Petite boule de poils noire et blanche et star d'internet, Bei Bei, le dernier nĂ© des pandas gĂ©ants du zoo de Washington, a dĂ©jĂ connu les honneurs de deux PremiĂšres dames et s'apprĂȘte dĂ©sormais Ă voir dĂ©filer des milliers de fans impatients.
Depuis son enclos de la capitale amĂ©ricaine, oĂč il est nĂ© le 22 aoĂ»t, le plantigrade d'Ă peine 8 kilos ne connaĂźt pour l'instant que le lait maternel et les caresses des soigneurs.
Mais à partir du 16 janvier, une déferlante d'admirateurs qui l'ont vu ouvrir les yeux et faire ses premiers pas en direct sur la "Panda Cam", vont se presser derriÚre la vitre de sa cage insonorisée.
Pour préparer le fragile animal à cette popularité, les soigneurs du zoo, ont choisi de l'habituer progressivement.
"Nous faisons venir de petits groupes" en amont, comme les employés du zoo ou des dizaines de journalistes conviés mercredi aux "débuts médiatiques" de Bei Bei, explique le soigneur Juan Rodriguez.
Cet ancien volontaire aux épaules carrés cajole le panda comme un petit enfant. "Je suis trÚs trÚs précautionneux, vous savez c'est une espÚce en voie de disparition", souligne-t-il en souriant.
Comparé à sa soeur aßnée Bao Bao, née en 2013, Bei Bei est "trÚs bavard, un peu exigeant parfois", constate Juan Rodriguez. "Ils ont assurément des personnalités différentes".
- Les pandas du président Nixon -
Si l'engouement pour Bei Bei est alimenté par sa présence en ligne -une caméra le filme en permanence, permettant aux internautes de commenter le moindre de ses faits et gestes- il s'appuie aussi sur le prestige de ses célÚbres prédécesseurs.
"La ville de Washington est vraiment associĂ©e aux pandas gĂ©ants car dans les annĂ©es 1970 le prĂ©sident Richard Nixon s'Ă©tait rendu en Chine et avait reçu en cadeau deux pandas, Ă une Ă©poque oĂč il n'y avait aucun de ces animaux aux Etats-Unis", raconte Brandie Smith, adjointe au directeur du zoo, dont l'entrĂ©e est entiĂšrement gratuite.
Depuis, une véritable "diplomatie du panda" s'est mise en place, et l'épouse du président chinois, Peng Liyuan, est venue en personne dévoiler le nom du petit panda en marge d'une visite d'Etat fin septembre: Bei Bei signifie "précieux" en mandarin.
AccompagnĂ©e de Michelle Obama pour cette cĂ©rĂ©monie, elle a "expliquĂ© que c'Ă©tait la premiĂšre fois qu'elle avait l'opportunitĂ© de voir un bĂ©bĂ© panda d'aussi prĂȘt", se rĂ©jouit Mme Smith.
Comme sa soeur Bao Bao, et leur aĂźnĂ© Tai Shan, Bei Bei sera remis Ă la Chine quand il aurait quatre ans. Les parents Mei Xian et Tian Tian resteront eux Ă Washington au moins jusqu'en 2020 en vertu de l'accord de prĂȘt rĂ©cemment renouvelĂ© et facturĂ© 500.000 dollars par an.
- Le mĂąle "pas suffisamment expert" -
La naissance des trois mammifĂšres a donnĂ© lieu Ă un vĂ©ritable feuilleton, de mĂȘme que les dĂ©cĂšs tragiques d'autres petits, dont le jumeau de Bei Bei qui a succombĂ© quelques jours aprĂšs sa naissance.
La reproduction des pandas géants est un enjeu majeur pour l'espÚce, dont moins de 2.000 spécimens subsistent en liberté selon le World Wildlife Fund.
Dans le cas de Bei Bei, les soigneurs ont eu recours à l'insémination artificielle, un processus délicat puisque "la période de fécondation chez la femelle n'arrive qu'une fois par an pendant une période de deux jours maximum", a expliqué le vétérinaire en charge de ce travail, Pierre Comizzoli.
D'autres zoos, comme celui de San Diego, en Californie, sont parvenus à faire s'accoupler naturellement ces animaux particuliÚrement frigides en captivité, poursuit le scientifique. Mais à Washington "notre mùle n'est pas suffisamment expert pour pouvoir féconder la femelle", constate-t-il.
Pour autant, "au niveau production, productivité, on ne peut pas faire mieux" avec deux naissances en trois ans et potentiellement de futurs bébés pour Mei Xian, qui a épaté les soigneurs avec ses qualités maternelles.
Les longues files d'attente qui s'annoncent réjouissent Juan Rodriguez. "Nous sauvons des espÚces, c'est notre mission", insiste-t-il. "Mais nous faisons aussi de la sensibilisation et c'est une trÚs bonne opportunité pour interagir avec le public et lui expliquer ce qu'il peut faire pour aider ces espÚces".
Par Fanny ANDRE - © 2015 AFP
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