Afrique

Les juges de la CPI ordonnent la remise en liberté de Laurent Gbagbo

  • PubliĂ© le 16 janvier 2019 Ă  22:05
  • ActualisĂ© le 16 janvier 2019 Ă  22:45
L'ancien président ivoirien Gbagbo à la Cour pénale internationale (CPI) le 15 janvier 2019 à La Haye

Les juges de la Cour pénale internationale (CPI) ont ordonné mercredi la remise en liberté de l'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, aprÚs avoir annoncé la veille son acquittement retentissant.

Les juges ont rejetĂ© la demande du procureur de maintenir l'homme de 73 ans en dĂ©tention, qui Ă©tait accusĂ© de crimes contre l'humanitĂ© commis pendant la crise post-Ă©lectorale de 2010-2011 en CĂŽte d'Ivoire, oĂč plus de 3.000 personnes avaient Ă©tĂ© tuĂ©es.

Ce nouveau revers pour l'accusation a Ă©tĂ© saluĂ© par les partisans de Laurent Gbagbo venus le soutenir devant la CPI, oĂč ils dansaient et applaudissaient.
"A la majorité, la chambre de premiÚre instance a constaté qu'il n'y avait pas de circonstances exceptionnelles allant à l'encontre de la mise en liberté de M. Laurent Gbagbo et M. Charles Blé Goudé (ex-chef du mouvement des Jeunes patriotes) suite à leur acquittement" mardi, ont annoncé les juges.
Les procureurs ont la possibilité de faire appel de cette décision, a précisé la Cour basée à La Haye. Ils ont déjà exprimé leur intention de faire appel de l'acquittement des deux hommes.

La chambre a demandĂ© "au greffier d'obtenir auprĂšs de M. Gbagbo et de M. BlĂ© GoudĂ© les assurances nĂ©cessaires de leur retour devant la Cour" dans le cas oĂč leur prĂ©sence serait requise Ă  l'avenir. Les juges n'ont communiquĂ© aucune prĂ©cision sur le temps qu'il faudrait pour les libĂ©rer du centre de dĂ©tention de la CPI. Dans des affaires similaires, il a fallu plusieurs jours Ă  la Cour afin d'organiser la libĂ©ration des suspects acquittĂ©s. "Le lieu de la mise en libertĂ© dĂ©pendra des observations des personnes concernĂ©es et de l'accord de l?Etat ou des Etats concernĂ©s".

- "Submergés de joie" -

L'annonce de l'acquittement de Laurent Gbagbo a provoqué des scÚnes de liesse chez leurs partisans en CÎte d'Ivoire mais aussi un appel des autorités à "garder de la compassion pour les victimes" et suscité des critiques de la CPI qui subit un nouveau camouflet. "Nous sommes tellement submergés de joie", a déclaré mercredi Marie Laurence Gbagbo, la fille de Laurent Gbagbo, devant la CPI. "Nous n'avons pas encore été autorisés à lui parler parce que je pense que la paperasse est en cours de traitement. Mais nous supposons que le plan est de retourner en CÎte d'Ivoire".

"C'est l'espoir et le plan", a-t-elle expliqué, ajoutant ne pas savoir "combien de temps cela prendra".

En CĂŽte d'Ivoire, M. Gbagbo est toujours sous le coup d'une condamnation de 20 ans qui date de janvier 2018 pour crimes Ă©conomiques. Il est cependant peu probable que la police ivoirienne tente de l'arrĂȘter s'il retourne dans le pays. "La dĂ©cision de revenir" en CĂŽte d'Ivoire "lui appartient", a annoncĂ© mercredi le gouvernement ivoirien aprĂšs avoir appelĂ© dans la journĂ©e "l'ensemble des populations au calme, au pardon et Ă  la rĂ©conciliation".

En détention depuis plus de sept ans, Laurent Gbagbo était jugé pour des crimes commis pendant la crise de 2010-2011, née de son refus de céder le pouvoir à son rival, l'actuel président ivoirien Alassane Ouattara.

Il avait finalement Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© en avril 2011 par les forces du prĂ©sident Ouattara, soutenues par l'ONU et la France. Il est le premier ancien chef d'État Ă  avoir Ă©tĂ© remis Ă  la CPI.

Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé étaient accusés de quatre chefs de crimes contre l'humanité: meurtres, viols, persécutions et autres actes inhumains, pour lesquels ils ont toujours plaidé non coupable.

La plupart des tentatives de la Cour de juger des personnalités politiques de haut rang ? presque toutes en Afrique ? se sont soldées par des échecs ou des acquittements.

AFP

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