Irak

Le vice-président iranien accuse Trump d'entretenir "un climat de tension"

  • PubliĂ© le 10 mai 2017 Ă  12:41
Le premier vice-président iranien et candidat à la présidentielle Es-Hagh Jahanguiri à Téhéran, lors d'une interview avec l'AFP, le 9 mai 2017

La politique d'ouverture de l'Iran va continuer mĂȘme si le prĂ©sident amĂ©ricain Donald Trump entretient "un climat de tension", a affirmĂ© le premier vice-prĂ©sident Es-Hagh Jahanguiri, candidat rĂ©formateur Ă  la prĂ©sidentielle du 19 mai, dans un entretien Ă  l'AFP.


"Notre gouvernement a pris un bon chemin vers l?entente avec le monde: nous avons rĂ©glĂ© le problĂšme nuclĂ©aire, stabilisĂ© l'Ă©conomie et l'espoir est revenu. Ce chemin ne doit pas s'arrĂȘter lĂ ", a dĂ©clarĂ© M. Jahanguiri. Ce candidat "optimiste" ĂągĂ© de 60 ans, ingĂ©nieur et physicien de formation, "pense que les Iraniens vont voter" en ce sens. Mais la situation va rester compliquĂ©e aprĂšs l'Ă©lection car "le climat de tension crĂ©e par Donald Trump a influencĂ© les banques europĂ©ennes et mĂȘmes asiatiques, empĂȘchant la rĂ©alisation des accords" de financement de projets en Iran et les investissements directs, regrette-t-il.

Ces projets ont été mis en place aprÚs l'entrée en vigueur en janvier 2016 de l'accord nucléaire avec les grandes puissances - Etats-Unis, Chine, Russie, France, Grande-Bretagne et Allemagne - conclu en juillet 2015. Les grandes banques internationales craignent toujours de coopérer avec l'Iran par peur de pénalités, mais aussi de l'adoption de nouvelles sanctions par les Etats-Unis devant s'ajouter à celles existantes et déjà renforcées par l'administration Trump.

Si le président Trump devait d'ici juin rétablir les sanctions liées au nucléaire, actuellement suspendues, ce sera "un coup sévÚre contre l?accord nucléaire" et, par ricochet, pour l'économie iranienne, prévient M. Jahanguiri. Mais il dit espérer que "les pays européens, la Chine et la Russie ne permettront pas aux Etats-Unis de perturber l'application de l'accord nucléaire".

Car M. Jahanguiri reconnaĂźt des difficultĂ©s en Iran, en particulier "la situation inquiĂ©tante du chĂŽmage" qui touche 12,5% de la population active, 27% des jeunes. De plus, l'objectif des 50 milliards de dollars d'investissements Ă©trangers par an espĂ©rĂ©s par le prĂ©sident Hassan Rohani pour relancer l'Ă©conomie est encore loin d'ĂȘtre atteint.

Si les promesses d'investissements directs sont de 11 milliards de dollars, "le chiffre réel (...) se situe entre un et deux milliards de dollars", selon lui. M. Jahanguiri est présenté par les médias comme un "candidat d'appui" à Hassan Rohani qui se présente pour un second mandat. Il n'écarte donc pas un retrait avant le premier tour du 19 mai.

- Probable retrait -

"Nous avons trÚs peu de différences" avec le président Rohani, un religieux modéré allié des réformateurs et candidat à un dernier mandat de quatre ans. "Il faut voir pour qui penchent les gens", mais il est sûr "à 90% qu'il n'y aura qu'un seul de nous deux qui restera en lice".

InterrogĂ© sur les obstacles Ă  l'application des promesses du gouvernement pour plus de libertĂ©s politiques, culturelles et sociales, M. Jahanguiri se veut optimiste. "Le chemin est peut-ĂȘtre difficile pour atteindre notre objectif: diffĂ©rentes personnes ayant diffĂ©rentes positions politiques sont aux commandes dans les autres organes du pays", dit-il, en rĂ©fĂ©rence notamment au puissant pouvoir judiciaire.

Mais, selon lui, "il faut comparer la situation d'aujourd'hui à celle d?avant 2013", lorsque M. Rohani a été élu. Elle "est meilleure dans les universités concernant les libertés, dans les médias, dans le domaine culturel". M. Jahanguiri défend également le développement des réseaux sociaux malgré la résistance de certains milieux conservateurs. "Tout le monde aime les utiliser pour transmettre son message, mais d'autres n?aiment pas que les gens les utilisent et ils créent des problÚmes", a-t-il dit.

"Les Iraniens savent s?adapter. Lorsque nous interdisons des choses, ils trouvent les moyens de les contourner. Twitter a Ă©tĂ© peut-ĂȘtre interdit, mais nous avons rĂ©sistĂ© et Telegram ou Instagram sont libres", affirme-t-il. Ces deux rĂ©seaux sociaux sont utilisĂ©s par plus de 25 millions des 80 millions d'Iraniens. "Nous avons dĂ©veloppĂ© les infrastructures pour un accĂšs rapide Ă  l'internet", se fĂ©licite ce candidat, qui croit que les problĂšmes peuvent ĂȘtre rĂ©glĂ©s "par le dialogue et sans confrontation inutile".
AFP

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