Avec effet immédiat

Le CIO suspend le comité olympique russe

  • PubliĂ© le 12 octobre 2023 Ă  20:36
  • ActualisĂ© le 12 octobre 2023 Ă  20:58
Le porte-parole du CIO Mark Adams en conférence de presse à Bombay, le 12 octobre 2023.

Un an et demi aprÚs le début de la guerre en Ukraine, le CIO a suspendu jeudi le comité national olympique russe pour avoir placé sous son autorité plusieurs organisations sportives de régions ukrainiennes occupées.

Cette nouvelle sanction, prise "avec effet immédiat" par la commission exécutive de l'instance, s'ajoute à l'interdiction de toute compétition internationale sur le sol russe ainsi qu'au Belarus allié, et de tous les symboles officiels des deux pays sur les terrains et les podiums mondiaux depuis l'invasion de l'Ukraine en février 2022.

Elle n'a en revanche pas de conséquences sur l'éventuelle présence d'athlÚtes russes et bélarusses sous banniÚre neutre aux JO-2024 de Paris comme aux JO-2026 de Milan-Cortina, qui sera décidée par le CIO "au moment approprié" et "plus prÚs des Jeux", a précisé à la presse Mark Adams, le porte-parole de l'organisation olympique.

Le CIO a repoussé à vendredi l'annonce du programme sportif des JO-2028 de Los Angeles", pour réagir à "la décision unilatérale" prise le 5 octobre par le CNO russe d'inclure parmi ses membres les organisations sportives des régions de Donetsk, Kherson, Lougansk et Zaporizhzhia, situées dans l'est de l'Ukraine occupé par l'armée russe.

- Une décision "politique" -

Pour l'organisation basée à Lausanne, réunie jusqu'à mardi prochain à Bombay pour sa 141e session, il s'agit d'une "violation" par les autorités sportives russes de "l'intégrité territoriale" du comité olympique ukrainien, donc de la Charte olympique.

Furieux, le CNO russe a aussitÎt dénoncé sur Telegram une "nouvelle décision contre-productive et clairement à motif politique" de l'instance olympique, qu'il accuse depuis le début du conflit de s'affranchir de sa neutralité de principe.

De son cĂŽtĂ©, la prĂ©sidence ukrainienne a saluĂ© une "dĂ©cision importante". "Le sport ne peut pas ĂȘtre sĂ©parĂ© de la politique quand un pays terroriste commet un gĂ©nocide contre l'Ukraine et utilise les sportifs comme propagande", a dĂ©clarĂ© son chef, AndriĂŻ Iermak.

Le CIO, qui n'a pas commenté plus avant sa décision, tente depuis l'invasion de l'Ukraine de trouver un équilibre entre sanctions contre les autorités russes directement responsables du conflit, soutien financier à la communauté sportive ukrainienne, et "mesures protectrices" envers les sportifs russes.

Fin fĂ©vrier 2022, qualifiant l'offensive de violation de la trĂȘve olympique liĂ©e aux JO-2022 de PĂ©kin, il avait ainsi recommandĂ© aux fĂ©dĂ©rations olympiques d'interdire les compĂ©titions en Russie comme au BĂ©larus, ainsi que l'hymne, le drapeau et les Ă©quipements officiels des deux pays.

- Suspense entier pour les JO -

Mais sa position a variĂ© concernant la participation des sportifs russes et bĂ©larusses aux mĂȘmes compĂ©titions internationales, une question dĂ©licate tant elle oppose principe de "non-discrimination" des athlĂštes et crainte de boycotts en cascade d'adversaires ulcĂ©rĂ©s par leur prĂ©sence.

Pendant plus d'un an, le CIO a donc prÎné la mise au ban des sportifs des deux pays, pour protéger leur propre intégrité comme celle des compétitions, avant de faire volte-face fin mars dernier en recommandant leur réintégration sous banniÚre neutre, à titre individuel, et pour peu qu'ils n'aient pas "activement soutenu la guerre en Ukraine".

La plupart des fédérations internationales ont progressivement suivi le mouvement, chacune selon son propre calendrier, à la notable exception de la Fédération internationale d'athlétisme, l'un des principaux sports olympiques.

Depuis mars, l'organisation olympique dissocie cependant la réintégration dans le sport mondial de la présence russe et bélarusse aux Jeux de Paris et de Milan, tant la scÚne olympique suscite une attention mondiale qui la rend politiquement plus exposée.

Et sur ce point, l'exclusion du comité national russe jeudi laisse le suspense entier: le CIO tranchera "ultérieurement" et à la date qui lui conviendra, a répété jeudi Mark Adams.

AFP

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