L'UEFA a ouvert une "enquĂȘte formelle" sur le Paris SG dans le cadre du fair-play financier, a annoncĂ© l'instance europĂ©enne vendredi soir, en prĂ©cisant que "l'enquĂȘte portera sur la conformitĂ© du club avec l'exigence de l'Ă©quilibre financier, en particulier Ă la lumiĂšre de son activitĂ© de transfert rĂ©cente".
Le PSG a recrutĂ© le BrĂ©silien Neymar contre 222 millions d'euros et a officialisĂ© jeudi le prĂȘt du MonĂ©gasque Kylian MbappĂ©, assorti d'une option d'achat estimĂ©e Ă 180 millions d'euros, bonus compris. "Au cours des prochains mois, la Chambre d'enquĂȘte de l'Organisme de contrĂŽle financier des clubs de l'UEFA se rĂ©unira rĂ©guliĂšrement afin d'Ă©valuer soigneusement toute la documentation relative Ă cette affaire", prĂ©cise l'UEFA dans son communiquĂ©.
Le Paris SG a affiché ses ambitions gigantesques en signant les deux plus gros transferts de l'été, ceux du Brésilien Neymar et de Kylian Mbappé, pour in fine plus de 400 millions d'euros.Mais il s'est aussi exposé à des sanctions aussi bien économiques que sportives. De quoi jeter une ombre sur le mercato parisien, qui avait jusque là fait clignoter des étoiles dans les yeux des supporters du PSG imaginant l'association offensive Neymar, Edinson Cavani et Kylian Mbappé.
Mais cette triplette de rĂȘve, qui pourrait ĂȘtre alignĂ©e pour la premiĂšre fois sur la pelouse de Metz en championnat le 8 septembre (20h45), a un prix. Et le PSG, sous la houlette de son nouveau directeur sportif, le Portugais Antero Henrique, a pris le risque de se mettre du monde Ă dos en Europe, Ă commencer par l'UEFA.
. Menace du fair-play financier
Sur dĂ©cision de son prĂ©sident de l'Ă©poque, Michel Platini, l'instance europĂ©enne a en effet mis en place depuis 2010 un mĂ©canisme appelĂ© fair-play financier (FPF), afin d'empĂȘcher les clubs de football de se financer par la dette, comme ce fut longtemps le cas en Espagne par exemple.
Depuis lors, les clubs participant aux compétitions organisées par l'UEFA (Ligue des champions, Europa League) ne peuvent afficher un déficit supérieur à 30 millions d'euros cumulé sur trois exercices. C'est l'Instance de contrÎle financier des clubs (ICFC) qui examine les bilans comptables des joueurs.
Pour le moment, le budget du club promet d'ĂȘtre largement dĂ©ficitaire: le PSG n'a-t-il pas dĂ©boursĂ© 222 millions d'euros pour enrĂŽler Neymar, prĂ©vu de verser 30 millions d'euros par an en salaire au BrĂ©silien, et promis de verser, l'Ă©tĂ© prochain, 180 millions d'euros Ă Monaco pour Kylian MbappĂ© ?
Selon L'Equipe, l'option d'achat du jeune Français de 18 ans n'est pas automatique, mais devrait s'activer une fois que le maintien du PSG en L1 -qui, sauf incroyable accident industriel, apparaßt inéluctable- sera assuré.
Or, "les coĂ»ts d'un transfert ne sont pas automatiquement reportĂ©s sur l'annĂ©e suivante en cas de prĂȘt avec option d'achat", a affirmĂ© Ă l'AFP un bon connaisseur des arcanes de l'UEFA, sous couvert d'anonymat.
. L'Europe grogne
Le PSG, déjà sanctionné en 2014 à cause d'un contrat avec l'office du tourisme du Qatar jugé surévalué par l'UEFA, risque donc d'avoir un budget trÚs déséquilibré à présenter à l'UEFA à l'automne prochain. Ce qui pourrait lui valoir des sanctions allant de l'amende, plus ou moins élevée, à l'exclusion des compétitions européennes, en passant par le retrait de points ou l'encadrement du nombre de joueurs en compétitions européennes.
Le PSG, qui a quand mĂȘme tentĂ© de dĂ©graisser un peu en transfĂ©rant Blaise Matuidi (Juventus Turin) et Serge Aurier (Tottenham) et en prĂȘtant Grzegorz Krychowiak (West Brom) et Jese Rodriguez (Stoke City), n'a pas Ă©tĂ© Ă©touffĂ© sous les marques de soutien aprĂšs ce retentissant mercato.
"L'UEFA doit enquĂȘter lĂ -dessus et sanctionner", a tempĂȘtĂ© le manager de Mönchengladbach Max Eberl. "Il est possible qu'un sponsor compense un dĂ©ficit de 30 millions, mais avec les sommes dont on parle Ă Paris, il y a une prise d'influence d'un tiers, et c'est interdit", a-t-il lĂąchĂ© sur Sky. "Je trouve ça pathĂ©tique et vulgaire de voir les chiffres atteints pour un joueur de football, a de son cĂŽtĂ© tonnĂ© Aurelio De Laurentiis, prĂ©sident de Naples. Le FPF doit exister pour tous ou pour personne".
Le président de l'UEFA, Aleksander Ceferin, avait martelé dans L'Equipe que son instance "n'aura pas peur de punir" le cas échéant.
En attendant, le PSG dispose d'un peu de temps pour renégocier certains contrats de sponsoring et ainsi dégager de nouvelles ressources financiÚres.
AFP
