Commerce

L'Iran et le français Total vont signer un accord gazier de 4,8 miliards de dollars

  • PubliĂ© le 2 juillet 2017 Ă  15:07
SiÚge du groupe français Total, le 21 octobre 2014 à La Défense prÚs de Paris

Le groupe français Total, qui dirige un consortium international avec la compagnie chinoise CNPCI, va signer lundi un accord de 4,8 milliards de dollars pour développer un important champ gazier, devenant la premiÚre compagnie occidentale du secteur à revenir en Iran.

"L'accord international pour le développement de la phase 11 de Pars-Sud sera signé lundi en présence du ministre du Pétrole et des directeurs de Total, de la compagnie chinoise CNPCI et de la société iranienne Petropars", a annoncé dimanche à l'AFP un porte-parole du ministÚre iranien du Pétrole.

Le PDG du groupe français, Patrick Pouyanné, assistera en personne à la signature de l'accord, selon ce ministÚre.
L'accord préliminaire avait été signé en novembre 2016 à Téhéran.

- Hostilité américaine -

Il devait ĂȘtre finalisĂ© dĂ©but 2017 et la production commencera au bout de 40 mois. Mais M. PouyannĂ© avait affirmĂ© en fĂ©vrier que le groupe allait attendre pour connaĂźtre la politique de l'administration du prĂ©sident amĂ©ricain Donald Trump vis-Ă -vis de l'Iran.

Cette signature intervient malgrĂ© la position hostile de M. Trump qui dĂ©nonce rĂ©guliĂšrement l'accord nuclĂ©aire conclu entre l'Iran et les grandes puissances, dont les États-Unis.

La conclusion en juillet 2015 de l'accord nuclĂ©aire avec les États-Unis, la Russie, la Chine, la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne, a permis la levĂ©e en janvier 2016 d'une partie des sanctions internationales contre TĂ©hĂ©ran.

Mais la position hostile des États-Unis a rendu difficile la normalisation des relations Ă©conomiques de l'Iran avec le reste du monde, notamment Ă  cause de la rĂ©ticence des grandes banques internationales de travailler avec TĂ©hĂ©ran par crainte de sanctions ou de mesures punitives de Washington.

La signature d'un accord avec Total intervient alors qu'à la mi-juin, le Sénat américain a voté à une écrasante majorité une nouvelle loi pour adopter de nouvelles sanctions contre l'Iran, notamment en raison de son "soutien à des actes terroristes internationaux" et son programme balistique.

La loi doit encore ĂȘtre examinĂ©e et adoptĂ©e par la Chambre des reprĂ©sentants et signĂ©e par le prĂ©sident Trump. L'Iran a dĂ©noncĂ© ces nouvelles sanctions en les qualifiant d'"illĂ©gales et illĂ©gitimes".

Total détiendra 50,1% des parts du consortium qui exploitera le champ gazier, suivi du groupe China national petroleum corporation (CNPCI) avec 30% et de l'Iranien Petropars (19,9%), avait annoncé à l'époque Gholamreza Manouchehri, vice-président de la Compagnie nationale iranienne de pétrole (NIOC) dont dépend Petropars.

- Nouvelles opportunités -

En 2004, Total avait déjà conclu un accord de principe avec l'Iran pour le développement de cette phase et pour la construction d'une usine de GNL censée traiter sa production. Mais cet accord n'avait jamais été finalisé.

En juin 2009, Téhéran avait signé un accord de prÚs de cinq milliards de dollars avec la société chinoise CNPCI pour le développement de la phase 11 du champ de Pars Sud. Un accord qui a été annulé début 2013 car la compagnie chinoise n'avait pas honoré ses engagements.

L'accord nucléaire a aussi permis à l'Iran de reprendre ses exportations de pétrole vers l'Europe et entend développer et exploiter, en coordination avec des grands groupes étrangers, ses immenses réserves.

Total espÚre que cet accord ouvrira d'autres "opportunités" dans les secteurs pétrolier, gazier et pétrochimique de l'Iran. Téhéran dispose des deuxiÚmes réserves mondiales de gaz aprÚs la Russie et des quatriÚmes réserves mondiales de pétrole.

Téhéran, qui a besoin d'énormes investissements étrangers, espÚre de son cÎté que l'arrivée effective de Total encouragera d'autres compagnies occidentales et asiatiques à sauter le pas.

Ces derniers mois, de nombreux protocoles d'accord ont été signés par l'Iran et des compagnies européennes, asiatiques et russes. Depuis la levée des sanctions, Total est la troisiÚme grande entreprise française à revenir en Iran aprÚs les groupes automobile PSA et Renault.

AFP

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