Londres envisage une reconnaissance de l'État de Palestine en septembre

  • PubliĂ© le 29 juillet 2025 Ă  22:41
  • ActualisĂ© le 30 juillet 2025 Ă  05:10
Le Premier ministre britannique Keir Starmer fait une déclaration aprÚs une réunion d'urgence de son cabinet sur Gaza, à Londres le 29 juillet 2025

Le Premier ministre britannique Keir Starmer a annoncĂ© mardi que son pays reconnaĂźtrait l'État de Palestine en septembre, sauf si IsraĂ«l prenait une sĂ©rie d'engagements, dont celui d'un cessez-le-feu dans la bande de Gaza.

"Je peux confirmer que le Royaume-Uni reconnaĂźtra l'État de Palestine d'ici Ă  l'AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations unies en septembre, Ă  moins que le gouvernement israĂ©lien ne prenne des mesures substantielles pour mettre fin Ă  la situation Ă©pouvantable Ă  Gaza, convienne d'un cessez-le-feu et s'engage dans une paix durable et Ă  long terme, ravivant la perspective d'une solution Ă  deux États", a dĂ©clarĂ© le dirigeant travailliste.

Il demande aussi à Israël de "permettre aux Nations unies de reprendre la fourniture d'aide et de s'engager à ce qu'il n'y ait pas d'annexions en Cisjordanie".

Le ministÚre israélien des Affaires étrangÚres a dans la foulée dit "rejeter" l'annonce de Londres, qualifiant "le changement de position du gouvernement britannique" de "récompense pour le Hamas".

- "Le moment d'agir" -

ParallÚlement, Downing Street a annoncé avoir procédé à des largages d'aide humanitaire sur la bande de Gaza, menacée de "famine", selon l'ONU.

La pression s'est intensifiée ces derniers jours sur le Premier ministre britannique, aprÚs qu le président français Emmanuel Macron eut annoncé jeudi que son pays allait reconnaßtre un Etat palestinien à l'occasion de l'Assemblée générale de l'ONU, devenant ainsi le premier Etat du G7 à le faire.

"J'ai toujours dit que nous reconnaĂźtrions un État palestinien comme une contribution Ă  un vĂ©ritable processus de paix, au moment oĂč cela aurait le plus d'impact pour une solution Ă  deux États. Maintenant que cette solution est menacĂ©e, c'est le moment d'agir", a poursuivi Keir Starmer Ă  l'issue d'une rĂ©union de son gouvernement, qu'il avait rappelĂ© d'urgence mardi.

Il exige du Hamas la libération des otages restants - 27 des 49 ont été déclarés morts par l'armée israélienne - ainsi que la démilitarisation totale de ce mouvement, afin qu'il "ne joue plus aucun rÎle clé" dans la bande de Gaza.

La veille, le président américain Donald Trump s'était abstenu de toute critique à propos d'une éventuelle reconnaissance, au cours d'une conférence de presse dans son complexe de golf de Turnberry, en Ecosse.

- Solution Ă  deux Etats -

Quand les journalistes lui avaient demandé si Keir Starmer devait céder à la pression croissante des députés britanniques et reconnaßtre comme Paris l'Etat de Palestine, Trump avait simplement répondu : "Je ne vais pas prendre position, ça ne me dérange pas que lui (Starmer) le fasse".

Selon le décompte et les vérifications de l'AFP, au moins 142 des 193 Etats membres de l'ONU, dont la France, reconnaissent l'Etat palestinien proclamé par la direction palestinienne en exil en 1988.

Plus d'un tiers des députés britanniques avaient exhorté M. Starmer à emboßter le pas à M. Macron dans une lettre rendue publique vendredi.

La question n'est pas de savoir "si" l'Etat palestinien sera reconnu mais "quand", avait relevé mardi un porte-parole de Downing Street, quelques heures avant cette annonce, ajoutant que le Premier ministre cherchait une voie "durable vers une solution à deux Etats".

Pendant sa visite d'Etat au Royaume-Uni le 10 juillet, Emmanuel Macron avait appelé Keir Starmer à une reconnaissance commune de la Palestine, soulignant "la nécessité d'unir nos voix à Paris, à Londres et partout ailleurs", avant de se résoudre à une annonce en solitaire quinze jours plus tard.

"Ensemble (...), nous enrayons le cycle infini de la violence et rouvrons la perspective de la paix" dans la région, a salué le ministre français des Affaires étrangÚres Jean-Noël Barrot peu aprÚs l'annonce de Keir Starmer.

Le Labour, retourné au pouvoir au Royaume-Uni il y a un an aprÚs sa victoire aux élections législatives, s'était engagé dans son programme de campagne à "reconnaßtre un Etat palestinien comme contribution à un processus de paix renouvelé aboutissant à une solution à deux Etats".

En mai 2024, l'Irlande, l'Espagne et la NorvÚge, rejointes un mois plus tard par la Slovénie, avaient déjà sauté le pas en Europe.

Quelque 2,4 millions de Palestiniens sont assiégés à Gaza par Israël depuis le début de la guerre, déclenchée par une attaque du mouvement islamiste palestinien Hamas le 7 octobre 2023 sur le sol israélien.

Un organisme international de surveillance de la faim soutenu par l'ONU a affirmé mardi que le "pire scénario de famine" était "en cours à Gaza" et Israël fait l'objet de pressions croissantes à l'échelle mondiale pour mettre fin à ces souffrances.

AFP

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1 Commentaires
ZembroKaf
ZembroKaf
6 mois

le "royaume " commence à remonter son slip ...devant l'entité génocidaire !!!