Election

Législatives/En Marche: un renouvellement indiscutable mais pas sans risque, pour la presse

  • PubliĂ© le 12 mai 2017 Ă  06:16
COMBO de photos réalisé le 11 mai 2017 montrant certains des candidats investis par La République en marche ! pour les législatives avec de gauche à droite Barbara Pompili, Jean-Michel Fauvergue, Marie Sara, Bruno Bonnell, Laurence Vichnievsky, Eric Halphen, Marie Guévenoux (LtoR) Mounir Mahjoubi, Gaspard Gantzer, Cedric Villani, François de Rugy, Benjamin Griveaux, Aurore Berge and Richard Ferrand.

L'investiture de 428 candidats de la République en marche! pour les législatives, dont 52% venant de la société civile, représente un renouveau indiscutable pour la classe politique mais pas sans danger, estime vendredi la presse.

"Une moitiĂ© de candidats sans passĂ© d'Ă©lu, une moitiĂ© de femmes, un Ă©ventail professionnel plutĂŽt large, quelques tĂȘtes, le renouveau est indiscutable", reconnaĂźt Laurent Joffrin, dans LibĂ©ration. Puis le directeur de la rĂ©daction de LibĂ© de rapidement prĂ©venir: "L'appel Ă  la sociĂ©tĂ© civile, rituel depuis une ou deux dĂ©cennies, n?a pas toujours donnĂ© des rĂ©sultats concluants".

"Oui, le renouvellement et le rajeunissement sont bien là et il s'agit plutÎt d?une bonne nouvelle", estime également dans Le Figaro, Paul-Henri du Limbert, pour qui cependant: "La recomposition attendra". "La République En Marche! tient ses promesses de fraßcheur et d'inédit", constate Florence Chédotal, de La Montagne. Ce vent de fraßcheur "avec une moyenne d'ùge de 46 ans", est également noté par Laurent Bodin, dans L'Alsace, tout comme par Martin Vaugoude, du Télégramme, qui écrit: "Le renouvellement est réel, avec l?apparition de profils souvent rafraßchissants".

Cette liste est "sĂ©duisante en thĂ©orie, dĂ©licate en pratique. Car la politique reste un mĂ©tier de dur Ă  cuire, sur lequel bien des civils se sont, par le passĂ©, cassĂ© leurs dents de lait", rappelle Jean-Claude SoulĂ©ry, de la DĂ©pĂȘche du Midi. Et Dominique Jung, Des DerniĂšres Nouvelles d'Alsace, de citer Clemenceau: "La guerre est?une chose trop grave pour la confier Ă  des militaires". "Et la politique", demande l'Ă©ditorialiste, "est-ce une chose trop grave pour l'abandonner Ă  une caste ?"

- Inexpérience -

"52 % des candidats n?ont jamais endossĂ© le moindre mandat. Il paraĂźt que c?est rassurant", ironise Denis Daumin, de La Nouvelle RĂ©publique du Centre-Ouest. "Il ne faut tout de mĂȘme pas oublier que ce n?est pas sur une photo de famille que les Français jugeront la politique menĂ©e", met en garde Jean-Marc ChevauchĂ©, du Courrier Picard.

Certes "la liste donne de l?épaisseur au renouvellement tant attendu", admet Jean-Louis Hervois, de la Charente Libre, qui ne cache pas une certaine inquiétude, car pour lui "beaucoup d'élus découvriront un nouveau monde. Et rien n?assure aujourd?hui que s?en dégagera une majorité cohérente". "Et quant à pouvoir s'imposer face aux professionnels de la politique qui s'incrustent? On leur souhaite bon courage", lance Bernard Maillard, dans le Républicain Lorrain.

"L'envie de faire du neuf est bien affichée. Mais le pari que l?inexpérience n'anéantira pas les bonnes volontés est un rien osé et c?est méconnaßtre la machine parlementaire de l?intérieur", assure Hervé Chabaud, de L'Union/L'Ardennais. Cette liste représente "un premier contingent (...) sans véritable expérience du combat électoral", relÚve aussi Jean-Michel Servant du Midi Libre. "Un pari risqué pour Emmanuel Macron qui, en cas de victoire à l?Assemblée, aura à gérer une majorité disparate, pas vraiment aguerrie aux duretés de la politique. Le cÎté amateur pourrait alors vite éclipser la fraßcheur des nouveaux élus", conclut l'éditorialiste.

AFP

guest
0 Commentaires