Apiculture

Le succĂšs croissant des miels de Jordanie, riches et divers

  • PubliĂ© le 9 juillet 2023 Ă  09:10
  • ActualisĂ© le 9 juillet 2023 Ă  10:20
Des abeilles butinent dans des alvéoles d'une ruche à Irbid, dans le nord de la Jordanie, le 20 juin 2023

Issus d'une immense diversité de plantes à fleurs, des agrumes, de l'eucalyptus ou de l'érable, les miels de Jordanie connaissent un succÚs croissant qui fait tourner à plein les ruches du pays et suscite des vocations d'apiculteurs.

"La période du Covid, en particulier, a eu un impact positif sur notre activité. Il y a eu une forte demande de miel", raconte Mutasim Hammad, un apiculteur de 48 ans qui a fait de sa passion son occupation principale aprÚs avoir travaillé à la direction de la sécurité publique.

VĂȘtu d'une combinaison de protection blanche, il inspecte ses 80 ruches situĂ©es dans une propriĂ©tĂ© Ă  Irbid, Ă  90 kilomĂštres au nord d'Amman.

Selon l'apiculteur, qui vend environ 400 kilogrammes de miel par an, "les gens ont pris conscience de la valeur du miel", produit localement et connu pour ses propriétés anti-inflammatoires et autres bienfaits pour la santé.

Le royaume de Jordanie se targue de sa riche diversité de miels, comprenant 19 types différents. "Nous avons environ 2.500 plantes à fleurs", explique Mohammad Rababaa, le directeur de l'Association des apiculteurs de Jordanie.

"Cette diversitĂ© distingue le miel jordanien et signifie que sa valeur thĂ©rapeutique et nutritionnelle devrait ĂȘtre meilleure que celle d'autres types de miel", estime-t-il. Il cite en exemple le miel d'Ă©rable, lĂ©gĂšrement amer, qui prĂ©sente "un taux trĂšs Ă©levĂ© de composĂ©s phĂ©noliques et d'antioxydants par rapport Ă  d'autres types de miel".

- Plus de 4.000 apiculteurs –

Depuis la pandémie, "la demande de miel produit localement a clairement augmenté", confirme M. Rababaa, professeur de ressources naturelles et d'environnement à l'Université jordanienne des sciences et de la technologie.

Pour lui, le nombre d'apiculteurs "est en réalité supérieur à 4.000", bien plus que les quelque 1.400 officiellement recensés en Jordanie.

Ils produisent entre 700 et 800 tonnes par an, soit environ 70% des besoins annuels du pays, dit-il. "Nous sommes trĂšs proches de l'autosuffisance", souligne M. Rababaa, qui propose mĂȘme un arrĂȘt des importations.

Un autre passionné, Mohammad Khatib, 49 ans, raconte que la pandémie et le confinement lui ont "donné suffisamment de temps pour apprendre à connaßtre les abeilles et à en prendre soin".

Professeur de français à l'université al-Bayt, il exploite une quinzaine de ruches dans son jardin, qui lui procurent un revenu d'appoint appréciable.

"Les gens recherchent un miel de qualité" et certains clients passent leurs commandes un an à l'avance, confie-t-il. Le miel jordanien se vend entre 15 et 30 dinars (19 à 39 dollars) le kilogramme, selon le type.

Selon Mohammad Rababaa, les avantages économiques "ne se limitent pas au miel, car l'abeille produit également du pollen, de la gelée royale, de la cire, de la propolis et du venin d'abeille, qui entre dans la composition de nombreux composés thérapeutiques". Sans compter la pollinisation des plantes, aux effets presque illimités sur l'écosystÚme.

Alors que le secteur de l'apiculture génÚre environ 25 millions d'euros par an, "la valeur indirecte de la pollinisation des cultures dépasse les 100 millions de dollars (90 millions d'euros)", souligne M. Rababaa.

AFP

guest
0 Commentaires