Conséquence du passage du cyclone Garance à La Réunion, deux lignes électriques à haute tension (HTB) sont en phase de reconstruction à Saint-Benoît. De nouveaux pylônes, plus solides, sont en cours d'installation dans l'Est afin de mieux résister aux phénomènes climatiques plus intenses qui pourraient toucher l'île dans les prochaines années (Photos : Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)
Dans les Hauts de Saint-Benoît, au milieu d'un champ, une grue positionne une section d'un pylône en treillis de plusieurs tonnes sur une base en acier galvanisé ce mercredi 26 août au matin. Cette structure, comme les 32 autres qui sont en cours de construction, est destinée à accueillir deux lignes à haute tension (HTB). L'une ira du quartier bénédictin de l'Abondance jusqu'à Sainte-Rose et l'autre de l'Abondance à la Rivière de l'Est. Un projet dont le coût est estimé à 19 millions d'euros. Regardez.
Cette reconstruction est rendue nécessaire pour remplacer les lignes provisoires, en place depuis le cyclone Garance, qui a touché La Réunion en février 2025. Des lignes tenues par des poteaux en bois, vulnérables aux aléas climatiques. "Les lignes provisoires pouvaient résister à des vents de 100 km/h. Les nouvelles lignes, aux normes Réseau de Transport d'Électricité (RTE), peuvent résister à des rafales de 180 km/h", explique M'Bark Bouchti, chef d'entreprise d'Omexom, en charge de la reconstruction de ce réseau.
Autre amélioration notable pour sécuriser, à l'avenir, l'alimentation électrique de cette zone : une augmentation du nombre de pylônes. Auparavant, sur ces mêmes lignes, qui font 10 kilomètres au total, seuls 21 supports électriques étaient déployés. Dorénavant, il y aura 33 pylônes pour 40 kilomètres de câbles.
- Des perspectives à moyen terme pour EDF -
De quoi rassurer Patrice Selly, maire de Saint-Benoît, qui tire un bilan positif de l'avancée des travaux depuis un an et demi. "Après le cyclone, il y avait des milliers de foyers qui étaient privés d'électricité. Le travail mené a permis un retour à la normale. Notre commune a été la plus touchée par Garance. Et ces travaux vont permettre d'avoir une alimentation en électricité plus résiliente dans le futur." Regardez
Des perspectives à moyen terme qui sont justement au cœur des interrogations du côté d'EDF Réunion. Car le cyclone Garance a lourdement éprouvé les capacités de résistance du réseau électrique local provoquant des coupures d'alimentation pouvant aller jusqu'à trois semaines dans certains domiciles. Aucun autre phénomène climatique, depuis plus de 50 ans, n'avait autant dégradé les lignes d'alimentation du réseau.
De quoi amener à des changements de pratique chez le fournisseur d'énergie, appelé à anticiper davantage certaines situations. "Nous avons tiré des leçons de Garance. Déjà, nous allons conserver localement des groupes électrogènes de forte puissance. Nous voulons aussi stocker, sur place, le matériel destiné à pouvoir reconstruire des lignes provisoires après les intempéries", explique Dominique Charzat, directeur régional d'EDF. Une évolution notable car, en 2025, ces matériaux et les générateurs électriques avaient dû être amenés de l'Hexagone. Regardez
Enfin, autre projet d'envergure, celui de reconstruire des réseaux de haute tension à 63.000 volts à Langevin. "Nous en sommes encore à la phase d'études sur ce projet. Notre objectif est de sécuriser l'alimentation électrique de La Réunion."
- Un objectif de résilience du réseau électrique de La Réunion -
Par ailleurs, la possibilité d'enfouir les lignes électriques, souvent évoquée comme une solution face aux cyclones, n'est pas la plus pertinente selon EDF. En cause, notamment, les difficultés à franchir des obstacles naturels comme les ravines avec des lignes enterrées. En outre, Dominique Charzat rappelle que pour les lignes à moyenne tension de 15.000 volts, il existe déjà 3.500 kilomètres de réseau souterrain, soit 75% des lignes de ce type sur l'île. Une moyenne, somme toute, supérieure à celle qui existe dans l'Hexagone.
Cet objectif de résilience à l'oeuvre chez EDF se justifie par une adaptation au dérèglement climatique à l'œuvre actuellement. À La Réunion, comme sur le reste de la planète, les phénomènes violents comme les cyclones risquent à l'avenir de se renforcer ou de se multiplier.
Reste à voir si, à terme, ces nouveaux ouvrages électriques seront à même de résister à ces conditions météorologiques plus extrêmes. Humblement, le préfet Patrice Latron préfère ne pas faire de paris sur l'avenir. "On ne peut pas savoir si ces nouveaux pylônes pourront résister aux futurs cyclones. Les conditions de vent peuvent être différentes. Ce qui est certain, toutefois, c'est que le réseau électrique dans l'Est est dorénavant plus robuste et résilient qu'il ne l'était avant les travaux." Regardez
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Garance a durablement marqué les esprits à cause d'un niveau de destruction inédit sur le territoire. Outre le renforcement et l'amélioration des lignes électriques, d'autres domaines comme les réseaux de communication et d'internet, les infrastructures d'endiguement, les voiries et, plus globalement, les bâtiments demandent une vigilance renforcée et une action volontariste des pouvoirs publics. Si rien n'est fait en ce sens pour préparer l'avenir, les conséquences pour La Réunion pourraient bien être calamiteuses.
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Y a que nous pour se croire résilient. Même la sobriété énergétique on y arrive pas mais on s'auto déclare résilient a la première occasion . Quand la civilisation va se croûter on va vraiment se marrer. Continuons de brûler du bois canadien en se déclarant les plus forts et même département pilote en développement durable (a mourir de rire). Pathétique. Humain quoi.