Stop ou encore ?

L'éruption en Islande en sommeil depuis deux mois

  • PubliĂ© le 18 novembre 2021 Ă  21:05
  • ActualisĂ© le 19 novembre 2021 Ă  08:23
De la lave s'échappe des flancs d'un volcan prÚs du mont Fagradalsfjall (Islande), le 26 août 2021

Devenue l'éruption volcanique la plus longue d'Islande depuis plus de 50 ans le 18 septembre dernier, la lave a depuis ce jour cessé de couler aux abords du mont Fagradalsfjall, mais il est encore trop tÎt pour officialiser la fin de toute activité, selon les scientifiques.

Des jaillissements de lave entamĂ©s au soir du 19 mars prĂšs de Fagradalsfjall, situĂ© sur la pĂ©ninsule de Reykjanes au sud-ouest de la capitale Reykjavik, il ne reste que des monticules de lave noire refroidie d'oĂč s'Ă©chappent encore quelques fumerolles sulfurĂ©es. "Il est possible qu'un endroit se soit suffisamment bouchĂ© pour commencer Ă  se refroidir et que la lave fraĂźche ne rĂ©ussisse tout simplement plus Ă  sortir", a expliquĂ© Ă  l'AFP Sara Barsotti, coordinatrice des risques volcaniques Ă  l'Office mĂ©tĂ©orologique d'Islande (IMO).

Depuis deux mois, le trémor volcanique - ces vibrations faibles et continues enregistrées par les sismographes avant et pendant une éruption - a disparu.

MĂȘme si plus aucun liquide incandescent ne jaillit du cratĂšre pour garnir le champ de lave s'Ă©tendant sur prĂšs de cinq kilomĂštres carrĂ©s, de la fumĂ©e s'en dĂ©gage toujours. "C'est juste la chaleur et le gaz restants dans le magma souterrain", souligne le gĂ©ophysicien Pall Einarsson. AprĂšs avoir crachĂ© des laves Ă  plus de 1.200 degrĂ©s, "il faut un certain temps pour qu'un volcan en Ă©ruption se refroidisse avant d'arrĂȘter toute exhalation de gaz et de chaleur", ajoute-t-il.

La quantité de dioxyde de soufre (SO2) recrachée par panache dans l'atmosphÚre est toutefois trÚs faible - de l'ordre de quelques kilogrammes par seconde contre plusieurs centaines lors du pic d'activité, d'aprÚs l'IMO.

- Moins de visiteurs -

Le volcan a rapidement attiré des milliers de curieux - plus de 340.000 visiteurs ont foulé le site depuis mi-mars - mais le trafic s'est aujourd'hui considérablement réduit.

Sismiquement toujours active, la zone reste étroitement surveillée. Et pour cause: des données satellites et GPS mesurent un nouveau phénomÚne d'inflation, c'est-à-dire un soulÚvement du sol sur une vaste zone de la péninsule de Reykjanes, accréditant l'hypothÚse de la réactivation volcanique de la région.

Cette inflation, dĂ©butĂ©e mi-septembre, est actuellement jugĂ©e faible par les vulcanologues, "environ 2 cm lĂ  oĂč elle est la plus importante". Sa source, probablement situĂ©e Ă  une grande profondeur (environ 15 kilomĂštres), serait due Ă  une accumulation de magma. "Ce que nous avons vu Ă  Fagradalsfjall pourrait ĂȘtre le premier chapitre d'une longue histoire, mais nous n'en avons aucune certitude", estime Sara Barsotti.

S'il est impossible de prédire une éruption volcanique, la communauté scientifique islandaise ne serait pas surprise de constater une reprise de l'activité à Fagradalsfjall - ou qu'une nouvelle fissure volcanique s'ouvre ailleurs.

AFP

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