Lula au chevet de la COP amazonienne

  • PubliĂ© le 19 novembre 2025 Ă  22:26
  • ActualisĂ© le 20 novembre 2025 Ă  05:04
Luiz Inacio Lula da Silva à l'ouverture de la COP30 le 10 novembre 2025, à Belem au Brésil

Le président brésilien Lula rencontre mercredi à Belem les représentants de prÚs 200 pays dans la derniÚre ligne droite des négociations climatiques de la COP30, pour l'instant sans dénouement en vue.

Le Brésil veut que sa COP, la premiÚre en Amazonie, soit un succÚs, et ses diplomates voulaient arracher un premier consensus dÚs mercredi. Mais l'agenda semble ambitieux, la conférence de l'ONU devant encore durer jusqu'à vendredi soir, terme de deux semaines de négociations.

Luiz Inacio Lula da Silva a investi un capital politique important et a fixé un objectif: "infliger une nouvelle défaite aux négationnistes" du climat.

Il a rencontré les représentants des pays émergents, et en début d'aprÚs-midi ceux de l'Union européenne et de quelques pays membres. Le commissaire européen Wopke Hoekstra a jugé "fantastique qu'il mette tout son poids politique" dans les discussions.

La discrĂ©tion publique des Chinois, Indiens, Russes, pays du Golfe et autres producteurs de pĂ©trole ne doit pas ĂȘtre interprĂ©tĂ©e comme une absence de dĂ©saccords. DerriĂšres les portes des salles de nĂ©gociations, les positions restent tranchĂ©es.

- "Plus optimiste"-

Les Européens, eux, se font entendre. La ministre française de la Transition écologique, Monique Barbut, a jugé que les tractations étaient "encore loin du compte", se disant malgré tout "plus optimiste" qu'elle ne l'était la veille.

"Non, il n'y aura pas de décision de la COP aujourd'hui. Je ne vois pas comment cela pourrait arriver", a-t-elle dit mercredi à l'AFP, à la sortie d'une réunion de coordination avec ses homologues européens.

Les EuropĂ©ens ont rĂ©pĂ©tĂ© mercredi leur refus catĂ©gorique d'augmenter leurs contributions financiĂšres pour aider les pays pauvres Ă  s'adapter Ă  un climat plus extrĂȘme: "Nous n'envisageons aucune augmentation du financement de l'adaptation", a dit Ă  l'AFP Darragh O'Brien, ministre irlandais de l'Environnement.

Les pays du Sud critiquent pour leur part les mesures commerciales "unilatérales", pensant au mécanisme européen d'ajustement carbone aux frontiÚres qu'ils assimilent à du protectionnisme.

"Il faudra au moins une mention parce que ces mesures nous empĂȘchent d'agir au lieu de nous faciliter la tĂąche", a dit la ministre mexicaine Alicia BĂĄrcena.

Mentionner les barriÚres commerciales dans un texte de la COP30 est une priorité de Pékin dans les intenses tractations entre Européens et Chinois.

Un front de plus de 80 pays européens, latino-américains et insulaires réclament de leur cÎté une décision qui encouragerait les pays à réellement mettre en place la sortie progressive des énergies fossiles adoptée sur le principe à Dubaï en 2023.

- Attentes et rumeurs -

Wopke Hoekstra a jugé l'initiative sur les énergies fossiles "positive". "Nous aimons beaucoup l'idée", a-t-il dit, sans y souscrire formellement.

Mais les BrĂ©siliens ne sont pas d'accord entre eux. L’idĂ©e d'une feuille de route formulĂ©e par Lula lui-mĂȘme n’a jamais Ă©tĂ© reprise par la prĂ©sidence du sommet, pilotĂ©e par un ministĂšre des Affaires Ă©trangĂšres rĂ©putĂ© proche des milieux d’affaires et sous pression de nombreuses nations qui ne veulent pas entendre parler, selon plusieurs observateurs interrogĂ©s par l’AFP.

Une tentative assez avancée de compromis par la présidence brésilienne de la COP30 a été publiée mardi matin, pour tenter de trouver un point d'équilibre sur l'ambition climatique, le commerce et la finance.

Un second texte plus resserré, faisant l'objet de toutes les attentes et les rumeurs, est attendu depuis l'aube mercredi.

Le prĂ©sident de la confĂ©rence, le diplomate AndrĂ© Correa do Lago, espĂ©rait la faire adopter en plĂ©niĂšre, par consensus de tous les pays comme c'est la rĂšgle, le jour mĂȘme, un objectif irrĂ©aliste aux yeux de beaucoup.

D'autres sujets plus techniques devront dans tous les cas ĂȘtre encore discutĂ©s pour ĂȘtre approuvĂ©s Ă  la fin de la COP30.

Signe que les Brésiliens entendent aller vite, les 6.000 délégués qui dorment sur deux paquebots sont priés de libérer leurs cabines samedi matin, à 8 heures.

AFP

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