Législatives

LR valide son projet et tente de s'afficher uni face Ă  Macron

  • PubliĂ© le 10 mai 2017 Ă  02:59
Éric Woerth, à Paris, le 24 avril 2017

Les Républicains ont validé mardi sans vote leur projet amendé en vue des législatives, affichant leur unité, malgré le souhait de certains d'entre eux de rallier le camp d'Emmanuel Macron, qui est à la recherche d'alliés de droite.

Rédigé sous la conduite d'Eric Woerth, ce texte, qui sera présenté mercredi lors d'une conférence de presse au siÚge parisien du parti (XVe), modifie le projet du candidat François Fillon, battu au premier tour de la présidentielle. Il ajoute des mesures en faveur du pouvoir d'achat: baisse de 10% de l'impÎt sur le revenu de tous les ménages, suppression de l'augmentation de la TVA, rétablissement des heures supplémentaires défiscalisées...

"Le projet politique d?Emmanuel Macron est fondé sur la confusion et la demi-mesure. Il mÚnera, comme ce fut le cas avec François Hollande, à l?échec, au chÎmage de masse et au déclassement", affirme le préambule de ce projet nouvelle version. "M. Macron a certes gagné la bataille de l'ambiguïté, il perdra la bataille de la clarté", est-il encore écrit.

LR accuse également le Front national d'avoir un "projet politique démagogique", qui "nous conduira dans l?impasse et à la ruine économique", et ajoute "Nous le combattons".

Depuis sa mairie de Bordeaux, Alain JuppĂ© avait fait savoir peu avant la rĂ©union qu'il ne souhaitait "pas d'obstruction systĂ©matique" ni "d'opposition frontale" Ă  un gouvernement Macron. "Il faudra faire en sorte que la France rĂ©ussisse les rĂ©formes dont elle a besoin", mĂȘme au cas oĂč la droite n'obtient pas de majoritĂ© absolue, avait-il plaidĂ©.

Outre des juppéistes (Edouard Philippe, Fabienne Keller...), qui semblent déjà en discussion avec l'équipe du président élu, Christian Estrosi, président démissionnaire de la région Provence-Alpes-CÎte d'Azur, Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre, ou encore Bruno Le Maire, ancien candidat à la primaire de la droite, ont exprimé leur souhait de se rapprocher du camp Macron.

"Tout membre de LR qui rejoindrait un autre mouvement ou parti se placerait de lui-mĂȘme en dehors de notre famille politique", a encore mis en garde François Baroin, chef de file des RĂ©publicains pour les Ă©chĂ©ances de juin. Le prĂ©sident de l'Association des maires de France s'Ă©tait montrĂ©, dans la matinĂ©e, confiant qu'il n'y aurait pas d'hĂ©morragie de ses troupes.

- 'Un écran de fumée' -

Selon lui, "il peut y avoir une tentation mais marginale, l'immense majorité de notre famille a vécu cette présidentielle comme une trÚs grande frustration, car notre candidat, abßmé par les affaires, n'a pas pu porter notre projet". Tout en mettant en garde contre "la violence dans les mots" (allusion aux propos de M. Baroin qui avait évoqué ces derniers jours "l'exclusion" de LR de ceux qui rejoindraient Macron), M. Raffarin a tenu à "réaffirmer" son "appartenance" à sa famille politique, plaidant pour "l'alternance la plus forte possible".

"Pourquoi faire des législatives une revanche?", s'est interrogé M. Estrosi aprÚs la réunion, selon lequel "si Emmanuel Macron échoue, ce sera l'échec de la France". Celui qui va redevenir maire de Nice avait démenti lundi toute volonté d'entrer dans le futur gouvernement d'Emmanuel Macron.

Au contraire, pour Patrick Devedjian, prĂ©sident du conseil dĂ©partemental des Hauts-de-Seine, "Macron veut nous voir disparaĂźtre, ce qui est potentiellement grave, car s'il Ă©chouait, il ne resterait plus comme alternative que les extrĂȘmes. C'est un enjeu pour la dĂ©mocratie". "Les RĂ©publicains souhaitent la rĂ©ussite de la France et ce sont nos candidats qui porteront le meilleur projet pour notre pays", a affirmĂ© de son cĂŽtĂ© Bernard Accoyer, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du mouvement. Pour Christian Jacob, patron des dĂ©putĂ©s LR, "il ne doit y avoir aucun compromis" avec le camp Macron.

Alors que des rumeurs courent sur son possible ralliement au prĂ©sident Ă©lu, Xavier Bertrand, prĂ©sident des Hauts-de-France, a affirmĂ©: "Je suis un Ă©cran de fumĂ©e. Si je suis lĂ  ce soir, c'est que je sais oĂč j'habite".

AFP

guest
0 Commentaires