Freiner la déforestation

Le sommet sur l'Amazonie se penche sur le destin de toutes les forĂȘts tropicales

  • PubliĂ© le 9 aoĂ»t 2023 Ă  21:05
  • ActualisĂ© le 10 aoĂ»t 2023 Ă  05:07
Le ministre bolivien des Affaires Ă©trangĂšres Rogelio Mayta, le ministre congolais des Affaires Ă©trangĂšres Jean-Claude Gakosso et le prĂ©sident congolais Denis Sassou Nguesso lors du sommet de l'Amazonie Ă  BelĂ©m dans l'État de Para au BrĂ©sil, le 9 aoĂ»t 2023

Le sommet sur l'Amazonie qui se tient Ă  Belem, au BrĂ©sil, se poursuit mercredi avec la participation de reprĂ©sentants d'autres rĂ©gions dotĂ©es de forĂȘts tropicales invitĂ©s pour dĂ©battre avec les pays sud-amĂ©ricains des solutions pour freiner la dĂ©forestation, enjeu majeur de la lutte contre le changement climatique.

Les huit pays de l'Organisation du traité de coopération amazonienne (OTCA) ont annoncé mardi la création d'une Alliance contre la déforestation.

Mais les ONG de défense de l'environnement ont regretté le manque d'annonces concrÚtes dans la déclaration commune, signée par le Brésil, la Bolivie, la Colombie, l'Equateur, le Guyana, le Pérou, le Suriname et le Venezuela.

"Il n'y a pas de mesure claire pour répondre à l'urgence climatique, pas d'objectif précis ou de délai fixé pour éradiquer la déforestation" a fustigé mercredi Leandro Ramos, de l'antenne brésilienne de Greenpeace, qui aurait également souhaité que la déclaration évoque "la fin de l'exploration pétroliÚre" en Amazonie.

"Pour que notre vision ne soit pas juste inscrite sur du papier, il faut adopter des actions concrÚtes", a reconnu mercredi le ministre des Affaires étrangÚres du Brésil, Mauro Vieira.

- Message de Macron -

Accueillis par le chef de l'Etat brĂ©silien Luiz Inacio Lula da Silva, les prĂ©sidents du Congo-Brazzaville et de la RĂ©publique du Congo, pays qui abritent Ă©galement de vastes forĂȘts tropicales, ont participĂ© aux dĂ©bats de mercredi, et l'IndonĂ©sie Ă©tait Ă©galement reprĂ©sentĂ©e.

"Les pays dotĂ©s de grandes forĂȘts tropicales doivent avoir voix au chapitre", a dĂ©clarĂ© Mauro Vieira Ă  l'ouverture des dĂ©bats.

"Et les pays développés doivent jouer leur rÎle, remplir les objectifs de financement des pays en développement pour ce qui est du climat, de la biodiversité et du développement durable", a-t-il ajouté.

La France, qui possÚde un territoire amazonien avec la Guyane, est représentée par son ambassadrice à Brasilia, Brigitte Collet, qui a lu un message envoyé par le président Emmanuel Macron.

Ce dernier a tenu Ă  "confirmer l'engagement fort de la France pour la protection des forĂȘts et de l'Amazonie en particulier."

Pour lutter contre la dĂ©forestation, il a appelĂ© Ă  "trouver des solutions concrĂštes Ă  nos problĂšmes communs, non pas en mettant sous cloche les forĂȘts tropicales mais en associant les populations qui vivent dans la forĂȘt et de la forĂȘt, et qui en sont les premiĂšres gardiennes".

- Éviter le point de non-retour -

L'objectif de la rencontre de mercredi est de trouver des points d'accord en vue de la conférence de l'ONU COP28, qui aura lieu en fin d'année à Dubaï, aux Emirats Arabes Unis, qui ont également envoyé un représentant.

La COP30, en 2025, sera organisée à Belem, ville amazonienne qui accueille le sommet cette semaine.

La déclaration commune des huit pays de l'OTCA, un document-fleuve en 113 points, a posé de façon détaillée les jalons d'une coopération "pour éviter que l'Amazonie n'atteigne le point de non-retour" dans cette vaste région qui abrite environ 10% de la biodiversité mondiale.

Si ce point de non-retour était atteint, l'Amazonie émettrait plus de carbone qu'elle n'en absorberait, ce qui aggraverait le réchauffement de la planÚte.

"Il n'a jamais Ă©tĂ© aussi urgent de reprendre et d'Ă©tendre notre coopĂ©ration", avait dĂ©clarĂ© le prĂ©sident brĂ©silien Luiz Inacio Lula da Silva mardi, Ă©voquant un "nouveau rĂȘve amazonien".

"C'est positif que les chefs d'Etat aient reconnu le risque d'arriver au point de non retour en Amazonie et l'urgence de l'éviter. Mais il est nécessaire de prendre des mesures concrÚtes et robustes pour éradiquer la déforestation le plus vite possible", a jugé mardi Mauricio Voivodic, directeur de l'antenne brésilienne du Fonds mondial pour la nature (WWF).

Entre 1985 et 2021, la forĂȘt amazonienne a perdu 17% de sa vĂ©gĂ©tation, selon des donnĂ©es recueillies par le projet de recherche MapBiomas.

AFP

guest
0 Commentaires