Universités

le mouvement de protestation se poursuit sans s'étendre

  • PubliĂ© le 17 avril 2018 Ă  19:23
  • ActualisĂ© le 17 avril 2018 Ă  20:10
Rassemblement d'étudiants opposés à la loi réformant l'accÚs à l'université, sur le site de l'université Panthéon-Sorbonne à Tolbiac (Paris), le 12 avril

Blocage reconduit à Nanterre, nouvelle demande d'intervention des forces de l'ordre à Tolbiac, confusion sur le campus de Paul-Valéry à Montpellier... Le mouvement de protestation dans les facultés se poursuivait mardi, sans toutefois s'étendre.


A la mi-journĂ©e, quatre universitĂ©s Ă©taient toujours bloquĂ©es et entre 10 et 12 sites perturbĂ©s par des Ă©tudiants opposĂ©s Ă  la loi rĂ©formant l'accĂšs Ă  l'universitĂ©, selon le ministĂšre de l'Enseignement supĂ©rieur. Comme la veille. "La violence, la drogue, le sexe mĂȘme": le prĂ©sident de l'universitĂ© parisienne PanthĂ©on-Sorbonne, Georges Haddad, a voulu marquer les esprits en dĂ©crivant sur Cnews le site de Tolbiac aux mains de bloqueurs ayant transformĂ© les lieux, selon lui, en "capharnaĂŒm".

Le site, occupé depuis le 26 mars par des étudiants et militants, est devenu l'un des lieux emblématiques de la mobilisation contre la loi modifiant l'accÚs à la fac.
Qualifiant la situation de "prĂ©insurrectionnelle" et craignant "le pire", le prĂ©sident a affirmĂ© "attendre dĂ©sespĂ©rĂ©ment que le centre soit Ă©vacuĂ©" par les forces de l'ordre: "Vais-je ĂȘtre obligĂ© de faire directement appel au ministĂšre de l'IntĂ©rieur?"

Le 11 avril, il avait demandé l'intervention de la police pour faire lever le blocage, notamment aprÚs la découverte de cocktails Molotov à Tolbiac. Mais la police a pour l'heure exclu une opération aussi sensible dans cette tour de 22 étages.

Lundi, le syndicat étudiant UNI, classé à droite, a annoncé le dépÎt d'un nouveau recours visant la préfecture de police. Une audience a été fixée devant le tribunal administratif mercredi matin.

Le président de l'université de Rennes 2 n'a de son cÎté pas exclu mardi le recours à la force publique, au lendemain d'un vote qui a reconduit le blocage jusqu'au 30 avril.

"Sur le volet politique, j'ai déjà pris contact à plusieurs reprises avec le ministre (...) mais, sur le volet de la sécurité, je suis inquiet de l'évolution des conditions dans les bùtiments occupés, et si l'intervention policiÚre est la seule possible, je serai obligé d'y recourir", a déclaré Olivier David à l'AFP.

- Examens reportés -

A Nanterre, autre fac emblĂ©matique de la contestation d'oĂč Ă©tait parti le mouvement Ă©tudiant en mai 1968, une assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale rĂ©unissant entre 1.600 et 1.700 personnes a votĂ© massivement pour une reconduction du blocage jusqu'Ă  jeudi, malgrĂ© la tenue de partiels.
Les examens organisĂ©s mercredi et jeudi devraient donc ĂȘtre reportĂ©s, selon la direction de l'universitĂ©. Ceux de lundi et mardi ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© dĂ©calĂ©s Ă  une date non fixĂ©e pour le moment.

"Vous muselez des centaines d'étudiants", a dénoncé en AG Charlotte, étudiante en droit. "Vous vous mettez à dos des personnes qui partagent votre opinion", a renchéri une autre, suscitant des applaudissements nourris.

A Montpellier, la plus grande confusion rĂ©gnait sur le campus de l'universitĂ© Paul-ValĂ©ry, "fermĂ©e" depuis samedi par son prĂ©sident Patrick Gilli mais toujours "occupĂ©e" par des Ă©tudiants. Dans la matinĂ©e, le tribunal administratif a examinĂ© la requĂȘte de la prĂ©sidence qui demande en rĂ©fĂ©rĂ© l'expulsion des occupants "sans droit ni titre" alors que le prĂ©fet de l'HĂ©rault a assurĂ© lundi qu'une intervention policiĂšre "se rapproche". Le tribunal doit notifier sa dĂ©cision au plus tard mercredi.
"Le réoccupation légale est nécessaire pour assurer la continuité du service public" pour les 20.000 étudiants qui y sont inscrits, a plaidé une représentante de la direction. La présidence a par ailleurs chiffré à 200.000 euros les dégradations commises dans les locaux de la faculté.

Dans les Bouches-du-RhÎne, un groupe d'étudiants a tenté de bloquer la faculté de lettre d'Aix-en-Provence à l'aube, sans succÚs. Lors d'une assemblée générale à la faculté de Sciences Saint-Charles à Marseille, les enseignants ont voté à la majorité une motion de soutien aux étudiants mobilisés.

Autre ambiance Ă  Lille, sur le campus de la facultĂ© de droit de Moulins, oĂč quelque 300 Ă©tudiants ont assistĂ© Ă  une cĂ©rĂ©monie de remise de diplĂŽmes "d'agitateurs professionnels": une reprĂ©sentation théùtrale visant Ă  dĂ©noncer ironiquement les propos d'Emmanuel Macron sur les blocages des universitĂ©s.
"On reste prudents, mais pas alarmistes", a affirmé François Germinet, de la Conférence des présidents d'université (CPU, pro-réforme), interrogé par l'AFP. Selon lui, les premiÚres réponses aux v?ux des candidats sur la plateforme Parcoursup, à partir du 22 mai, permettront de "dédramatiser" la situation.
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AFP

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