Peyo court aprĂšs le bourdonnement du microdrone vers une zone oĂč pourraient se trouver des explosifs. Couramment utilisĂ© pour la reconnaissance ou les frappes, le drone a trouvĂ© une nouvelle application dans l'armĂ©e française: le guidage des chiens.
Cette technique innovante, envisagée depuis 2018 et les retours d'expérience d'Irak ou du Mali, a l'avantage pour le maßtre-chien et les autres militaires de leur permettre de rester à l'abri.
"La capacité du guidage par drone ne vise pas seulement à ce que le chien suive le drone, mais à le guider à travers un cheminement particulier pour qu'il puisse effectuer son travail de recherche et de fouille en sécurité pour les opérateurs", explique son "binÎme", le sergent-chef Dorian du commando parachutiste de l'Air 20 (CPA 20), tenu de taire son nom.
Peyo, un berger belge malinois de sept ans et demi, est le premier chien à avoir été formé au guidage par drone, selon un protocole d'entraßnement tenu secret car susceptible de donner des informations sur les techniques d'intervention, ajoute-t-il.
Le militaire "n'a pas connaissance" de technique similaire développée dans une armée étrangÚre.
Le guidage par drone permet au chien d'intervenir jusqu'Ă 300 mĂštres de son maĂźtre, alors que le chien intervenait jusqu'alors "toujours en visuel" de son maĂźtre.
En opération, outre ses chaussons, masque et casque de protection, le chien est équipé d'une radio pour pouvoir "entendre la voix" et suivre les ordres de Dorian.
- "Pour lui, c'est un jeu" -
Cette capacité s'ajoute à sa "double spécialité" de chien d'attaque pour neutraliser un individu, et de détection d'explosifs.
Lors d'une dĂ©monstration devant la presse sur la base aĂ©rienne de VĂ©lizy-Villacoublay, prĂšs de Paris, le chien aboie d'excitation au son du bourdonnement qu'il s'apprĂȘte Ă suivre.
"Pour lui, c'est un jeu", opine le maßtre-chien, "le plus dur c'est de gérer ses émotions" et de rester concentré sur la mission à accomplir.
"Peyo, c'est un précurseur", affirme-t-il, mais "on essaie d'amener cette capacité à tous nos chiens".
Plusieurs de la quarantaine de chiens du CPA 20 ont déjà été formés avec l'objectif que trois-quarts d'entre eux obtiennent la qualification.
"On n'a pas éprouvé de difficulté à amener cette capacité à nos chiens", observe un autre maßtre-chien du CPA 20.
Car il faut assurer la relĂšve. RecrutĂ© Ă 10 mois, Peyo s'apprĂȘte Ă "prendre sa retraite dans quelques mois", toujours au cĂŽtĂ© de son maĂźtre, avec, plaisante-t-il, une nouvelle spĂ©cialitĂ© de "chien-canapĂ©".
AFP
