Une "menace croissante" au coeur des discussions

le G7 promet d'en faire plus contre les cyberattaques

  • PubliĂ© le 13 mai 2017 Ă  18:32
Les ministres des Finances du G7 réunis à Bari en Italie, le 13 mai 2017

Les ministres des Finances du G7 ont promis samedi Ă  Bari, dans le sud-est de l'Italie, de renforcer la cybersĂ©curitĂ© au moment oĂč elle est battue en brĂšche, aprĂšs une rĂ©union qui a aussi permis de briser un peu la glace avec les Etats-Unis.

La discussion des ministres et des gouverneurs des banques centrales du G7 est intervenue samedi, prĂ©cisĂ©ment au moment oĂč une partie de la planĂšte Ă©tait victime d'une sĂ©rie de cyberattaques, qui ont sĂ©rieusement perturbĂ© les hĂŽpitaux britanniques ou paralysĂ© des usines automobiles du groupe Renault en France.

Ces attaques sont un "rappel de l'importance de la cybersĂ©curitĂ© et de la nĂ©cessitĂ© de se concentrer sur ce problĂšme", a indiquĂ© samedi devant la presse le secrĂ©taire amĂ©ricain au TrĂ©sor, Steven Mnuchin. Son homologue italien, Pier Carlo Padoan, hĂŽte de cette rĂ©union, s'est mĂȘme autorisĂ© Ă  plaisanter en affirmant s'ĂȘtre concertĂ© avec les auteurs de ces attaques pour prouver l'importance du sujet Ă  l'agenda de ce G7.

Plus sérieusement, le gouverneur de la Banque d'Italie, Ignazio Visco, a assuré de son cÎté qu'elles n'avaient pas affecté le sytÚme financier international. Dans une déclaration commune, les pays du G7 (Etats-Unis, Japon, Allemagne, France, Grande-Bretagne, Italie et Canada) ont affirmé reconnaßtre la "menace croissante" que représente la cybercrimainalité pour leurs économies et promis de trouver des réponses.

Le sujet sera notamment évoqué dans deux semaines à Taormina, en Sicile, à l'occasion d'un sommet des chefs d'Etat et de gouvernement du G7, a promis M. Padoan. Il s'agit en attendant de demander aux experts de procéder à une évaluation précise des capacités en matiÚre de sécurité informatique, pour mieux préparer la riposte, a indiqué de son cÎté le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau.

Les grands argentiers du G7 ont aussi promis d'en faire plus pour lutter contre le financement du terrorisme, l'évasion ou l'optimisation fiscale.
Et sur ces sujets, toutes les délégations ont été "trÚs fermement unis", y compris celle des Etats-Unis, a assuré le ministre français des Finances Michel Sapin.

- "Langage commun" -

Sur ces thÚmes, "nous avons un langage commun", a renchéri le commissaire européen Pierre Moscovici, soulignant que la relation avec les Etats-Unis était désormais "moins tendue" que lors de la réunion des ministres des Finances du G20 en Allemagne en mars. Avec M. Mnuchin, "nos relations s'améliorent à chaque nouvelle rencontre", a assuré M. Padoan, lors de la conférence de presse finale.

Reste un "grand point d'interrogation" sur les orientations économiques de l'administration américaine présidé par Donald Trump, a toutefois indiqué M. Sapin. Deux sujets, pourtant réguliÚrement évoqués au G7, n'ont cette fois pas été abordés: le commerce international et le climat.

Sur ces sujets, "nous n'avons pas bougĂ©", a dĂ©plorĂ© le ministre français qui participait Ă  son dernier G7 aprĂšs la dĂ©mission du gouvernement français cette semaine. Le secrĂ©taire amĂ©ricain au TrĂ©sor, qui lui Ă©tait conviĂ© Ă  son premier G7, s'est en revanche fĂ©licitĂ© du climat de cette rĂ©union. "Je ne pourrais pas ĂȘtre plus heureux aprĂšs ces deux jours", a-t-il assurĂ© devant la presse.

Les partenaires des Etats-Unis au G7 sont maintenant "plus Ă  l'aise" vis-Ă -vis des objectifs Ă©conomiques de l'administration amĂ©ricaine, a-t-il assurĂ© devant la presse. "Nous ne voulons pas ĂȘtre protectionnistes mais nous nous rĂ©servons le droit de l'ĂȘtre. Nous pensons que le commerce (international) n'est pas Ă©quilibrĂ©", a encore expliquĂ© le secrĂ©taire amĂ©ricain. De ce point de vue, la rĂ©cente conclusion d'un accord commercial entre la Chine et les Etats-Unis a Ă©tĂ© vue comme un "signe encourageant", selon M. Padoan.

Le G7 de Bari a aussi permis une discussion sur la GrĂšce, avant une rĂ©union des ministres des Finances de la zone euro le 22 mai, qui doit dĂ©cider du versement d'une nouvelle tranche d'aide financiĂšre Ă  AthĂšnes. La volontĂ© gĂ©nĂ©rale manifestĂ©e Ă  Bari, y compris par l'Allemagne, est "de parvenir Ă  un accord", a assurĂ© samedi sur ce point M. Moscovici. Le ministre allemand des Finances, Wolfgang SchaĂŒble est "trĂšs dĂ©sireux qu'on parvienne Ă  un accord le 22 mai. Il comprend les efforts faits par la partie grecque, et il a aussi envie que l'on passe sur ce thĂšme un Ă©tĂ© serein", a-t-il assurĂ©.

AFP

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