Algérie

Les manifestations se poursuivent en dépit des promesses de Bouteflika

  • PubliĂ© le 5 mars 2019 Ă  15:06
  • ActualisĂ© le 5 mars 2019 Ă  15:39
Des étudiants algériens manifestent contre un 5e mandat d'Abdelaziz Bouteflika, à Alger, le 5 mars 2019

Plusieurs milliers d'étudiants défilent à nouveau mardi matin dans la capitale et dans plusieurs villes d'Algérie contre la 5e candidature du président Abdelaziz Bouteflika, sourds aux promesses du chef de l'Etat de réformer et de ne pas aller au bout de son mandat.

"Hé Bouteflika, il n'y aura pas de 5e mandat" ou "Ramenez les commandos de l'armée et la BRI (unité d'intervention de la police), il n'y aura pas de 5e mandat", chantent les étudiants dans le centre d'Alger, largement applaudis par les badauds sur les trottoirs ou à coups de klaxons par les automobilistes.

Des étudiants manifestent en nombre également à Oran et Constantine, deuxiÚme et troisiÚme ville du pays, ainsi qu'à Blida, Béjaia, Bouira, selon le site d'information TSA (Tout sur l'Algérie), signe que la contestation ne semble pas vouloir s'apaiser.
A Alger, oĂč les manifestations, supposĂ©es totalement interdites depuis 2001, sont dĂ©sormais quasiment quotidiennes depuis dix jours, les Ă©tudiants des diffĂ©rentes universitĂ©s d'Alger s'Ă©taient donnĂ© rendez-vous via les rĂ©seaux sociaux devant la Grande-Poste, bĂątiment emblĂ©matique du coeur d'Alger.

Déployée en nombre dans le centre de la capitale, la police n'est pas intervenue, se contentant de cantonner les étudiants à l'intérieur d'un périmÚtre de quelques artÚres alentour.

Le prĂ©sident Abdelaziz Bouteflika, 82 ans et affaibli depuis 2013 par les sĂ©quelles d'un AVC, est la cible d'une contestation jamais vue depuis qu'il a Ă©tĂ© Ă©lu Ă  la tĂȘte de l'Etat il y a 20 ans, dĂ©clenchĂ©e par l'annonce de sa candidature Ă  un 5e mandat. L'enregistrement de sa candidature dimanche au Conseil constitutionnel a Ă©tĂ© assortie d'engagements destinĂ©s Ă  calmer la colĂšre: ne pas aller au bout de son mandat et quitter le pouvoir aprĂšs une sĂ©rie de rĂ©formes profondes notamment.

- "Non, c'est non !" -

Des promesses qui n'ont pas atteint leur but, alors que le camp présidentiel estimait la veille qu'elles répondaient "pleinement" aux revendications des manifestants. "Non, c'est non! Il n'a pas compris le message du peuple? On va lui faire comprendre aujourd'hui et encore plus vendredi", premier jour du weekend et journée de mobilisation massive ces deux derniÚres semaines, assure Selma, étudiante en mathématiques à Alger.

Pour Abderahmane, 21 ans, étudiant à l'Ecole supérieure d'informatique, M. Bouteflika "veut un an de plus, nous on ne veut pas une seule seconde, c'est déjà trop, qu'il dégage maintenant". "Ni études ni enseignement jusqu'à la chute du systÚme", proclame une pancarte, alors que les étudiants appellent à la grÚve.

L'immense campus de Bab Ezzouar, à 8 km du centre-ville est totalement désert, a rapporté un enseignant à l'AFP: "il y a une grÚve massive des étudiants (...) Depuis la grÚve des étudiants en 1980 je n'avais pas vu cela". Des enseignants universitaires sont actuellement réunis pour décider eux aussi d'une possible grÚve.

L'ordre des avocats de Béjaïa (180 km à l'est d'Alger) a appelé ses membres à ne plus assurer de défense à partir de mercredi, à l'instar de leurs collÚgues de Constantine.

"Votre crédit santé est insuffisant pour effectuer ce mandat", indique une pancarte d'un manifestant à Alger-centre, à l'adresse du président Bouteflika, hospitalisé en Suisse il y a prÚs de dix jours pour, officiellement, des "examens médicaux périodiques", son retour n'a toujours pas été annoncé.

AFP

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