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L'aviation syrienne pilonne un fief rebelle en vue d'un assaut imminent

  • PubliĂ© le 19 fĂ©vrier 2018 Ă  17:55
  • ActualisĂ© le 19 fĂ©vrier 2018 Ă  18:07
Un jeune syrien cours dans une rue d'une localité dans l'enclave rebelle de la Ghouta orientale, aprÚs un bombardement du régime, le 8 février 2018

L'aviation syrienne a de nouveau frappé lundi la Ghouta orientale, au lendemain d'un renforcement des positions du régime autour de cette enclave rebelle à l'est de Damas, laissant entrevoir un assaut imminent.


L'armée syrienne cherche à reprendre le contrÎle de cette région contrÎlée par les insurgés depuis 2012, et derniÚre poche de dissidence autour de Damas.
Des avions de surveillance ont survolé la Ghouta avant de frapper plusieurs localités, selon les correspondants de l'AFP sur place.
La panique s'est rapidement propagée parmi les civils, et des passants dans les rues de Hammouriyé se sont réfugiés à l'intérieur de bùtiments.
"Le sort de la Ghouta est inconnu, nous n'avons plus que la misĂ©ricorde de Dieu et nos sous-sols oĂč nous nous cachons", a dĂ©clarĂ© Ă  l'AFP Alaa al-Dine, un habitant de cette localitĂ©.
"Nous n'avons aucune alternative", a-t-il déploré, indiquant craindre une offensive imminente du régime.
Le 5 février, le régime avait lancé une offensive aérienne d'une intensité inédite sur la Ghouta, faisant environ 250 morts parmi les civils et des centaines de blessés, en cinq jours.
Les localités de l'enclave rebelle ont par la suite été bombardées par intermittence.

- Evacuation des jihadistes? -

Des pourparlers ont eu lieu ce week-end en vue de l'évacuation du groupe jihadiste Hayat Tahrir al-Cham, qui contrÎle de petites poches de la Ghouta orientale, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
"L'effondrement des négociations marquerait le début d'une offensive", a déclaré à l'AFP Rami Abdel Rahmane, le directeur de l'OSDH.
Selon l'Observatoire, le régime a commencé à déployer des renforts militaires autour de la Ghouta depuis le 5 février.
Lundi, les frappes aériennes sur Al-Chaifouniya ont fait des blessés et causé des dégùts matériels.
La veille, les bombardements aériens, les centaines de roquettes et les tirs d'artillerie du régime sur la Ghouta ont coûté la vie à au moins 17 civils, selon l'OSDH.
"En l'espace de quelques heures, toute la Ghouta orientale a été aspergée de roquettes", indique Alaa al-Dine.
La Ghouta orientale est tenue par deux principales factions islamistes, Jaich al-Islam et Faylaq al-Rahmane, qui ont niĂ© ĂȘtre en pourparlers avec le rĂ©gime.

- Peur Ă  Damas -

Le régime cherche à reprendre le contrÎle de cette derniÚre poche de résistance pour mettre fin aux tirs, parfois meurtriers, d'obus et de roquettes des rebelles sur la capitale.
Quelque six roquettes se sont abattues sur Damas dimanche soir, selon un correspondant de l'AFP. Une personne a été tuée par ces tirs, a rapporté l'agence de presse officielle SANA.
Depuis le 5 février, plus de 20 civils ont déjà péri sous les frappes rebelles sur Damas.
Lundi, des civils à Damas se préparaient à quitter leurs habitations, notamment les habitants des quartiers les plus proches de l'enclave rebelle.
Jawad al-Obros, habite avec sa mÚre, son pÚre et sa s?ur à Qassaa, un quartier jouxtant celui de Jobar, l'un des principaux fronts entre régime et rebelles dans la capitale.
Une pluie de tirs s'est abattue autour de sa maison au cours des derniĂšres semaines.
L'homme, ùgé de 30 ans, a commencé à se renseigner sur les prix d'hÎtels à Yaafour, dans l'ouest de la capitale.
"Nous sommes fatigués, il semble qu'il n'y ait de solution que celle d'une offensive militaire finale, nous patientions depuis longtemps, il est temps que nous nous reposions", a-t-il déclaré.

2018 AFP

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