Le gouvernement a cherchĂ© vendredi Ă rassurer les agriculteurs en difficultĂ© en prĂ©cisant les modalitĂ©s des prĂȘts auxquels ils pourront prĂ©tendre avant un nouveau cycle de mobilisation du secteur qui dĂ©butera lundi.
"Je ferai tout ce que je pourrai" et "toutes les promesses faites aux agriculteurs qui ont manifesté en début d'année seront respectées", a assuré le Premier ministre Michel Barnier sur le réseau de radios locales France Bleu, en marge des Assises des départements à Angers.
Le chef du gouvernement a redit son opposition à l'accord commercial entre l'Union européenne et les pays latino-américains du Mercosur, alors qu'Emmanuel Macron entend plaider à partir de samedi en Amérique latine contre la possible signature prochaine de cet accord de libre-échange controversé et particuliÚrement redouté par les agriculteurs français.
Le ministĂšre de l'Agriculture a de son cĂŽtĂ© prĂ©cisĂ© les modalitĂ©s des prĂȘts bonifiĂ©s, une demande pressante des organisations syndicales qui ont saluĂ© ces mesures tout en exigeant leur mise en place "urgente".
Deux dispositifs seront mis en place sous forme de prĂȘts distribuĂ©s par les banques souhaitant participer, indique le ministĂšre de l'Agriculture dans un communiquĂ© alors que le monde agricole s'apprĂȘte Ă lancer une vaste mobilisation au nom de sa survie.
Des annonces "qui vont incontestablement dans le bon sens", a réagi l'alliance syndicale majoritaire FNSEA-Jeunes Agriculteurs dans un communiqué.
- "Urgence" -
Selon le ministĂšre, un premier dispositif est pensĂ© pour faire face aux difficultĂ©s conjoncturelles (alĂ©as climatiques ou sanitaires), sous forme de prĂȘts de moyen terme plafonnĂ©s Ă 50.000 euros par exploitation. Seront Ă©ligibles les agriculteurs ayant perdu au moins 20% de leur chiffre d'affaires en 2024 par rapport Ă leur moyenne historique de rĂ©fĂ©rence.
"GrĂące Ă un effort partagĂ© entre la banque prĂȘteuse et l'Etat", le coĂ»t de ce prĂȘt atteindra des taux d'intĂ©rĂȘt maximum de 1,75% pour un prĂȘt de 24 mois et 2,35% pour un prĂȘt de 36 mois, est-il prĂ©cisĂ©. Une bonification supplĂ©mentaire sera octroyĂ©e aux jeunes installĂ©s depuis moins de cinq ans.
Le ministĂšre affirme que ces prĂȘts seront mis Ă disposition "dans les plus brefs dĂ©lais", aprĂšs un appel Ă manifestation d'intĂ©rĂȘt auprĂšs des banques.
Une second dispositif concernera les difficultĂ©s "plus structurelles du fait, par exemple, de l'impact du changement climatique". Elle prendra la forme de "prĂȘts de consolidation Ă long terme (maximum 12 ans)", octroyĂ©s par les Ă©tablissements bancaires et adossĂ©s Ă une garantie publique dĂ©ployĂ©e par Bpifrance.
Le montant de ce prĂȘt sera plafonnĂ© Ă 200.000 euros. Le dispositif de garantie sera opĂ©rationnel dĂ©but 2025. Y seront Ă©ligibles les agriculteurs dont le taux d'endettement global est supĂ©rieur Ă 50%.
"Grùce à cet effort exceptionnel de l'Etat et des banques, les agriculteurs les plus en difficulté pourront surmonter des situations financiÚres qui, sans cela, auraient pu se révéler dramatiques", a commenté la ministre Annie Genevard, qui a réuni vendredi les principaux établissements bancaires.
Le communiqué gouvernemental ne précise pas le coût de ces opérations pour les finances publiques.
Jeunes Agriculteurs et la FNSEA "demandent au gouvernement que ces mesures soient mises en place de maniĂšre urgente au niveau local" et "continuent de porter la demande dâun accompagnement spĂ©cifique via le FAC" (fonds dâallĂšgement des charges) pour Ă©valuer les situations les plus complexes et les accompagner de maniĂšre plus appuyĂ©e.
Moins d'un an aprÚs un mouvement inédit de colÚre dans les campagnes, qui avait abouti en janvier à des blocages de sections d'autoroutes dans le pays, les principaux syndicats agricoles appellent leurs troupes à manifester à nouveau.
Percutés par les mauvaises récoltes et les maladies animales émergentes, ils estiment n'avoir toujours pas récolté les fruits de la mobilisation de l'hiver dernier: la concrétisation des 70 engagements alors pris par le gouvernement Attal a été ralentie par la dissolution de l'Assemblée nationale.
Et ils jugent les normes toujours aussi complexes, et les revenus insuffisants.
AFP

