Pour la premiÚre fois depuis plus d'un an, la hausse des prix a ralenti en France au mois d'août mais l'inflation s'est diffusée depuis l'énergie aux autres biens et services, et devrait rester durablement élevée.
La hausse des prix à la consommation s'est élevée à 5,8% sur un an, contre 6,1% en juillet, selon les données provisoires publiées mercredi par l'Insee.
Ce lĂ©ger coup de frein de l'inflation est dĂ» "au ralentissement des prix de l'Ă©nergie", lesquels ont tout de mĂȘme encore gagnĂ© 22,2% sur un an, contre 28,5% en juillet.
La hausse des prix se diffuse à l'ensemble de l'économie: les prix des produits alimentaires ont augmenté sur un an de 7,7% en août, contre 6,8% en juillet.
MĂȘme chose pour les produits manufacturĂ©s qui ont augmentĂ© de 3,5%, contre 2,7% le mois prĂ©cĂ©dent, tandis que les services se sont renchĂ©ris de 3,9%, autant qu'en juillet.
"Il est beaucoup trop tÎt pour parler d'un véritable ralentissement de l'inflation",constate dans une note d'analyse Charlotte de Montpellier, économiste de la banque ING.
D'autant plus que la hausse des prix continue à s'accélérer sur un mois, passant de 0,3% entre juin et juillet à 0,4% entre juillet et août.
En glissement annuel, il s'agit néanmoins de la premiÚre décélération depuis juillet 2021, lorsque l'inflation était limitée à 1,2%.
Le pic d'inflation est-il déjà atteint, alors qu'il était attendu plutÎt pour l'automne ? Difficile à dire, en raison notamment des incertitudes qui entourent l'approvisionnement de l'Europe en gaz russe cet hiver.
- Grande incertitude -
"Le pic je ne sais pas oĂč il est, mais l'inflation durable, elle est lĂ ", a affirmĂ© mardi le PDG du groupe Carrefour Alexandre Bompard aux Rencontres des entrepreneurs de France (REF), organisĂ©es par le Medef.
"La seule chose dont nous sommes sĂ»rs en matiĂšre d'inflation, c'est ce que nous constatons plutĂŽt que ce que nous prĂ©voyons. L'inflation va durer, mais Ă un niveau infĂ©rieur Ă celui que nous connaissons", a prĂ©dit pour sa part le ministre du Travail Olivier Dussopt, lors du mĂȘme Ă©vĂ©nement.
Grùce au bouclier énergétique qui a gelé la hausse des prix réglementés du gaz depuis l'automne dernier et limitée à 4% cette année celle des prix de l'électricité, l'inflation est en France plus faible que dans les autres pays de la zone euro, a rappelé mardi le ministre de l'Economie Bruno Le Maire.
En août, les prix ont accéléré de 7,9% sur un an en Allemagne, avec une hausse de 16,6% des prix alimentaires, tandis que l'inflation a un peu ralenti en Espagne, mais en restant à deux chiffres (10,4%).
M. Le Maire a lui indiqué qu'en 2023, les prix de l'énergie augmenteraient pour les consommateurs français, mais de maniÚre "contenue".
Aussi, le différentiel d'inflation entre la France et les autres économies européennes sera-t-il amené à se réduire, voire à s'inverser, selon les économistes.
Michel Martinez, spĂ©cialiste Europe chez SociĂ©tĂ© GĂ©nĂ©rale CIB a dĂ©clarĂ© Ă l'AFP qu'aprĂšs la fin du bouclier tarifaire, "on aura toujours une inflation infĂ©rieure en France Ă l'inflation europĂ©enne. Mais au lieu dâĂȘtre de trois points", la diffĂ©rence "va plutĂŽt ĂȘtre de l'ordre dâun point", selon lui.
Charlotte de Montpellier est elle d'avis que l'indice des prix sera l'an prochain plus élevé en France l'an prochain que dans les pays voisins, car ces derniers vont bénéficier d'une base de comparaison plus favorable en glissement annuel, aprÚs une plus forte augmentation des prix plus forte chez eux cette année.
Quoi qu'il en soit, l'évolution future de l'inflation en France comme dans le reste de l'Europe dépendra encore beaucoup des prix de l'énergie, mais aussi de la conjoncture économique dans son ensemble.
L'augmentation des prix du gaz pourrait "pousser Ă la hausse les coĂ»ts des entreprises" ce qui peut alimenter l'inflation, mais en raison d'une demande faible, les entreprises pourraient aussi ĂȘtre "de moins en moins capables de rĂ©percuter les hausses de coĂ»ts sur les prix", explique l'Ă©conomiste d'ING.
AFP



