Les conservateurs d'Angela Merkel ont consolidé dimanche le statut de favorite de la chanceliÚre pour les législatives de septembre en remportant un scrutin clé dans l'Etat le plus peuplé d'Allemagne, un fief social-démocrate, selon des projections.
La défaite du Parti social-démocrate (SPD) en Rhénanie du Nord-Westphalie (ouest) est d'autant plus cuisante que le rival de Mme Merkel dans la course à la chancellerie, l'ex-président du Parlement européen Martin Schulz, est un enfant de cette ancienne région sidérurgique.
L'Union chrétienne-démocrate (CDU) que préside Mme Merkel a remporté environ 34,5% des voix, quatre points de plus que le SPD qui enregistre le pire résultat de son histoire dans cet Etat, selon les projections diffusées par les chaßnes publiques ARD et ZDF vers 16H30 GMT "Pour Angela Merkel, cette victoire (de la CDU) à l'issue d'une remontée (dans les sondages) signifie qu'elle aborde les législatives de septembre avec le vent dans le dos", analysait le magazine Der Spiegel sur son site, un électeur allemand sur cinq vivant en Rhénanie.
- Crochet au foie -
En 2012 le parti de Merkel était distancé de 13 points. "C'est un jour noir (...) le boxer SPD a pris un crochet au foie mais il tient encore debout", a réagi Ralf Stegner un des patrons des sociaux-démocrates allemands en référence à la bataille pour la chambre des députés qui s'annonce trÚs difficile. "On aborde la campagne des législatives en confiance, le vent en poupe. C'est pour cela que (l'élection) en Rhénanie du Nord-Westphalie est un succÚs énorme", a relevé à l'inverse trÚs satisfait Michael Grosse-Brömer, haut responsable de la CDU.
En votant dimanche, M. Schulz avait admis que le rĂ©sultat de cette rĂ©gionale aurait de l'effet sur ses chances d'empĂȘcher Angela Merkel, au pouvoir depuis 2005, d'obtenir un quatriĂšme mandat. "C'est un scrutin qui va influencer l'ambiance (en vue des lĂ©gislatives), il n'y a pas Ă discuter", avait-il dit. Cette dĂ©faite est la troisiĂšme de rang pour le SPD en 2017 aprĂšs celles en Sarre et au Schleswig-Holstein. Or Martin Schulz, distancĂ© dans les sondages par Mme Merkel, avait besoin d'un succĂšs pour relancer sa campagne. Les deux rivaux doivent s'exprimer lundi en premiĂšre partie de journĂ©e lors de confĂ©rences de presse sĂ©parĂ©es Ă Berlin.
- Inoxydable Merkel -
Que des mauvaises nouvelles donc pour l'ex-prĂ©sident du Parlement europĂ©en qui en dĂ©but d'annĂ©e, dans la foulĂ©e de l'annonce de sa candidature, avait pourtant connu une envolĂ©e dans les sondages, semblant mĂȘme en mesure un temps de damer le pion Ă l'inoxydable chanceliĂšre.
Par ailleurs, les libéraux FDP, alliés naturels de la CDU, ont obtenu un score régional historique d'environ 12%. Suivent les populistes de droite de l'AfD (7,5%), qui entrent ainsi dans leur 13e parlement régional sur les 16 que comptent l'Allemagne.
Ils consolident ainsi leurs chances d'entrer au parlement fédéral à l'issue des législatives malgré une baisse de popularité et des querelles internes.
Enfin, les alliés du SPD au gouvernement rhénan, les Verts, divisent leur score presque par deux à environ 6%. Le bilan du gouvernement régional dominé par le SPD était en demi-teinte, donnant bien des munitions à la CDU.
Sur le plan de la sĂ©curitĂ©, les conservateurs ont insistĂ© sur l'Ă©chec des autoritĂ©s locales Ă empĂȘcher les centaines d'agressions sexuelles commises selon la police par des migrants la nuit du nouvel an 2015-2016 Ă Cologne. On reproche aussi aux autoritĂ©s de ne pas avoir arrĂȘtĂ© Ă temps Anis Amri, l'auteur de l'attentat jihadiste de Berlin en dĂ©cembre dernier, qui Ă©tait dans le collimateur de la police de cette rĂ©gion oĂč le jeune Tunisien avait vĂ©cu.
Sur le plan économico-social, alors que M. Schulz et ses amis insistent sur dépenses pour les plus démunis, les conservateurs pointent du doigt un chÎmage de 7,5%, soit environ deux points au-dessus de la moyenne nationale et un niveau proche de ceux dans l'ex-Allemagne de l'Est, économiquement encore à la traßne.
AFP


