Syrie

Les bombardements turcs reprennent de plus belle

  • PubliĂ© le 28 janvier 2018 Ă  15:10
  • ActualisĂ© le 28 janvier 2018 Ă  15:26
Des rebelles syriens soutenus par la Turquie Ă  un checkpoint dans la ville syrienne de Azaz sur la route menant Ă  Afrine (nord-ouest de la Syrie), le 27 janvier 2018

La Turquie a repris de plus belle dimanche ses bombardements pour tenter de briser les lignes d'une milice kurde syrienne alliée des Etats-Unis, sommés par Ankara de se retirer d'une ville du nord de la Syrie.


Profitant du temps clair aprÚs plusieurs jours et pluie et de brouillard, l'aviation et l'artillerie turques ont pilonné dans la matinée la colline de Barsaya, dans la région d'Afrine (nord-ouest de la Syrie), a rapporté l'agence de presse étatique Anadolu. La Turquie mÚne depuis le 20 janvier une offensive dans cette région contre les Unités de protection du peuple (YPG). Ankara qualifie ce groupe de "terroriste", qui est l'allié de la coalition antijihadistes emmenée par Washington.

MalgrĂ© les tensions croissantes entre la Turquie et les Etats-Unis, deux alliĂ©s au sein de l'Otan, le prĂ©sident Recep Tayyip Erdogan s'est dit rĂ©solu Ă  poursuivre l'offensive et mĂȘme Ă  l'Ă©largir vers l'est, notamment Ă  Minbej, oĂč Washington a dĂ©ployĂ© des militaires. Sur le terrain, les bombardements de l'artillerie et des avions turcs Ă©taient plus importants dimanche que lors des jours prĂ©cĂ©dents, selon une correspondante de l'AFP Ă  la frontiĂšre. Des panaches de fumĂ©e grise s'Ă©levaient vers le ciel oĂč des avions fusaient.

Les combats "sont trÚs violents sur le mont Barsaya (...) stratégique car il domine Azaz, cÎté syrien, et Kilis, cÎté turc", a indiqué à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). "Tout à l'heure, je me suis entretenu avec un commandant. Il m'a dit +Avec l'aide de Dieu, nous ferons tomber la colline de Barsaya trÚs bientÎt+", a déclaré M. Erdogan lors d'un discours à Corum (nord). Les soldats turcs et leurs alliés arabes syriens avaient déjà affirmé lundi avoir pris cette colline aprÚs d'ùpres combats, avant de la perdre quelques heures plus tard.

- Funérailles -

L'opposition de Washington et d'Ankara au sujet des YPG empoisonne depuis plus d'un an leurs relations, la Turquie reprochant aux Etats-Unis de soutenir ce groupe lié au Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) qui mÚne une guérilla meurtriÚre sur le sol turc. Un peu plus d'une semaine aprÚs son déclenchement, l'opération turque, baptisée "Rameau d'olivier", a renforcé davantage les tensions : ignorant les appels américains à la "retenue", M. Erdogan a promis d'étendre l'offensive.

Au risque de verser de l'huile sur le feu, le chef de la diplomatie turque MevlĂŒt Cavusoglu a sommĂ© samedi Washington de retirer ses troupes dĂ©ployĂ©es Ă  Minbej, ville situĂ©e Ă  une centaine de km Ă  l'est d'Afrine et qu'Ankara menace d'attaquer. AprĂšs Afrine, "nous allons nettoyer Minbej", a encore affirmĂ© dimanche le porte-parole du gouvernement turc Bekir Bozdag, citĂ© par Anadolu.

Face à l'offensive turque, le Parti de l'union démocratique (PYD), aile politique des YPG, a appelé samedi "la communauté internationale" et "les forces nationales syriennes" à "faire pression par tous les moyens" pour stopper l'offensive meurtriÚre d'Ankara.

Depuis le 20 janvier, l'offensive turque a déjà coûté la vie à cinq soldats turcs, selon l'état-major. Une quarantaine ont par ailleurs été blessés. Les funérailles d'un militaire turc tué samedi devaient se tenir dimanche aprÚs-midi à Istanbul. En outre, selon l'OSDH, 69 rebelles soutenus par Ankara et 66 combattants kurdes ont été tués dans les affrontements.

Le conflit a aussi durement touché les civils: d'aprÚs l'OSDH, 44 civils ont été tués, pour la plupart dans des bombardements turcs. Ankara dément toute frappe contre les populations. Evoquée depuis plusieurs mois, l'intervention turque à Afrine a été précipitée par l'annonce de la création prochaine par la coalition luttant contre les jihadistes emmenée par Washington d'une "force frontaliÚre" incluant notamment des YPG.

Plusieurs pays, dont l'Allemagne et la France, ainsi que l'Union europĂ©enne, ont exprimĂ© leur prĂ©occupation face Ă  l'intervention turque qui complique davantage encore la situation en Syrie, oĂč la guerre a fait plus de 340.000 morts depuis 2011.
burx-fo-gkg/lch

 AFP

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