fixe les rÚgles à respecter par Londres pendant cette transition.

Ce projet de texte prévoit la possibilité de sanctions, notamment "un mécanisme permettant à l'Union de suspendre certains bénéfices pour le Royaume-Uni découlant de sa participation au marché unique". Invité à réagir, Michel Barnier a refusé de "rentrer dans ce jeu".

- Trois points de divergence -

Il s'est concentrĂ© sur les trois points de divergence apparus pendant la semaine. Le premier concerne le droit des citoyens europĂ©ens. Si Londres reconnaĂźt le principe de la libre circulation des personnes pendant la pĂ©riode de transition, il ne souhaite pas accorder les mĂȘmes droits aux citoyens arrivĂ©s pendant cette pĂ©riode une fois que celle-ci aura expirĂ©, et Ă  ceux arrivĂ©s avant le Brexit.

En outre, le gouvernement britannique veut continuer de pouvoir s'opposer à de nouvelles rÚgles votées pendant la période transitoire si elles ne lui conviennent pas. Enfin, en matiÚre de justice et d'affaires intérieures, il souhaite continuer de pouvoir participer à certains dossiers de l'UE, a rapporté Michel Barnier. "Franchement je suis surpris par ces désaccords, les positions de l'Union européenne sont trÚs logiques", a insisté le négociateur en chef, pour qui le Royaume-Uni doit accepter "les conséquences inéluctables" de son départ.

L'UE revendique quant à elle la protection de "l'intégrité" de son marché unique pendant la période de transition, au cours de laquelle le Royaume-Uni continuera de participer au marché commun et à l'union douaniÚre. "Si ces désaccords devaient persister, il y aurait un problÚme à coup sûr. J'espÚre qu'on pourra lever ces désaccords dans les prochains rounds", a toutefois assuré le négociateur en chef de l'Union.

La question délicate de l'Irlande du Nord a également été abordée pendant la semaine de discussions, l'UE et le Royaume-Uni cherchant toujours une solution pour éviter le retour d'une frontiÚre physique entre la province britannique et l'Irlande. "C'est important de dire la vérité: la décision britannique de quitter le marché unique et l'union douaniÚre rendrait les contrÎles à la frontiÚre inévitables", a souligné M. Barnier.

AFP

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