Le Premier ministre Sébastien Lecornu veut consacrer 130 millions d'euros dans le budget de la Sécurité sociale aux futures maisons France Santé, qu'il veut développer sur le territoire pour faire face à la désertification médicale.
"On va modifier le projet de loi de finances pour la Sécurité sociale avec une somme de 130 millions d'euros" pour les maisons France Santé, a déclaré jeudi M. Lecornu à l'occasion d'un déplacement à Carentan, dans la Manche.
M. Lecornu avait annoncé le lancement de ces maisons France Santé lors de son premier déplacement en tant que chef du gouvernement à Mùcon, mais sans apporter jusque-là beaucoup de détails sur son projet.
Les maisons France santĂ© seront des structures dĂ©jĂ existantes comme des maisons de santĂ© (animĂ©es par des mĂ©decins libĂ©raux) ou des centres de santĂ© (oĂč des mĂ©decins salariĂ©s exercent) qui recevront chacune un "forfait de 50.000 euros", a expliquĂ© Ă Carentan M. Lecornu.
Selon une source gouvernementale, pour avoir le label France SantĂ© devront satisfaire "au moins quatre critĂšres essentiels": prĂ©sence garantie d'un mĂ©decin et dâune infirmiĂšre, pas de dĂ©passement, ouverture au moins cinq jours par semaine et recevoir des patients envoyĂ© par le 15/service d'accĂšs aux soins.
"Les 50.000 euros pourront ĂȘtre employĂ©s pour venir protĂ©ger" les structures, "faire des travaux, embaucher une secrĂ©taire mĂ©dicale, pour venir accompagner l'arrivĂ©e d'un nouveau soignant, d'un kinĂ©...", a-t-il indiquĂ© M. Lecornu.
"Parfois ce sont des pharmacies qui constitueront la maison France santé parce que dans certains territoires ruraux, de toute façon, la seule présence que vous avez, c'est la pharmacie" a-t-il poursuivi.
"Je souhaite qu'on ait globalement 15 à 20 maisons France santé qui soient agréées d'ici à Noël par département" puis "on doit avoir une montée en puissance trÚs rapide pour atteindre les 2.000 maisons", a-t-il indiqué.
De source gouvernementale, l'objectif est d'atteindre les 2.000 "d'ici l'été 2026" et 5.000 "d'ici 2027".
Le Premier ministre s'est déclaré favorable par ailleurs à ce que la discussion parlementaire "desserre un tout petit peu la pression sur les économies" en ce qui concerne les hÎpitaux.
Le texte actuel, préparé par l'ancien gouvernement de François Bayrou, prévoit que les dépenses de l'hÎpital (public et privé) augmentent de 2,4%, un montant jugé largement insuffisant par la fédération des hopitaux publics (FHF). Elle estime qu'il entrainera en réalité pour eux la "plus forte baisse tarifaire" depuis une vingtaine d'années.
M. Lecornu a également défendu le principe du doublement des franchises médicales, recalé mercredi en commission des Affaires sociales à l'Assemblée.Mais il a indiqué que le gouvernement n'était pas hostile à élargir le nombre de personnes qui ne paient pas ces franchises.
Cette exemption concerne aujourd'hui, 18 millions de personnes (femmes enceintes, mineurs, titulaires de la complĂ©mentaire solidaire...), et le gouvernement "est ouvert" Ă "rehausser" Ă©ventuellement ce seuil, selon le Premier ministre.Â
AFP
