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La soeur de Kim Jong Un aux JO de Corée du Sud pour une visite historique

  • PubliĂ© le 9 fĂ©vrier 2018 Ă  14:41
  • ActualisĂ© le 9 fĂ©vrier 2018 Ă  14:45
Kim Yo Jong, soeur du dirigeant nord-corĂ©en Kim Jong Un, s'apprĂȘte Ă  prendre le train Ă  son arrivĂ©e Ă  l'aĂ©roport de SĂ©oul-Incheon le 9 fĂ©vrier 2018

La s?ur du leader nord-coréen Kim Jong Un a rejoint vendredi les athlÚtes et dirigeants de la planÚte aux jeux Olympiques d'hiver en Corée du Sud, premiÚre membre de la dynastie régnant au Nord à fouler le sol du grand rival depuis la fin de la guerre de Corée.


Kim Yo Jong voyage au sein de la dĂ©lĂ©gation de haut niveau que Pyongyang a consenti Ă  dĂ©pĂȘcher aux "Jeux de la Paix" de Pyeongchang. Cette mission est emmenĂ©e par celui qui occupe le rang de chef de l'Etat de la CorĂ©e du Nord selon le protocole, Kim Yong Nam, le plus haut dignitaire nord-corĂ©en Ă  s'ĂȘtre jamais rendu au Sud.
Peu avant la cérémonie d'ouverture, le président sud-coréen Moon Jae-in a échangé une poignée de main avec Kim Yong Nam lors d'une réception en l'honneur des dirigeants à Pyeongchang. Les deux hommes seront assis à la table d'honneur, aux cÎtés du vice-président américain Mike Pence et du Premier ministre japonais Shinzo Abe, dont les deux pays sont réguliÚrement la cible des menaces de Pyongyang.
M. Moon doit également déjeuner avec la délégation nord-coréenne samedi.
Leur Iliouchine-62 blanc, estampillé "République populaire démocratique de Corée", nom officiel du Nord, avait atterri quelques heures auparavant sur l'aéroport d'Incheon, prÚs de Séoul.
Le dernier membre de la famille de Kim Jong Un Ă  ĂȘtre venu Ă  SĂ©oul Ă©tait son grand-pĂšre, Kim Il Sung, le fondateur du rĂ©gime, quand ses forces avaient conquis la capitale en 1950.
Trois ans plus tard, le conflit s'Ă©tait arrĂȘtĂ© sur un cessez-le-feu, et non un traitĂ© de paix, ce qui fait que les deux pays sont encore techniquement en guerre et que la pĂ©ninsule reste divisĂ©e par une Zone dĂ©militarisĂ©e (DMZ), en fait une frontiĂšre hĂ©rissĂ©e de miradors.
Aujourd'hui, le Nord est la cible de multiples trains de sanctions de l'ONU pour sa course vers l'arme atomique, quand le Sud s'est relevé en quelques décennies pour devenir la 11e économie mondiale.

- Porteuse d'un message? -

VĂȘtus de manteaux noirs au col de fourrure, Kim Yong Nam et Kim Yo Jong ont Ă©tĂ© accueillis par le ministre sud-corĂ©en de l'Unification et d'autres responsables, Ă©changeant des plaisanteries sur la tempĂ©rature glaciale.
La soeur du numéro un nord-coréen avait l'air détendu quand elle s'est engouffrée, serrée de prÚs par quatre gardes du corps, dans le terminal du train à grande vitesse à destination de Pyeongchang.
Cette visite prĂ©vue sur trois jours est le couronnement d'un spectaculaire rapprochement entre les deux pays aprĂšs deux annĂ©es de tensions extrĂȘmes dues aux programmes balistique et nuclĂ©aire du Nord.
Tous les regards se portent sur Yo Jong, qui a connu une ascension fulgurante au sommet du pouvoir, jusqu'à intégrer en octobre le puissant politburo du Parti des travailleurs de Corée.
Tous les membres de la dynastie qui rĂšgne d'une main de fer sur ce pays pauvre et reclus depuis 70 ans sont rĂ©vĂ©rĂ©s comme appartenant Ă  la "LignĂ©e Paektu", du nom de la plus haute montagne du pays, censĂ©e ĂȘtre le lieu de naissance du dĂ©funt leader Kim Jong Il.
Nombre d'experts avancent que Yo Jong pourrait ĂȘtre porteuse d'un message personnel de son frĂšre au prĂ©sident Moon.

- Défilé militaire -

Les tensions dans la péninsule ont atteint en 2016 et 2017 des sommets.
D'une part parce que le Nord a menĂ© trois essais nuclĂ©aires -dont le dernier, son plus puissant, en septembre- et des dizaines de tirs de missiles, affirmant ĂȘtre en mesure d'envoyer une bombe atomique sur le territoire continental amĂ©ricain.
De l'autre car M. Kim et le président américain Donald Trump se sont lancés dans une surenchÚre d'insultes personnelles et de menaces apocalyptiques.
Mais aprÚs avoir ignoré pendant des mois les invitations de Séoul à prendre part aux jeux, le leader nord-coréen a surpris son monde le 1er janvier en évoquant une participation.
Cette annonce a déclenché un processus diplomatique intense, jusqu'à la venue historique de cette délégation, ainsi qu'à l'envoi au Sud de 22 athlÚtes, auxquels s'ajoutent des centaines de pom-pom girls et d'artistes nord-coréens.
L'Orchestre national du Nord a d'ailleurs donnĂ© jeudi soir au Sud le premier des deux concerts prĂ©vus lors de cette trĂȘve olympique.
Mais le jour mĂȘme, Pyongyang dĂ©ployait ses ICBM gĂ©ants lors d'un dĂ©filĂ© militaire monstre place Kim Il Sung. Au Sud, l'embellie diplomatique dĂ©plaĂźt aux opposants qui accusent le prĂ©sident Moon de faire trop de concessions et le Nord de prendre les JO en "otage".
Le vice-prĂ©sident Pence, qui n'a pas exclu de rencontrer les Nord-CorĂ©ens, a qualifiĂ© le Nord de "rĂ©gime le plus tyrannique de la planĂšte", en rencontrant des transfuges au mĂ©morial de Cheonan. Cette corvette avait Ă©tĂ© torpillĂ©e en 2010 par un sous-marin nord-corĂ©en, faisant 46 morts, d'aprĂšs les conclusions d'une enquĂȘte internationale, ce que Pyongyang dĂ©ment.

Par Gohar ABBAS - © 2018 AFP

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