RĂ©gime et rebelles syriens sont prĂȘts Ă en dĂ©coudre, aprĂšs huit semaines de trĂȘve et les bombardements ont fait 26 morts dimanche Ă Alep (nord), mais pour le prĂ©sident amĂ©ricain il est hors de question d'envoyer des troupes au sol pour rĂ©gler la guerre.
Au moins 26 civils ont été tués dimanche dans des bombardements du régime et des rebelles dans la ville septentrionale d'Alep, meurtrie par des violences pour la troisiÚme journée consécutive.
Depuis vendredi, un total d'au moins 63 civils sont morts dans l'ancienne capitale Ă©conomique de Syrie qui vit de nouveau au rythme des raids et tirs d'obus aprĂšs une pĂ©riode de calme relatif liĂ© Ă la trĂȘve initiĂ©e par les Etats-Unis et la Russie et entrĂ©e en vigueur le 27 fĂ©vrier.
Dimanche, des obus tirés par les insurgés contre les zones gouvernementales ont causé la mort de 10 civils, dont une femme et deux enfants, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), une organisation qui dispose d'un vaste réseau de sources dans la Syrie en guerre.
Le régime du président Bachar al-Assad a répliqué par une série de raids sur les zones tenues par les rebelles qui ont entraßné la mort de 16 civils, selon l'OSDH.
Douze de ces civils ont péri dans un raid contre un marché de légumes sur le quartier de Sakhour et quatre dans d'autres quartiers rebelles, a précisé l'Observatoire.
- Ecoles fermées -
Dans les quartiers rebelles d'Alep, les hÎpitaux de campagne ont appelé à des dons du sang pour répondre à l'urgence et les écoles ont annoncé qu'elles fermaient jusqu'à nouvel ordre en raison des frappes.
Alep est coupée en deux depuis juillet 2012 entre les zones tenues par le régime à l'ouest et celles contrÎlées par les rebelles à l'est.
Pour le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, la trĂȘve "n'existe plus" aprĂšs de nombreuses violations commises tant par les rebelles que par le rĂ©gime.
Et pour les insurgés, la coupe est pleine aprÚs l'intensification des bombardements du régime sur Alep et d'autres zones opposées au président Assad qui ont fait des dizaines de morts civils.
Une coalition de groupes rebelles a ainsi annoncĂ© samedi soir que si le rĂ©gime ne cessait pas ses attaques, elle "se sentirait dĂ©gagĂ©e complĂštement de la trĂȘve".
Elle a donné 24 heures à la communauté internationale pour faire pression sur Damas avant que les rebelles ne répondent à "l'agression" du régime.
Mais pour Barack Obama, farouchement opposĂ© Ă l'implication de son armĂ©e dans ce conflit oĂč s'affrontent toutes les composantes ethniques, confessionnelles et politiques de la sociĂ©tĂ© syrienne, la solution doit ĂȘtre trouvĂ©e par la nĂ©gociation.
- Erreur -
"Ce serait une erreur" de la part des Ătats-Unis, du Royaume-Uni ou de toute alliance de pays occidentaux "d'envoyer des troupes au sol et de renverser le rĂ©gime d'Assad", a-t-il dĂ©clarĂ© lors d'une interview Ă la chaĂźne britannique BBC News.
"Mais je crois vraiment que nous pouvons faire pression, internationalement, sur toutes les parties en présence (...) pour qu'elles s'assoient à une table et tentent de négocier une transition", a-t-il dit citant la Russie et l'Iran -- principaux soutiens d'Assad-- ainsi que l'opposition modérée syrienne.
Les tractations diplomatiques sont toutefois dans l'impasse.
A GenÚve, les discussions de paix indirectes entre les parties sous l'égide de l'ONU doivent théoriquement se poursuivre jusqu'à mercredi, mais aucun progrÚs n'est à attendre puisque la principale composante de l'opposition, représentée par le Haut comité des négociations (HCN) a suspendu sa participation "formelle".
Vendredi, M. Obama s'était dit "trÚs inquiet concernant la cessation des hostilités qui s'effiloche" en Syrie. "Si la cessation (des hostilités) tombe en morceaux, nous allons essayer à nouveau de tout faire pour la remettre en vigueur", avait-il affirmé.
La Syrie est déchirée depuis 2011 par une guerre sanglante qui a fait plus de 270.000 morts et poussé plus de la moitié de la population à quitter son foyer pour fuir les combats.
Preuve de la complexitĂ© de cette guerre, aprĂšs trois jours d'affrontements Ă Qamichli, dans le nord-est de la Syrie, le rĂ©gime et des reprĂ©sentants des Kurdes de Syrie ont enterrĂ© momentanĂ©ment la hache de guerre et se sont mĂȘme engagĂ©s Ă un Ă©change de prisonniers.
Les forces kurdes ont fait état de 17 civils, 10 combattants kurdes et 31 membres des forces prorégime morts dans les combats. Elles détiennent en outre 102 soldats et miliciens prorégime.
Par Ammu KANNAMPILLY - © 2016 AFP
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