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Ligue des champions: le roi est nu, l'Ajax guillotine le grand Real!

  • PubliĂ© le 6 mars 2019 Ă  02:17
  • ActualisĂ© le 6 mars 2019 Ă  04:29
Les joueurs de l'Ajax qualifiés pour les quarts de finale de la Ligue des champions aprÚs la victoire sur le Real Madrid 4-1 le 5 mars 2019

Renversé! DétrÎné! Roi incontesté de la Ligue des champions depuis trois ans, le Real Madrid a été guillotiné mardi à domicile par l'Ajax Amsterdam (4-1) en huitiÚmes retour, malgré un succÚs 2-1 à l'aller.

Retentissante élimination des MadrilÚnes, condamnés à une saison blanche. Au stade Santiago-Bernabeu, le roi est nu. Déchu de ses couronnes, de ses oripeaux de souverain du football européen, le club triple tenant du titre s'est incliné sur quatre buts splendides de Hakim Ziyech (7e), David Neres (18e), Dusan Tadic (62e) et Lasse Schöne (72e).

Et le but de l'espoir de Marco Asensio (70e) n'aura été que le dernier soubresaut d'un rÚgne magnifique, avec quatre C1 en cinq ans, les trois derniÚres sous le mandat doré de Zinédine Zidane (2016-2018) et avec l'attaquant-vedette Cristiano Ronaldo, parti depuis à la Juventus.

En une semaine, le Real a tout perdu: Coupe, Liga, C1. Pour la premiÚre fois depuis 2010, la "Maison blanche" sera absente des quarts et il va falloir s'habituer à ne plus le voir régenter les soirées européennes.

Le régime madrilÚne aura tenu plus de 1000 jours, une éternité à l'échelle du football moderne qui fait de cette équipe la digne héritiÚre du grand Real d'Alfredo Di Stéfano, vainqueur des cinq premiÚres Coupes d'Europe.

- Les rois aussi sont mortels -

Mais les rois aussi sont mortels. Et l'Ajax, avec sa jeunesse et son jeu délié, a balayé ce monarque vieillissant, devenu moins redoutable avec les entraßneurs Julen Lopetegui (juin-octobre 2018) puis Santiago Solari (depuis octobre). DÚs la septiÚme minute, une perte de balle que Toni Kroos n'aurait jamais commise du temps de sa splendeur a permis à l'Ajax de croire à l'exploit: l'intenable Tadic a débordé et servi en retrait Ziyech, buteur d'un tir croisé.

On n'entendait déjà plus que les milliers de supporters néerlandais massés dans les hauteurs du Bernabeu. Et les chants ont repris de plus belle quand Tadic, aprÚs une incroyable roulette, a servi Neres pour le deuxiÚme but (18e).

Le Real a pourtant eu des occasions mais le poussif Kroos a tout gùché (12e, 16e). Et le défenseur français Raphaël Varane, l'un des rares à exhorter ses partenaires à se révolter en l'absence du capitaine Sergio Ramos suspendu, a trouvé la transversale (5e).
Et dire que Ramos avait délibérément obtenu un carton jaune à l'aller pour forcer une suspension, pensant la qualification acquise...

Mardi, rien n'a été épargné au Real: Solari ayant décidé d'un premier remplacement tactique à la 29e minute avec l'entrée de Gareth Bale, le technicien argentin a dû se mordre les doigts deux minutes plus tard quand le jeune Brésilien Vinicius s'est blessé (31e). Perdant son meilleur dribbleur, il a lancé Asensio (34e).

- La hache du bourreau -

Comme souvent cette saison, le Real a frappé au but (23e, 31e, 49e, 59e), à l'image de Bale qui a trouvé le poteau à angle fermé (42e). Mais comme souvent depuis le départ de Ronaldo, l'efficacité n'était plus là.

Et l'Ajax a multiplié les banderilles jusqu'à cette frappe limpide de Tadic, qui a fendu l'air comme la hache d'un bourreau pour se ficher dans la lucarne (62e). Il a certes fallu recourir à l'arbitrage vidéo (VAR) pour savoir si le ballon était sorti ou pas auparavant, mais l'arbitre l'a finalement validé.

Il fallait désormais trois buts en 30 minutes pour que le Real ajoute un nouvel exploit à sa longue légende européenne (13 titres en C1). Le premier est arrivé via Asensio (70e), pas les autres, et Schöne a achevé la mise à mort d'un coup franc lobé dans la lucarne.

Et puis enfin, la dĂ©bandade: le Bernabeu qui se vide avant la fin du match, les supporters nĂ©erlandais qui ponctuent chaque passe d'un "OlĂ©" goguenard, Benzema qui glisse seul face au gardien et des cris de "Florentino dĂ©mission" qui visent le prĂ©sident merengue Florentino PĂ©rez, coupable aux yeux des "socios" de n'avoir pas assez renouvelĂ© l'effectif. Quant Ă  Solari, sous contrat jusqu'en 2021, il risque d'ĂȘtre un fusible tout dĂ©signĂ©...

C'est une rĂ©volte ? Non, c'est une rĂ©volution. Et le Real va vivre une fin de saison fade qui lui laissera du temps, beaucoup de temps, pour rĂ©flĂ©chir Ă  la reconquĂȘte.

AFP

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