Le gouvernement et la CGT n'ont "pas trouvé de consensus" vendredi sur la loi travail, a indiqué la ministre du Travail, Myriam El Khomri, après une rencontre avec le numéro un du syndicat, Philippe Martinez.
"Nous avons des désaccords qui ne sont pas nouveaux", mais "nous avons eu un échange constructif, argumenté, sur cette primauté que nous entendons donner à l'accord d'entreprise", a ajouté la ministre.
Plus tôt, le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, avait déclaré que les "désaccords se sont confirmés" avec le gouvernement, en particulier sur l'inversion de la hiérarchie des normes faisant primer les accords d'entreprises sur les accords de branche.
"En effet nous n'avons pas trouvé de consensus", a affirmé Myriam El Khomri. "Cela ne veut pas dire que nous ne sommes pas en capacité de mieux travailler ensemble", a-t-elle ajouté.
Estimant qu'il était "important" d'avoir "renoué le dialogue avec la CGT", la ministre a dit qu'elle allait désormais "regarder attentivement" les propositions remises par le premier syndicat vendredi matin.
Toutefois, le gouvernement ne retirera pas les articles qui fâchent la CGT, a répété une nouvelle fois Mme El Khomri.
"Enrichir le texte oui, mais sans en dénaturer la philosophie, c'est très clair de ce point de vue là , et notamment la primauté de l'accord d'entreprise en matière de temps de travail", a-t-elle déclaré.
La rencontre vendredi entre M. Martinez et Mme El Khomri constituait une première depuis début mars.
La fin des 35 heures
Dans la nuit de jeudi à vendredi, le Sénat, majoritairement de droite, a adopté l'article 2, consacrant la primauté des accords d'entreprise sur la branche, en le durcissant, en particulier en revenant sur la semaine de 35 heures.
L'article 2 a été voté contre l’avis du gouvernement par 186 sénateurs de droite contre 153 de gauche. La réécriture de cet article de la loi Travail est d’ailleurs prévue au cours de la prochaine lecture à l’Assemblée. L’examen du texte à l’Assemblée nationale est prévu jusqu’au 24 juin, avant un vote définitif le 28 juin. Le projet de loi Travail fera ensuite l’objet d’une commission mixte paritaire Sénat-Assemblée, afin de trouver un accord. S’il y a échec dans les négociations, le dernier mot reviendra à l’Assemblée nationale, avec un risque de recours au 49-3.
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www.ipreunion.com avec AFP

