Le moment le plus attendu

Le carnaval de Rio bat son plein, place aux écoles de samba

  • PubliĂ© le 11 fĂ©vrier 2018 Ă  14:40
  • ActualisĂ© le 11 fĂ©vrier 2018 Ă  14:44
Des danseurs de samba au carnaval de Sao Paulo, au Brésil, le 11 février 2018

Les rues du BrĂ©sil sont dĂ©jĂ  en fĂȘte depuis vendredi, mais le moment le plus attendu du carnaval dĂ©bute dimanche soir, avec le dĂ©filĂ© des plus grandes Ă©coles de samba de Rio de Janeiro, dans un dĂ©luge de dĂ©cibels, de plumes et de paillettes.


"Le plus grand spectacle de la Terre", comme l'appellent les organisateurs, a lieu au sambodrome, enceinte monumentale oĂč sont attendus plus de 72.000 spectateurs. Pendant toute la nuit de dimanche Ă  lundi, sept des treize Ă©coles du "groupe spĂ©cial", la crĂšme de la crĂšme de la samba, vont se succĂ©der avec leurs chars immenses, leurs costumes extravagants et leurs percussions assourdissantes. Les six autres dĂ©fileront dans la nuit de lundi Ă  mardi.

Ce défilé est non seulement un grand show haut en couleurs, mais aussi une ùpre compétition: chaque école est notée sur des critÚres trÚs précis, comme la qualité de la musique, des chars ou la pertinence du thÚme choisi. Le travail d'une année entiÚre est jugé en un peu plus d'une heure de défilé.
L'an dernier, le carnaval de Rio a sacré deux écoles, qui ont terminé championnes ex-aequo et tenteront de défendre leur titre. Mocidade va défiler en dernier dimanche et Portela sera la deuxiÚme à se présenter lundi.

Comme au football, il y a plusieurs divisions: ceux qui aspirent à intégrer l'élite ouvrent le bal vendredi et samedi, mais les principaux défilés ont lieu lors des deux soirées suivantes. Exceptionnellement, le "groupe spécial" compte 13 écoles cette année, contre 12 habituellement, aucune d'entre elle n'ayant été reléguée à la division inférieure en raison de deux graves accidents avec les chars qui ont gùché l'édition 2017, causant la mort d'une journaliste et faisant de nombreux blessés.

Les normes de sécurité ont été renforcée pour cette édition et les conducteurs de chars vont subir pour la premiÚre fois des éthylotests avant les défilés.

- Voyages en Inde et en Chine -

Les écoles ont dû d'autant plus rivaliser de créativité que leur subventions municipales ont été divisées par deux. Le maire de Rio, Marcelo Crivella, a justifié sa décision en mettant en avant le gouffre des comptes publics d'une ville plongée dans la crise, mais ses détracteurs rappellent que le carnaval permet d'injecter plus d'un milliard de dollars dans l'économie grùce à l'afflux d'1,5 million de touristes.

Ancien pasteur Ă©vangĂ©lique, l'Ă©dile est accusĂ© de vouloir gĂącher la fĂȘte de tous les excĂšs Ă  cause de ses convictions religieuses. Vendredi, il a tentĂ© de redorer son image, admettant mĂȘme que les festivitĂ©s pouvaient "redonner de l'optimisme" Ă  une ville Ă©prouvĂ©e par la violence et une grave crise financiĂšre.

Mangueira, l'avant-derniĂšre Ă©cole Ă  dĂ©filer dans la nuit de dimanche Ă  lundi, lui a tout de mĂȘme rĂ©servĂ© des piques bien ajustĂ©es, avec une chanson qui comprend des vers comme "le pĂ©chĂ©, c'est de ne pas s'amuser au carnaval". Imperio Serrano, la premiĂšre Ă  entrer Ă  scĂšne, a choisi pour sa part un thĂšme assez exotique, sur les mystĂšres de la Chine.

Pour boucler la boucle, la derniĂšre Ă©cole de la nuit ira aussi en Asie, du cĂŽtĂ© de l'Inde. Au-delĂ  du sambodrome, des millions de fĂȘtards continuent Ă  dĂ©filer dĂ©guisĂ©s dans les "blocos", cortĂšges qui attirent les foules dans les rues de Rio notamment. Samedi, plus d'un million de personnes ont envahi le centre-ville pour le dĂ©filĂ© du "Bola Preta" (boule noire), le plus traditionnel de Rio, qui fĂȘtait ses cent ans.

"Dans les 'blocos', tout le monde se retrouve dans la rue, sans Ă©litisme", a dit Ă  l'AFP Janete Pimenta, qui a dĂ©filĂ© au "Bola Preta" coiffĂ©e d'une cornette de religieuse, en short noir et bas rĂ©sille. Le carnaval de rue rassemble aussi des millions de personnes dans d'autres villes du BrĂ©sil, notamment dans le nord-est, Ă  Salvador de Bahia et Recife, oĂč la fĂȘte prend des accents particuliers, teintĂ©s de folklore rĂ©gional.

À Salvador, une des reine du carnaval n'a pas pu participer Ă  la fĂȘte: Ivete Sangalo, chanteuse emblĂ©matique de Bahia, a accouchĂ© de jumelles samedi, Ă  45 ans.

AFP

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