Soldats français accusés de viols d'enfants en Centrafrique

Les juges ordonnent un non-lieu

  • PubliĂ© le 15 janvier 2018 Ă  15:14
  • ActualisĂ© le 15 janvier 2018 Ă  15:28
La force Sangaris de l'armée française a été déployée en 2013 en Centrafrique alors en proie au chaos aprÚs des violences entre rebelles musulmans, les Séléka, et miliciens chrétiens, les anti-balaka

Les juges d'instruction ont ordonnĂ© un non-lieu dans l'enquĂȘte sur les accusations de viols en Centrafrique portĂ©es par des enfants contre des soldats français de l'opĂ©ration Sangaris, en 2013-2014, faute d'avoir pu Ă©tablir leur implication, a appris lundi l'AFP de sources concordantes.


Conformément aux réquisitions du parquet de Paris, les juges ont rendu jeudi un non-lieu dans ce dossier clos sans aucune mise en examen, selon une source judiciaire. Révélées en 2015, les accusations avaient terni la réputation de l'armée française déployée dans le pays pour restaurer la sécurité aprÚs des mois de violences interconfessionnelles.
Dans ses rĂ©quisitions, le parquet soulignait qu'"il ne peut ĂȘtre affirmĂ© Ă  l'issue de l'information qu'aucun abus sexuel n'a Ă©tĂ© commis", mais il estimait que les incohĂ©rences matĂ©rielles et "la variation des tĂ©moignages ne (permettaient) pas d'Ă©tablir des faits circonstanciĂ©s et Ă©tayĂ©s Ă  l'encontre des militaires", selon une source proche du dossier.
L'affaire avait été révélée en avril 2015 par le quotidien britannique The Guardian qui avait fait état d'une note interne de l'ONU relatant les auditions de six garçons de 9 à 13 ans. Ils accusaient des militaires français d'avoir abusé d'eux, entre décembre 2013 et juin 2014, dans le camp de déplacés de l'aéroport M'Poko de Bangui, en échange de rations de nourriture.
Saisi par le ministĂšre de la DĂ©fense, le parquet de Paris avait ouvert dĂšs juillet 2014 une enquĂȘte prĂ©liminaire, mais cette derniĂšre Ă©tait restĂ©e secrĂšte et ce silence avait Ă©tĂ© reprochĂ© aux autoritĂ©s françaises ainsi qu'Ă  l'ONU.
Depuis, d'autres scandales ont éclaté concernant des contingents d'autres pays et les Nations unies ont souvent été critiquées pour leur manque de réactivité face au phénomÚne.
La force Sangaris de l'armée française a été déployée en 2013 en Centrafrique alors en proie au chaos aprÚs des violences entre rebelles musulmans, les Séléka, et miliciens chrétiens, les anti-balaka.
Les accusations visaient une dizaine de militaires, dont plusieurs dĂ©signĂ©s comme pouvant ĂȘtre des agresseurs et qui ont Ă©tĂ© entendus, dont un en garde Ă  vue. Les enquĂȘteurs se sont rendus sur place en 2015 et 2016 pour entendre de nouveau les enfants.
"Il est vraisemblable que nous allons faire appel pour ne pas donner le sentiment, à celles et ceux qui se sont battus dÚs le départ, que l'affaire est terminée et que nous renoncerions à identifier les auteurs des infractions et à établir les responsabilités et les culpabilités", a déclaré à l'AFP Emmanuel Daoud, avocat de l'ONG Ecpat qui lutte contre l'exploitation sexuelle des enfants.

2018 AFP

guest
0 Commentaires