Réunions d'urgence

Les dirigeants de pays arabes et musulmans Ă  Ryad pour un sommet sur Gaza

  • PubliĂ© le 11 novembre 2023 Ă  18:15
  • ActualisĂ© le 11 novembre 2023 Ă  19:16
Les ministres des Affaires étrangÚres arabes lors d'une réunion préparatoire à un sommet de la Ligue arabe, le 9 novembre 2023 à Ryad

Les dirigeants arabes et le président iranien sont réunis samedi en Arabie saoudite pour un sommet conjoint qui devrait souligner l'urgence de mettre fin à la guerre entre Israël et le mouvement palestinien Hamas dans la bande de Gaza, un conflit qui risque d'embraser la région.

Les réunions d'urgence de la Ligue arabe et de l'Organisation de la coopération islamique (OCI) se tiennent à Ryad, cinq semaines aprÚs le début de la guerre déclenchée par l'attaque sanglante du mouvement islamiste palestinien Hamas sur le sol israélien, le 7 octobre.

Environ 1.200 personnes ont Ă©tĂ© tuĂ©es cĂŽtĂ© israĂ©lien, en majoritĂ© des civils le jour de l'attaque du Hamas, selon les autoritĂ©s israĂ©liennes. Et 239 personnes ont Ă©tĂ© enlevĂ©es et emmenĂ©es dans la bande de Gaza, selon les mĂȘmes sources.

Depuis, Israël bombarde sans relùche le territoire palestinien contrÎlé par le Hamas. Plus de 11.000 personnes parmi lesquelles moins 4.500 enfants y ont été tuées, selon le ministÚre de la Santé du gouvernement Hamas.

L'Arabie saoudite "tient les autorités d'occupation (israéliennes) pour responsables des crimes commis contre le peuple palestinien", a déclaré le prince héritier Mohammed ben Salmane, à l'ouverture du sommet.

"Nous sommes certains que le seul moyen de garantir la sécurité, la paix et la stabilité dans la région est de mettre fin à l'occupation, au siÚge et à la colonisation", a-t-il ajouté.

Le président iranien, Ebrahim Raïsi, qui visite pour la premiÚre fois en Arabie saoudite depuis le rapprochement des deux pays en mars, a demandé aux pays islamiques de désigner l'armée israélienne comme une "organisation terroriste".

Israël affirme vouloir détruire le Hamas et rend le groupe responsable du nombre élevé de morts, l'accusant d'utiliser des civils comme boucliers humains, ce qu'il nie.

- Divergences régionales -

La Ligue arabe et l'OCI devaient au départ tenir leurs réunions séparément, mais le ministÚre saoudien des Affaires étrangÚres a annoncé tÎt samedi que les deux sommets seraient tenus en commun.

Deux diplomates arabes ont expliqué à l'AFP que cette décision avait été prise aprÚs des désaccords sur une déclaration finale du sommet arabe.

Certains pays, notamment l'Algérie et le Liban, ont proposé de rompre les liens économiques et diplomatiques avec Israël et de cesser d'approvisionner en pétrole ce pays et ses alliés, selon ces diplomates. Toutefois, au moins trois pays parmi lesquels les Emirats arabes unis et Bahreïn, qui ont normalisé leurs relations avec Israël en 2020, ont rejeté cette proposition.

Les organisations humanitaires internationales ont redoublĂ© d'appels en faveur d'un cessez-le-feu Ă  Gaza, oĂč l'eau potable et les mĂ©dicaments manquent cruellement.

Le Jihad islamique, allié du Hamas à Gaza, a dit toutefois ne "rien" attendre de ce sommet par la voix de Mohammad al-Hindi, son secrétaire général adjoint.

Israël et son principal allié, les Etats-Unis, ont jusqu'à présent rejeté les demandes de cessez-le-feu.

"Il est honteux que les pays occidentaux, qui parlent toujours des droits de l'homme et des libertés, restent silencieux face aux massacres en cours en Palestine", a déclaré pour sa part le président turc, Recep Tayyip Erdogan.

Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a quant à lui souligné que Washington avait "la plus grande influence sur Israël" et "portait (en conséquence) la responsabilité de l'absence de solution politique" au conflit.

Les présidents indonésien Joko Widodo, égyptien Abdel Fattah al-Sisi, l'émir du Qatar Cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani et le président syrien Bachar al-Assad figuraient également sur la liste des participants au sommet.

L'Iran soutient le Hamas mais aussi le mouvement islamiste libanais Hezbollah et les rebelles Houthis du Yémen, qui font craindre une extension du conflit.

Les échanges de tirs entre Israël et le Hezbollah sont quotidiens à la frontiÚre israélo-libanaise, tandis que les Houthis ont revendiqué plusieurs attaques de drones et de missiles contre le sud d'Israël.

La monarchie saoudienne, qui entretient des liens Ă©troits avec Washington et qui envisageait avant la guerre de normaliser ses relations avec IsraĂ«l, craint d'ĂȘtre prise pour cible, estiment des analystes.

Vendredi, le prince héritier saoudien a dénoncé les "violations continues du droit humanitaire international par les forces d'occupation israéliennes", dans sa premiÚre déclaration publique sur la guerre.

AFP

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