Réforme de l'apprentissage

Les apprentis auront une aide de 500 euros pour le permis de conduire

  • PubliĂ© le 9 fĂ©vrier 2018 Ă  13:04
  • ActualisĂ© le 9 fĂ©vrier 2018 Ă  15:03
Permis de conduire

Le gouvernement dévoile vendredi sa réforme de l'apprentissage, qui aura donné lieu jusqu'au bout à d'intenses batailles, notamment entre le Medef et les régions, peu enclines à en partager le pilotage.


Une premiÚre mesure - une aide de 500 euros pour passer le permis de conduire - a été confirmée à l'AFP par le ministÚre du Travail, suite à une information de RTL. En fin de matinée, le gouvernement annoncera ses arbitrages sur le statut de l'apprenti, mais aussi sur la gouvernance et le financement de cette voie qui peine à décoller.
Alors que le chÎmage des jeunes reste trÚs élevé et que certains métiers manquent de bras, l'objectif de 500.000 apprentis, fixé il y a des années, est encore loin, malgré les mesures de soutien prises par les gouvernements successifs. On dénombrait 421.700 apprentis en 2017.
La ministre du Travail, Muriel PĂ©nicaud, ne veut rien de moins qu'une "rĂ©volution copernicienne". Elle a mĂȘme emmenĂ© patronat et syndicats en Suisse et au Danemark, oĂč l'apprentissage est bien plus rĂ©pandu qu'en France.
Mais la concertation aura été tendue de bout en bout.
La CGT a dĂ©cidĂ© de bouder la rĂ©union de vendredi, "opĂ©ration de communication gouvernementale" qui "percute de plein fouet la libertĂ© de nĂ©gocier" car elle se tient Ă  Matignon en mĂȘme temps qu'une sĂ©ance de nĂ©gociation sur la formation professionnelle. "On regrette cette dĂ©cision mais notre porte reste ouverte", a rĂ©agi Matignon.
DÚs le lancement de la concertation à l'automne, c'est entre le Medef et les régions que le ton était monté. En jeu, le transfert de la gouvernance de l'apprentissage aux branches professionnelles. Le Medef poussant à ce qu'il n'y ait qu'un "seul pilote" dans l'avion: les branches. Les régions protestant contre "la privatisation" du systÚme.
Jeudi encore, ces derniÚres ont dû batailler pour conserver des prérogatives et une part de l'argent destiné à l'apprentissage.
A la tĂȘte des RĂ©gions de France (ex-ARF), HervĂ© Morin est montĂ© au crĂ©neau pour rĂ©cupĂ©rer la compĂ©tence de l'orientation, actuellement du ressort de l'Education nationale, aussi partie prenante des discussions.

- nouvelle taxe -

Le bras de fer entre les régions et le patronat a chamboulé la concertation, écourtée, percutant au passage la négociation parallÚle sur la formation professionnelle.
Laurent Berger (CFDT) a mis son grain de sel en plaidant pour que les régions gardent une partie de leurs prérogatives car "il y a des branches qui ne sont pas en capacité" d'organiser leur filiÚre d'apprentissage, a-t-il expliqué.
Il semble y avoir eu aussi des frottements au sein mĂȘme du gouvernement -- Education, Travail, et Matignon -- sur la ligne Ă  suivre. "Un gouvernement pas complĂštement unifiĂ© dans sa voix", a lĂąchĂ© pudiquement la nĂ©gociatrice du Medef rĂ©cemment.
Le patronat a lui aussi connu quelques hoquets, entre le Medef, la CPME et l'U2P (commerçants, artisans et professions libérales).
Un compromis s'est finalement dessiné autour d'un contrat d'objectifs et de moyens entre les branches professionnelles, l'Etat et les régions.
Une "contribution alternance" devrait remplacer la taxe d'apprentissage. Elle pourrait représenter 0,85% de la masse salariale, selon un chiffre lancé lors de la négociation sur la réforme de la formation professionnelle.
Les régions en recevraient une partie pour assurer l'égalité au sein des territoires.
Ces derniÚres ont par ailleurs donné leur accord au principe d'un financement des CFA (Centres de formation des apprentis) en fonction du nombre d'apprentis inscrits.
Sur les autres sujets, la concertation a abouti Ă  une quarantaine de propositions, dont la possibilitĂ© d'ĂȘtre apprenti sans limite d'Ăąge ou des amĂ©nagements de rĂ©glementations pour les apprentis mineurs.
La ministre du Travail a déjà indiqué qu'elle reprendrait l'idée de permettre à des jeunes d'entrer en apprentissage "toute l'année, de mieux les "éclairer" sur cette voie et "valoriser" les maßtres d'apprentissage.
Le gouvernement entend aussi s'appuyer sur le rapport du député européen Jean Arthuis pour favoriser les échanges d'apprentis au niveau européen ("Erasmus des apprentis").

2018 AFP

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