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La soif d'eau de coco stimule la production brésilienne

  • PubliĂ© le 15 avril 2018 Ă  09:50
  • ActualisĂ© le 15 avril 2018 Ă  13:59
Un ouvrier agricole récolte des noix de coco dans une plantation prÚs de Conde à 200 km au nord de Salvador (Brésil), le 22 mars 2018

Vantée pour ses bienfaits nutritionnels, mise à la mode par des célébrités qui s'affichent leur briquette à la main, l'eau de coco a vu sa production s'intensifier au Brésil, dopée par une consommation nationale et mondiale en hausse.


QuatriÚme producteur mondial de noix de coco, loin derriÚre l'Indonésie, les Philippines et l'Inde, le Brésil se distingue de ses concurrents asiatiques par sa production de coco verte, dont est extraite l'eau de coco. Le pays sud-américain est le premier producteur mondial de la fameuse boisson. Sur les 1,9 milliard de noix de coco cueillies en 2015 au Brésil, le double de ce qui était produit 20 ans plus tÎt selon l'Institut brésilien de géographie et de statistiques (IBGE), 70% étaient vertes.
"Il y a dix ans, les noix sÚches, qui produisent le lait et l'huile de coco, représentaient la moitié de la cueillette nationale", souligne Francisco Porto, président du Syndicat national des producteurs de coco du Brésil (Sindcoco).

- De plus en plus de cocotiers nains -

La surface occupée par les cocoteraies a peu évolué depuis 1990, passant de 210.000 hectares à 251.661 hectares aujourd'hui, selon les données de l'Embrapa, institut public de recherche agricole. Si les cocotiers géants, destinés à la production de noix sÚches, occupent encore la majorité des plantations, en particulier dans le Nord-Est du Brésil, la culture des cocotiers nains, utilisés pour les noix de coco vertes, et dont la productivité est quatre fois supérieure, a cependant gagné du terrain. Elle est développée de maniÚre intensive dans de nouvelles régions par des grands producteurs et entreprises agro-industrielles.

"La croissance de la culture de cocotiers nains s'est intensifiée il y a environ 15 ou 20 ans, en raison de la hausse de la demande d'eau de coco", explique à l'AFP Humberto Rollemberg Fontes, ingénieur agronome de l'Embrapa. Contrairement aux plantations de cocotiers géants, "ces plantations se sont développées avec un systÚme d'irrigation [...] et un contrÎle phytosanitaire adéquat", ajoute-t-il. Quelque 100.000 hectares sont aujourd'hui dédiés à la culture de cocotiers nains.

- Croissance du marché en vue -

CÎté consommateurs, le marché brésilien de l'eau de coco a été bouleversé au début des années 2000, lorsque l'industriel Luiz Otåvio PÎssas Gonçalves, fondateur de la marque Kero Coco, a commencé à commercialiser le breuvage dans des briques, une activité devenue trÚs lucrative.

La boisson, qui se buvait jusqu'alors uniquement Ă  mĂȘme le fruit, possĂ©dait une durĂ©e de conservation trĂšs limitĂ©e. En briquette, elle a commencĂ© Ă  s'Ă©loigner des plages pour atteindre les grands centres urbains du sud-est du pays, oĂč sa consommation n'a cessĂ© de croĂźtre. Selon une Ă©tude Euromonitor de 2016, le marchĂ© brĂ©silien de l'eau de coco devrait enregistrer une hausse moyenne, en volume, de 9,2% par an d'ici Ă  2020, prenant des parts de marchĂ© aux sodas, pourtant apprĂ©ciĂ©s par les BrĂ©siliens.

Face à de telles perspectives, et désireux d'améliorer leur image, certains géants des sodas et alcools n'ont pas tardé à se positionner sur ce segment. En 2009, le groupe américain PepsiCo avait déjà acquis la marque Kero Coco, leader du marché. Quant à la Brésilienne Ambev, elle a acheté la marque carioca Do Bem en 2016.

L'eau de coco brĂ©silienne peut aussi compter sur l'engouement des marchĂ©s amĂ©ricain et europĂ©en. "L'an dernier, notre eau s'est plus vendue aux États-Unis qu'au BrĂ©sil, alors qu'il y a cinq ans, les AmĂ©ricains n'en achetaient presque pas", indique Roberto Lessa, PDG d'Aurantiaca, productrice de la marque Obrigado, troisiĂšme du marchĂ© brĂ©silien.
"L'Europe devrait suivre le mĂȘme chemin. Aujourd'hui, nous vendons la moitiĂ© de notre production Ă  l'Ă©tranger. Mais d'ici Ă  2025, nous prĂ©voyons d'en vendre les trois quarts", ajoute-t-il. D'ici lĂ , le groupe aura augmentĂ© de 50% ses capacitĂ©s de production.

AFP

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