Il vole d'exploit en exploit: deux jours aprÚs sa fabuleuse victoire sur la mass start, Martin Fourcade a écrit une nouvelle page de sa légende en devenant l'athlÚte français le plus titré dans l'Histoire des Jeux avec une 5e médaille d'or décrochée avec le relais mixte tricolore, mardi à Pyeongchang.
Ce succĂšs acquis en compagnie de Marie Dorin, AnaĂŻs Bescond et Simon Desthieux, le roi du biathlon y tenait particuliĂšrement. Au-delĂ de la statistique, qui lui permet dĂ©sormais d'ĂȘtre seul sur l'Olympe du sport national, le PyrĂ©nĂ©en de 29 ans n'avait jusqu'ici jamais connu l'ivresse d'un podium avec les Bleus en trois participations aux JO. L'anomalie a Ă©tĂ© rĂ©parĂ©e et de maniĂšre Ă©clatante.
On attendait du porte-drapeau de la dĂ©lĂ©gation française qu'il donne l'exemple et soit la star de ces Jeux. Fourcade aura Ă©tĂ© exact au rendez-vous avec trois succĂšs, effaçant pour de bon des tablettes les escrimeurs Christian D'Oriola et Lucien Gaudin et leurs quatre titres olympiques. Il devient Ă©galement le deuxiĂšme Tricolore Ă s'emparer de trois mĂ©dailles d'or lors d'une mĂȘme Ă©dition, 50 ans aprĂšs Jean-Claude Killy. Une performance qui ne sera pas battue de sitĂŽt.
Avec une derniÚre course prévue vendredi, le relais messieurs, il a désormais en ligne de mire le quadruplé du Norvégien Ole-Einar Bjoerndalen en 2002, avec qui il partage le statut de plus grand biathlÚte de tous les temps.
- Motivation décuplée -
Sa victoire sur la mass start, au bout du suspense et grùce à la photo-finish dimanche, au lieu de le fatiguer, a manifestement encore décuplé sa motivation et son envie de gagner enfin avec ses camarades. Alors que le reste de la troupe bleue paraissait en grande difficulté en Corée du Sud, il a su tirer tout le monde vers le haut, avant de finir le travail de maniÚre magistrale, par un sans-faute au tir et une aisance incroyable sur les skis.
Au final, la NorvĂšge (Marte Olsbu, Tiril Eckhoff, Johannes Boe, Emil Svendsen) est relĂ©guĂ©e Ă 20,9 secondes et l'Italie (Lisa Vittozzi, Dorothea Wierer, Lukas Hofer, Dominik Windisch) Ă 26,9 secondes. Les Allemands, considĂ©rĂ©s comme les grands favoris de cette Ă©preuve, ont fait quasiment toute la course en tĂȘte, mais le retour en trombe de la fusĂ©e Fourcade a fait totalement craquer le malheureux Arnd Peiffer, sacrĂ© sur le sprint, et seulement 4e Ă l'arrivĂ©e. La Mannschaft a posĂ© rĂ©clamation pour essayer de s'inviter sur le podium aprĂšs un sprint jugĂ© litigieux de l'Italien Windisch. En vain.
Ce titre est également une magnifique récompense pour Marie Dorin, qui a annoncé la fin de sa carriÚre à la fin de cette saison. La chef de file historique des Bleues pourra tirer sa révérence par la grande porte sur ce premier sacre olympique, aprÚs un hiver de galÚres et une sélection pour Pyeongchang gagnée in extremis.
Avec son 10/10 à la carabine, la quintuple championne du monde de 31 ans a parfaitement lancé ses coéquipiers. Anaïs Bescond a connu plus de difficultés avec notamment trois pioches sur son tir debout mais Simon Desthieux a su repositionner les Bleus avant de confier l'ultime relais à Fourcade. Le roi a fait le reste.
AFP

