Académie française

Le romancier Patrick Grainville fait son entrée sous la Coupole

  • PubliĂ© le 21 fĂ©vrier 2019 Ă  20:17
  • ActualisĂ© le 22 fĂ©vrier 2019 Ă  06:17
L'écrivain Patrick Grainville (D) reçoit son épée d'académicien des mains de Jean-Marie Rouart (G), membre de l'Académie française, le 18 février 2019 à Paris

Le romancier Patrick Grainville est officiellement devenu jeudi le 731e membre de l'Académie française (depuis sa fondation au XVIIe siÚcle) au cours d'une cérémonie solennelle au milieu de ses pairs.

Le nouvel académicien a profité de son premier discours sous la Coupole pour dénoncer "le globish décérébré et sans volupté" et "le snobisme mortifÚre de l?anglo-américain des services, de la communication bureaucratique".

"Le style, c'est l'anti-globish! C?est notre flamme, notre incarnation vive, notre révolte prométhéenne contre l?ordre du monde et les dieux monotones", a lancé l'écrivain à l'écriture charnelle et pleine de démesure, auteur de 26 romans dont "Les flamboyants", couronné par le prix Goncourt en 1976.

"On parle à tort de la pureté du style. Mesdames et Messieurs de l?Académie, le style est impur. Il est le sacrilÚge de la beauté", a-t-il estimé.
RevĂȘtu du traditionnel habit vert (conçu par Stark et Sons, l'un des couturiers attitrĂ©s des acadĂ©miciens), le nouvel acadĂ©micien a, comme le veut la tradition, rendu hommage Ă  Alain Decaux, "cet amoureux des rĂȘves de l'Histoire", Ă  qui il succĂšde au fauteuil n°9.

Lundi, ses amis lui avaient offert son épée d'académicien, une épée d'officier-médecin, "épée guérisseuse et magicienne" selon Patrick Grainville.
"Je ne suis qu'un homme frĂȘle, parĂ© de lauriers d?or, et futiles! N'Ă©taient... les mots de la langue française qui m?ont donnĂ© corps et chair, muscle et force, sang et souffle de verbe. Les mots sont mes seules armoiries, ma seule panoplie et mon Ă©pĂ©e", a dĂ©clarĂ© l'Ă©crivain ĂągĂ© de 71 ans.

"Écrire ce n?est pas tant chercher le mot juste et acadĂ©mique que trouver le mot imprĂ©vu et d?une vĂ©ritĂ© plus profonde, plus irradiante", a-t-il ajoutĂ©. "Contre tous les manques de l'existence, les mots sont la prĂ©sence, l?arbre de vie, le fleuve intarissable, le paradis retrouvĂ©. Le paradis inventĂ©. Je chante la langue française. Sa luxuriance lucide", a-t-il insistĂ©.

"L'AcadĂ©mie (...) voit entrer ici avec vous un Ă©crivain de tous les excĂšs", lui a rĂ©pondu Dominique Bona chargĂ©e de prononcer son Ă©loge. "À l'AcadĂ©mie, vous allez apporter vos fiĂšvres et vos colĂšres et les couleurs de vos flamboyants", a ajoutĂ©, ravie, l'acadĂ©micienne.

AFP

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